SOUVENIR PUR
Il est des souvenirs errants que le passé De son ombre oublieuse et persistante voile^ lieur apparition a des lointains d^étoile Et des lueurs d'aurore au fond du ciel glacé.
Mais il en est dont la venue est redoutée^ Qui conservent en eux un douloureux attrait^ Gomme un charme cruel et cher de vieux portrait A la voix mensongère autrefois écoutée.
Il en est évoquant Tangoisse des jours clos Et de soirs assombris de deuils et de sanglots^ Le cœur se rajeunit avec eux et se brise.
Ton souvenir, ô douce amie, a la fraîcheur,
Et l'éclat virginal et la beauté précise '
Et le contour sculpté du marbre et sa blancheur.