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LES INTERMEDIAIRES

ployer à les vaincre une somme d’efforts qui, appliqués directement à la production, accroîtraient la somme des utilités mises par le travail à la disposition de la société. Toutes les combinaisons, toutes les institutions qui auront pour effet de simplifier et de faciliter les échanges, ajouteront donc à la puissance du travail social.

Les intermédiaires. — La première conséquence à tirer de ce principe est relative aux intermédiaires qui, dans la plupart des cas, s’interposent, par la nécessité des choses, entre le producteur et le consommateur.

Comment, par exemple, la manufacture qui produit par grandes masses les tissus dont le peuple fait ses vêtements, pourrait-elle directement fournir à chacun la quantité de produits qui répond à sa modeste consommation? Les entrepreneurs de la grande industrie ne pourraient entrer dans ce détail, d’abord parce qu’ils y perdraient un temps que réclame la direction de leur fabrication, puis parce qu’ils seraient exposés à de fréquents mécomptes, par l’impossibilité d’apprécier de loin la solvabilité de chaque acheteur. De toute nécessité il faut qu’un intermédiaire au moins, le marchand en détail, intervienne ici pour rendre possibles les relations entre le producteur et le consommateur ; et ce n’est que par celle intervention que celui-ci trouvera près de lui, suivant la mesure de ses besoins et au moment même où ses besoins les demandent, les objets que fabrique la grande industrie.

Le rôle de l'intermédiaire est donc, dans ce cas, également avantageux aux deux parties, et la société retire de son intervention un véritable profit.

Mais si l’on multiplie outre mesure les intermédiaires, si là où il suffit d’un commerçant qui prend directement en

fabrique le produit qu’il vendra en détail aux consommateurs, on fait intervenir deux ou trois commerçants par les mains de qui la marchandise passera successivement, le produit se chai’gera, à chaque ti’ansmission, d’un sui'croît de frais qui représentera le bénéfice de chaque intermédiaire ; et ce sui’cioît sei’a d’autant plus considéi’ahle que le cercle des opérations de ces divers intermédiaires sera moins étendu. Il est évident qu’il y aura là pour la société une dépei’dition de force productive qui se traduii’a en une hausse artificielle sur le prix des produits, au grand détriment des consommateurs.

Donc, tout ce qui tendra à mettre en rapport aussi direct que possible le consommateur avec le producteur, constituera un progrès dans l’ordre matériel par l’économie réalisée sur la somme d’elîorts nécessaires pour donner de rutilité aux choses et pour mettre cette utilité à la disposition du consommateur.

Les sociétés coopératives de consommation sont un des moyens les plus efficaces pour maintenir à un taux modéré le prix des produits que consomment les classes ouvrières. Un économiste contemporain en a très bien, en quelques mots, défini le caractère et résumé le procédé : « celte sorte d’association consiste à se cotiser pour acheter en gros les objets nécessaires à la vie, tels que vêtements, chaussures, denrées alimentaires; on peut même comprendre dans cette énumération les matières premières d’un grand nombre d’industries. De cette manière, les associés évitent raugrnentation de prix que le commerce de détail fait subir aux marchandises, sans compUîr les fraudes et les

sophistications auxquelles il a souvent recours pour augmenter ses bénéfices. » Les qualités nécessaires à la réussite

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