‹ Premiers poèmesChapitre 35 sur 82 · HEURES MARINES · texte numérisé non relu

HEURES MARINES

Les dolentes cités où longtemps nous vécûmes

Ont lentement décru sur l'horizon fermé;

Un arôme salin emplit Tair embaumé ;

Là-bas y dans l'éclaircie où s'écartent les brumes,

C'est la mer que fleurit la blancheur des écumes.

La vague fait danser les barques amarrées Par des cables gluants où suinte le goudron ; Jusqu'à la plage où des filets sèchent en rond Vient Téchelonnement des villas bigarrées Que dorlote le flux incessant des marées.

La plage s'agrandit sous la mer qui recule; Des pointes de rochers surgissent hors des flots; Le retour des pêcheurs fait luire les falots; Un souffle languissant se lève^ qui circule A travers la chaleur tiède du crépuscule.

Dans la nuit sonne un bruit de lointaines enclumes ; C'est la mer basse qui gémit s6n chant puissant; Et voici le sommeil qui vient, assoupissant Les souvenirs cuisants et chargés d'amertumes Des dolentes cités où longtemps nous vécûmes.

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