MENSONGE
J'évoquerai pour vous le mensonge des fables Où rit Témoi naïf des aveux enfantins^ Et la sonorité des rires ineffables Vibrant dans la clarté rose des gais matins;
La fuite chère et douce aux couples idylliques Épris du même rêve et des mêmes espoirs^ Vers les collines où vont les sentiers obliques, Dans la pourpre divine et mourante des soirs;
Je vous dirai qu'il est des heures enivrantes^ Des plénitudes d'âme et des élans vainqueurs Et des courants secrets d'atfinités errantes Unissant à jamais les lèvres et les cœurs.
56 PREMIERS POftlfES
Je VOUS peindrai la vie hospitalière et tendre, Gomme je la voudrais et comme elle n'est pas ; Je cueillerai des fleurs d'avril pour les répandre Sur la route odorante où marcheront vos pas.
Et, sachant ce qu'on souffre et les larmes qu'on pleure
Au démenti brutal de la réalité,
Je vous prolongerai l'illusion de Theure
Où vous croyez aux rêves d'or qui m'ont quitté.
Je mentira!^ pour qu'en vos yeux je voie éclore L'ignorance naïve et sauve du péril Et que sur vos lèvres d'enfant je puisse encore Baiser la courbe du sourire puéril.
AJPA.ISCMBNT 57