TOUTE UNE ANNÉE
Vos yeux ont détourné leurs regards consolants, Vos mains ont repoussé mes caresses tentées.
Vos lèvres ont dit : non à mes baisers tremblants.
J'ai compris que la fin des heures enchantées
Était venue et qu'il me fallait dire adieu
Aux chimères d'un jour en mon cœur implantées^
Et que l'Automne avait dépouillé peu à peu Au souffle desséchant de ses brises sournoises Le parc ou nous avions aimé sous un ciel bleu,
Du même bleu verdi que tes yeux de turquoises,
C'est rhîver, tout est mort, le cîel de neige est plein, Et sa chute légère et lente et floconnante Vêt le sol innocent d'une robe de lin.
Le parc en sa blancheur intense et permanente' Est muet^ et la neige a des reflets bleutés Que parfois un rayon de soleil diamante.
A ce ressouvenir des chaleureux étés
Le décor délicat et blanc se fond en boue ;
L'Hercule du rond-point aux gestes apprêtés
Sent la neige couler en larmes sur sa joue.
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Au sortir de la ville aux bruyantes rumeurs Le calme retrouvé de la ijuit printanière Berce Tâme blessée en des oublis calmeurs.
Le murmure indistinct d'une lente rivière Coulant au bas du parc sous les saules penchés Se grossit en heurtant parfois contre une pierre.
On rêve des yeux doux dans cette ombre cherchés, La rencontre des mains dans la commune étreinte Et l'indécision des gestes ébauchés,
Et la voix parlant à roreille, presque éteinte.
Nous descendrons tous deux les marches du perron Et^ suivant lentement les tournantes allées Au sable roux et fin où nos pas marqueront,
Distraits par la langueur des senteurs exhalées, Nous gagnerons Tendroit où le parc moins connu Cache dans ses replia de secrètes vallées.
Et; dans la grotte où rit le satyre cornu
Qui regarde couler Teau des claires fontaines^
Sentant le même mot à nos lèvres venu.
Nous joindrons d'un baiser nos bouches incertaines.