‹ Près de JésusChapitre 7 sur 28 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

De l’opportauité c(e la Vie E aehai^is ticjcie

L’état de la société et des âmes

UI donc, en jetant les yeux autour de lui. ne se sent parfois profondément attristé à la vue des misères morales — causes premières de la plupart des misères physiques — qui nous entourent de toutes parts ?

Sans parler des dangers de plus en plus imminents qui menacent la société, et dont les causes sont si multiples, ne constatons-nous pas chaque jour que les âmes, anémiées comme les corps, n’ont plus ni énergie ni grandeur morale ? On en cherche la cause, on cherche surtout le remède ; est-on bien sûr de ne pas se tromper quelquefois et de ne pas appliquer des remèdes insuffisants à un mal qui semble invétéré ?

Il n’y a plus de caractères, dit-on. Ne devraiton pas dire plutôt : Celui qui est la Vie, Celui qui donne la Vie, Celui qui vit au milieu de nous, inconnu ou méconnu du plus grand nombre, Jésus-Eucharistie , ne vivant plus dans les âmes ou n’y vivant que d’une vie incomplète, incomprise, U n’y a plus en elles de principe de vitalité et de force.

Les préoccupations terrestres, plus incessantes, plus absorbantes, à mesure que la vie matérielle devient plus difficile et plus compliquée, enlacent les âmes comme dans un filet et les empêchent de s’élever vers Dieu.

Le besoin de jouissances, de luxe, de bienêtre, d’une foule de vanités, de superfluités, les domine, entraînées qu’elles sont et par l’exemple de ceux qui les entourent et par des habitudes depuis longtemps contractées.

Le matérialisme, le scepticisme, l’indifférentisme, en pénétrant partout, à différents degrés, ont tué dans les âmes les élans vers tout ce qui est au-dessus de la nature, vers toute idée élevée, et elles rampent terre à terre se débattant vainement contre leurs instincts mauvais.

L’enfant est élevé sans principes, ou plutôt d’après ces principes antichrétiens qui se sont infiltrés dans la société et jusque dans les fa-

NATURE ET OPPORTUNITÉ

milles qui se disent chrétiennes; comme ceux-ci : il faut être un peu de son siècle..., la morale stricte de l’Evangile est plus admirable que praticable..., on ne peut refaire sa nature et son caractère..., puisque l’on est appelé à vivre au milieu de la société, il faut s’y faire une situation et vivre à peu près comme tout le monde..., etc. .. etc...

Et tandis que ce monde, maudit par Jésus-Christ, répand de plus en plus autour de lui ses funestes erreurs, le véritable esprit chrétien, l’esprit de l’Evangile, l’esprit de prière, d’humilité, de renoncement, de mortification, de mépris des biens et des jouissances terrestres, — cet esprit dont parle l’Apôtre, quand il dit que nous devons vivre ici-bas comme n’y vivant pas et que notre conversation doit être déjà dans le ciel *, — l’esprit de Jésus-Christ, en un mot, disparait de plus en plus du milieu du peuple chrétien.

Est-ce à ces chrétiens absorbés par les affaires, tout préoccupés de leur situation et de leur fortune, que vous parlerez vie intérieure, vie spirituelle ?

Est-ce à ceux qui sacrifient tout, même l'avenir

1 Philip., ni, 20.

éternel de leurs enfants, à ce. qu’ils appellent devoir de convenance, de position sociale, ou à ceux qui semblent ne plus pouvoir vivre sans ce confort auquel leur éducation les a habitués, que vous parlerez mortification..., renoncement.... humilité ?

Enfin, les santés s’altérant de plus en plus, les nécessités de la vie devenant toujours plus pressantes pour un grand nombre : l’ennui, la tristesse, le découragement gagnent de proche en proche. Une certaine langueur, une sorte d’abattement moral uni à une fièvre de mouvement et d’agitation, une atmosphère d’irrésolution, d’indifférence, d’égoïsme, qui s’infiltre jusque dans les cœurs de bonne volonté, alourdissent la plupart des âmes qui cherchent à y échapper par les distractions et l’irréflexion, et ne font plus que se traîner en gémissant dans le chemin que la volonté de Dieu leur a tracé.

Le grand remède :

le retour à Jésus dans l’Eucharistie

Qui donc viendra au secours de l’humanité?... Qui donc la ramènera, avec force et douceur,

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dans le véritable chemin qui mène au ciel, dans la voie étroite qui mène à la vie, alors qu’il semble que les échos de Bethléem, de la Galilée, de la Judée et du Calvaire vont s’affaiblissant sans cesse autour de nous?... alors que le souvenir de ces grandes scènes divines semble trop éloigné pour frapper sérieusement les esprits, à une époque où l’on veut tout voir et toucher du doigt?... alors que le ciel paraît trop haut à des êtres qui se rapprochent chaque jour de la matière qu’ils ont trop voulu analyser et soumettre ?

Le cœur miséricordieux de Jésus a répondu à ce cri de détresse.

Il nous a montré le Tabernacle où II habite, quoique voilé sous les Espèces sacramentelles.

Il nous a révélé, en se découvrant à sa servante, Sainte Marguerite-Marie, toute une doctrine de rénovation et d’amour. Il nous a appris que c’est par sa Présence Eucharistique qu’il veut venir Lui-même à notre secours..., tenir les âmes sous l’influence de son regard.,., agir sur elles, les éclairer, les subjuguer, les fortifier, les tirer de l’abîme de leurs misères et les enchaîner à son amour.

Plus que jamais Jésus-Hostie attire les âmes à Lui ; Il les appelle à vivre de la Vie Eucharistique ,

vie toute d’amour et d’union à sa Personne sacramentelle. A nous de prier pour que ces âmes se multiplient dans le cloître et dans le monde. C’est ainsi que s’établira le rcgne eucharistique de Jésus et se formera le peuple de l’Eucharistie, pour le triomphe de l’Eglise et le salut du monde.

Apparaissant à Sainte Marguerite-Marie et lui montrant son Cœur, notre bien-aimé Sauveur lui disait : « Les âmes seront sauvées par ce remède nouveau. » Nouveau, non pas dans son objet, mais par la place que devait occuper un jour dans l’Eglise le culte de son divin Cœur.

Ainsi en est-il de la Vie Eucharistique . Rien là de nouveau. L’union à Jésus, présent et vivant dans son Eucharistie, a toujours été le principe de toute sainteté dans l’Eglise.

La Présence de Jésus au Tabernacle a toujours fait les délices des Saints.

Mais Jésus veut que cette science profonde de l’Eucharistie et de tous les trésors qu’elle renferme, — science qui trop longtemps a été le privilège d’un petit nombre, — devienne plus que jamais la science de tous ; que tous viennent y chercher les enseignements pratiques que son

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Cœur nous a révélés et y puiser une vie nouvelle, plus parfaite et plus abondante.

Voilà le remède par excellence réservé à notre époque, et en dehors duquel tous les autres seront insuffisants.

N’est-ce point, en effet, auprès de Celui qui, étant la Vie, la donne à qui il Lui plaît, dont la puissance ne connaît point de bornes et qui a remporté toutes les victoires, que nous puiserons l’énergie qui nous fait défaut, la vitalité morale qui va s’affaiblissant chaque jour?

C’est près de ce Cœur, qui a tant aimé les hommes et qui est toujours tout brûlant d’amour pour nous dans l’Eucharistie, que nous rapprendrons la morale de l’Evangile et que nous retrouverons le chemin du ciel dans la pratique de ses enseignements.

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