‹ Premiers poèmesChapitre 53 sur 82 · ANGELUS D'AVRIL · texte numérisé non relu

ANGELUS D'AVRIL

Le vent qui siffle et courbe au loin les herbes folles Eparpillant la neige odorante des fleurs Semble un souffle errant et lassé venu d'ailleurs Chargé d'échos lointains et d'anciennes paroles ;

Indécise, comme un aveu qui s'interrompt^ Là-bas, faiblit la voix des cloches timorées, Et cette heure, comme les heures espérées, Dit ses appels indifférents qui s'enfuiront;

La chute du soleil eut d'ironiques fêtes Pour parer le couchant de pourpre vive et d'or Et c'est le crépuscule amical où s'endort Le soir ensanglanté des intimes défaites.

APAISEMENT lOO

Dans la brise qui rampe et rase les talus Se disperse le son des cloches défaillantes^ L'ombre comme une mer épand ses nappes lentes. Le jour parti s'ajoute aux jours qui ne sont plus;

Et comme une marée abandonnant les grèves Déferle et meurt le flot décru du vieux Passé, Et je me laisse aller indolent et lassé A l'oubli bienfaisant des rythmes et des rêves.

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