I.E PRINCIPE SUPERIEUR DE I.A SCIENCE ECONOMIQUE
L’école rationaliste et utilitaire. — Lorsque j’entrepris, il y a cinquante ans, d’exposer les principes de l’économie politique au point de vue chrétien, je me trouvai en présence d’une tradition rationaliste et utilitaire dont aucun économiste classique ne s’était départi. Elle
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datait des physiocrates et s elait perpétuée, en passant par Smith et Malthus, jusqu’à J. -B. Say, qui en donne la dernière formule dans son Traite et dans son Loues co^tiplet.
i( L’état de société, dit le célèbre économiste, en développant nos facultés, en multipliant les rapports de chacun de nous avec les autres hommes, a multiplié tout à la fois nos besoins et les moyens que nous avons de les satisfaire. Nous avons pu produire et consommer d autant plus que nous étions plus civilisés, et nous nous sommes ti ouves d’autant plus civilisés que nous sommes parvenus à produire et à consommer davantage. C’est le trait le plus saillant de la civilisation.... On ne fait pas attention que, en cherchant à borner nos désirs, on rapproche involontairement l’homme de la brute. En effet, les animaux jouissent des biens que le ciel leur envoie, et, sans murmurer, se passent de ceux que le ciel leur refuse. Le Créateur a fait davantage en faveur de l’homme; il l’a rendu capable de multiplier les choses qui lui sont nécessaires ou seulement agréables. C’est donc concourir au but de notre création que de multiplier nos productions plutôt que de borner
nos désirs. »
Dunover nous donne, dans son livre sur la Liberté du travail, le dernier mot de la doctrine du maitre, lorsqu il dit : « De toutes les vertus privées, celle qui est la plus nécessaire à l’homme industrieux, celle qui lui donne successivement toutes autres, c’est la passion du bien-être. »
Stuart Mil!, le dernier des grands économistes de 1 école classique, met dans son sensualisme plus d’élévation que ses devanciers; sa doctrine est d’un utilitaire raffiné, méprisant les jouissances vulgaires, portant ses vues au delà de ce que J.-B. Say et la plupart des économistes an-
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