LA MESURE DES VALEURS
objets d’un usage général et constant, sont dans de telles conditions de peu d’importance, on peut, sans craindre de tomber dans des erreurs graves, la prendre pour terme de comparaison. Et de fait, c’est ce qui se pratique tous les jours, aussi bien dans les supputations qui ont pour objet les intérêts privés que dans les calculs plus étendus et plus élevés qui ont pour objet l’intérêt commun de la société. C’est ce que nous faisons d’instinct et d’habitude, lorsque nous rapportons la valeur des divers objets de nos transactions à l’or et à l’argent, frappés en monnaie. Mais encore faut-il être réservé dans les conclusions à tirer de ces sortes de comparaisons et d’évaluations. Ce qui se passe sous nos yeux depuis cinquante ans, l’ébranlement de notre système monétaire, la crise aiguë et prolongée que nous traversons el qu’il faut attribuer eu partie aux variations survenues dans la valeur de l’or et dans celle de l’argent, la perturbation de tous les rapports civils et commerciaux dont ces variations sont la cause, doivent nous rendre très cir-
conspects.