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Premiers principes d'économie politique [microform]

Nous avons à l’heure présente plus d’un groupe d’économistes catholiques, plus d’un système d’économie politique prétendant s’inspirer d’une pensée chrétienne; avons-nous une école d’économie politique catholique, purement et simplement catholique? Et cependant, nos questions les plus menaçantes sont des questions économiques, et chaque jour les faits montrent, avec plus d’évidence, qu’une franche application du principe catholique à la vie sociale peut seule nous sauver.

Il semblait que l’Encyclique Rerum novarum dût établir l’unité entre les catholiques sur les questions sociales. Elle n’a fait que mieux marquer les divisions et aggraver les dissidences. Ce mémorable document contient pourtant tous les éléments constitutifs de la science économique, suivant les principes dirigeants de la vie chrétienne. Mais, par les interprétations que

AU LECTEUIl.

les commentateurs lui ont fait subir, il a produit tout le contraire de ce qu’on en pouvait attendre.

Tandis que certains, qui se donnent comme des initiateurs dans le mouvement social catholique, et qui ne sont en réalité que des opportunistes, jettent la science économique dans les témérités du socialisme, d’autres, catholiques aussi, préoccupés de lutter fonlre les excès des premiers, semblent lout disposés à ramener la science économique au point où elle était il y a une quarantaine d’années.

En cet état des esprits, il est urgent de dégager les premiers principes de l’ordre économique tels que les catholiques peuvent les concevoir en méditant les enseignements de l’Evangile. Faute de ces principes, tout reste dans le vague, et l’action catholique court risque de se perdre dans l’impuissance, ou d’aller s’égarer dans les aberrations du socialisme.

Lorsque se produisirent les premières tentatives de restauration catholique de la science économique, la nécessité de réfuter des erreurs accréditées dans l’opinion du grand nombre, et de combattre des préjugés qui faussaient les esprits, imposa à ceux qui travaillaient à cette restauration des développements philosophiques et historiques, sans lesquels les principes mêmes auraient été repoussés de parti pris. Mais, au milieu de cette abondance de développements,

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