‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 40 sur 120 · LE COLLECTIVISME · texte numérisé non relu

LE COLLECTIVISME

ment au travail la sécurité, et paralysent également la production. La guerre nuit doublement à la production, et par les bras qu’elle enlève au travail, et par l’inquiétude qu’elle inspire au producteur. Un système d’impôts spoliateui's, qui tend à absorber d’une manière constante, à mesure qu’elle se produit, la richesse des particuliers, épuise le travail et le décourage bien plus encore que la guerre. Quant aux révolutions, notre siècle sait ce qu’elles coûtent et comment se résument en elles toutes les calamités dos impôts spoliateurs, de la guerre et de la servitude.

C’est une longue et intéressante histoire que celle de la liberté et de la propriété dans les sociétés païennes et dans les sociétés chrétiennes. Elle se lie intimement à l’exposé des transformations par lesquelles passent les populations livrées au travail, quant à leur condition civile et politique. Cette histoire a, surtout en ce siècle, fixé l’attention des savants les plus éminents, et leurs travaux y ont répandu de vives lumières. Elle confirme, par l’autorité des faits, les considérations que je viens d’émettre à propos de l’action décisive qu’exerce sur la puissance du travail la possession de droits dont plusieurs semblent aujourd’hui ne pas apprécier suffisamment l’importance pour l’ordie économique. J’ai résumé celte histoire dans les chapitres X et XI du livre 11 de la Richesse dans les sociétés chrétiennes.

Le collectivisme. — Depuis cinquante ans, nous assistons à des expériences sociales qui sont pour nos sociétés, et pour l’ordre du travail qu’elles pratiquent depuis des siècles, une perpétuelle menace. La conséquence inévitable des innovations auxquelles poussent des convoitises sans frein et des ambitions sans scrupules, serait d’ôter aux

peuples modernes cette liberté des personnes et des propriétés (jue quatorze siècles de christianisme leur ont laborieusement conquise.

Depuis ces dernières années, le communisme ou, comme on dit aujourd’hui, le collectivisme, ((ui est au fond de toutes les conceptions socialistes, s’affii me avec une netteté qui en fait mieux saisir le danger. 11 s’insinue, à des degrés divers, partout, même parmi ceux qui, à raison de leurs convictions chrétiennes, devraient en être les adversaires les plus résolus.

Pour donner une idée de ce que pensent et veulent aujourd’hui les socialistes, je prends un système que son auteur nous présente comme la quintessence du social is}iie. Conçu et développé avec une vigoureuse logique, cet essai de collectivisme pratique nous fait voir, à l’évidence, dans quelle perturbation économique et sociale le socialisme nous jetterait. L’auteur du système, M. SchaefUe, uu ancien ministre autrichien, en explique comme suit la donnée fondamentale et les applications :

« Remplacement du capital privé, c’est-à-dire du mode de production spéculateur privé sans autre règle sociale que la libre concurrence, par le capital collectif, c’est-à-dire par un mode de production qui, fondé sur la possession collective de tous les moyens de production par tous les membres de la société, produirait une organisation plus unifiée, sociale, collective, du travail national.

« Dans l'État capitaliste actuel, quiconque possède uu capital fait librement toute entreprise quelconque avec une partie de la production nationale, cela dans son intérêt privé, et ne subit une influence sociale quelconque que par la réaction hydrostati({ue, pour ainsi dire, de tous les

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