‹ Premiers poèmesChapitre 4 sur 82 · IV · texte numérisé non relu

IV

La porte du salon discret et recueilli Se referma, faisant tressaillir les vieux Sèvres ; Je sentis que mon cœur soudain avait vieilli. Un sanglot retenu faisait trembler mes lèvres.

Je l'aperçus alors dans le petit jardin Se baisser pour cueillir une fleur au passage ; Et puis, avec un geste élégant et hautain. Elle la mit, coquettement, à son corsage.

Oh j'eus à ce moment un intense désir De me jeter à ses genoux^ comme un coupable.

Et d'être lâche, s'il fallait, pour obtenir Un pardon tombé de sa bouche charitable !

Cependant, je ne sais pourquoi, je restai là.

Dans le salon désert où vibraient les vieux Sèvres...

C'est ainsi qu'à jamais ce bonheur s'en alla

De dormir sur son cœur et de baiser ses lèvres.

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