DIANE CHASSERESSE
La course éparpillait au vent tes longs cheveux Que cerclait sur le front l'argent d*un diadème; La tunique, enserrant ton corps souple et nerveux Et divin de jeunesse et de grâce suprême^ Remontait en plissant un peu sur tes genoux; L'arc détendu vibrait à tes mains meurtrières^ Tu semblais, de tes yeux insensibles et doux, Suivre le cerf blessé traversant les clairières Pour s'en aller mourir, la flèche droite au flanc, Sur le bord du ruisseau qui chante sous les branches Et qui continuera sa course^ tout sanglant, En rougissant, à son passer, les pierres blanches... Je t'ai rêvée ainsi quand, le soleil couché; Au fond du parc désert où j'errais seul et triste, J'ai vu près du bassin^ dans les arbres caché. Le marbre solitaire où quelque vieil artiste
Sans doute éprîs d*art grec avait représenté Avec ses attributs Diane Chasseresse.
Par cette vision sanguinaire hanté^ Je Tai mêlée à ton souvenir, ô Maîtresse, Et je marchais dans le silence et dans la paix- Qui descendaient sur ces feuillages impassibles. Sur les sentiers moussus et les gazons épais.
Et j'entendais siffler des flèches invisibles.
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