INSOUCIANCE
La barque glisse à la dérive.
Le tendelet de couleur vive Est de soie écarlate et d'or, Et parmi les rayons obliques Le rythme apaisant des musiques S'affaiblit et le fleuve dort.
La chute pesante des rames Dans l'eau fait rejaillir des flammes; On peut suivre à ses clairs rubis La trace lente du sillage, Et sur un ton d'enfantillage S'échangent rires et babils.
Et pourtant le fleuve débouche Dans la mer perfide et farouche^ Prochain tombeau du soleil mort...
Et parfois une femme casse Et cueille quand la barque passe Un des lys qui croissent au bord.
L'heure est si douce que Teau semble
S'arrêter — seul un roseau tremble —
Et là-bas on entend Fappel
Que jettent dans le grand silence^
A Tabri de la petite anse,
Les Nymphes roses de Coypel.