PROVINCE
L'eau des fossés baigne les talus des vergers; L'ombre des arbr^^s se rebrousse au bas des murailles Où grimpent des vignes jamais vendangées Par les passants sur ce vieux rempart planté d'un mail
Les jeunes filles ont les mêmes yeux que leurs mères Et tout le suranné des robes de jadis D'où s'exhale un parfum d'âge, de camphre et d'éther A leur gestes maladroits d'enfant tôt grandies
Leurs éventails sont peints de fleurs et d'attributs Et de devises en volutes sur banderoles, Lents comme les ailes des colombes venues Poser dans les vergers la fatigue de leurs vols.
806 PREMIERS POi^MES
Elles accoudent aux parapets de la muraille Leurs bras, et de leurs mains s^effeuillent des bouipiets. Ou vont s'asseoir sur les bancs de marbre du vieux mail Sursautant au heurt des boules entrechoquées.
POéSTKS DIVERSES ^^"^