‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 58 sur 120 · LES VOIES DE COM.MUNICATION · texte numérisé non relu

LES VOIES DE COM.MUNICATION

de toute association sont particulièrement nécessaires ici : le progrès très lent de ce genre de coopération, dont les classes ouvrières pourraient tirer tant d’avantages, nous fait voir que malheureusement ces qualités ne se rencontrent qu’assez rarement dans l’état présent de nos mœurs.

Les voies de communication. — Un des obstacles qui opposent, dans les sociétés peu avancées, les plus grandes résistances à la multiplication des échanges est le défaut de bonnes voies de communication. Par la difficulté des transports, la circulation des produits est lente et pénible. 11 faut un effort considérable pour voiturer à de petites distances de faibles quantités de marchandises; chacun est réduit à consommer les produits sur place, ou du moins dans un rayon très peu étendu, l’effort nécessaire pour transporter les marchandises étant tellement considérable, qu’à une certaine distance leur prix s’en trouverait accru au point qu’il serait hors de la portée du consommateur. Ajoutez que quand les transports sont lents, quand les communications entre les hommes sont difficiles, les relations dii-ectes du producteur au consommateur ne peuvent s’établir ; (ju’il faut recourir à cette multitude d’intermédiaires dont je signalais tout à l’heure les inconvénients, inconvénients qui ne disparaitront que lorsque le détaillant, grâce à la facilité des déplacements, pourra lui-même aller trouver le producteur.

A toute amélioration dans les voies de communication répond la destruction ou du moins l’amoindrissement d’un obstacle dans l’ordre des échanges. Les producteurs rapprochés les uns des autres par la facilité et la rapidité des communications, se mettront bien plus facilement d’accord

sur les conditions de leurs échanges, et acquerront sans peine cette connaissance des marchés qui est une condition essentielle de l’extension des transactions. Le marché agrandi par la réduction du prix, conséquence de la facilité plus grande des transports, permettra à la division du travail de s’étendre. Toutes les forces naturelles, qui auparavant demeuraient pour une grande partie sans emploi, les richesses la tentes qui restaient inexploitées faute de moyens d’écoulement pour les produits, donneront tout ce qu’elles peuvent donner, et le domaine de l’utilité gratuite s'étendra, non seulement par la destruction des obstacles qui rendaient les transports si laborieux, mais encore par l'expansion de toutes les aptitudes naturelles, qui fourniront leur maximum de produit et se serviront les unes aux autres de débouchés.

Toutes les époques de grand progrès matériel ont coïncidé avec les grands progrès dans les voies de communication. Ainsi en fut-il pour le xni® siècle, dont la grandeur matérielle sortit, pour la plus grande part, du grand mouvement des croisades. Ainsi en fut-il j)Our le xvi® siècle après la découverte du Nouveau Monde. Ainsi en est-il de nos jours par la prodigieuse impulsion que l’emploi de la vapeur a impiimée à toutes les relations commerciales. Pourquoi insister davantage lorsque s’accomplissent sous nos yeux, dans le monde entier, des progrès industriels inattendus, incontestablement liés à la révolution opérée depuis cinquante ans dans le mode des transports.

La monnaie, la vente et le prix. — Au premier rang des moyens par lesquels les hommes ont rendu les échanges plus faciles, il faut mettre la monnaie Je n’abor-

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