‹ Présidence de l'Assemblée législative dans les séances où l'action modératrice ou disciplinaire du Président a dû intervenir, analyse de ces séances ... petites annales contenant la date et l'indication sommaire des faits contemporains intéressant le régime constitutionnel de 1824 à 1853Chapitre 11 sur 120 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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INTHODUC: ^

M. le professeur Ortolan a publié en 1840 une Biographie de M. Dupin, qu'il a considéré successivement, — comme Avocat plaidant; — comme Jurisconsulte auteur d'ouvrages de droit ; — comme Procureur général, à l'audience et dans ses réquisitoires ; — enfin comme homme politique, ayant été successivement Député, Ministre, Président de la Chambre des Députés, Administrateur*** etc*, etc*

Nous avons pris un cadre plus restreint, en considérant seulement M. Dupin comme Député, en présence de ses Électeurs s et comme Président de l'ancienne Chambre* — C'est à cet unique point de vue que nous avons voulu réunir :

1° Les Discours de M. Dupin à ses électeurs ;

S D Ses Discours à la Chambre en prenant place au fauteuil de la Présidence;

3° Ses Discours au Xtoî, à ia tête des grandes Députations de F Assemblée dans les jours de solennité.

M# Dupin, au moment de sa retraite (en 1852), comptait 25 années de législature.

Il a été élu Député treize fois.

La première dans la Nièvre, à Château-Chinon, eu 1815 pendant les Cent jours* (Il avait alors 32 ans.)

La deuxième dans la Sarthe, à Mamers, en 1827.

INTRODUCTION

La troisième dans la Sarthe encore , ainsi que dans les quatre arrondissements de La Nièvre, divisés eu deux collèges a la lia de cette même année 1827,

Une quatrième fois en juin 1830 dans les arrondissements de Cosne et de Clamecy réunis.

Une cinquième fois par ces mêmes arrondissements convoqués en octobre 1830.

Une sixième fois à Clamecy le 6 juillet 1831.

Pour la septième fois en juin 1834 pendant sou voyage en Angleterre.

Pour la huitième fois en novembre 1837,

Et une neuvième fois en mars 1839. ■

Pour ia dixième fois à Clamecy le 10 juillet 1842.

Onzième élection 4 Clamecy le 2 août 1846.

Douzième élection le 23 avril 1848 par le suffrage universel (Assemblée constituante).

Treizième élection le 27 mars 1849 par le suffrage universel (Assemblée législative),

La Chambre des Députés Pa nommé trois fois sou viceprésident :

Une l re fois en 1830;

Une 2 e fois en novembre de la même année ;

Une 3 e fois en 1831.

La Chambre des Députés, après avoir ainsi éprouvé son aptitude pour cette fonction, a élu M, Dupin pour son Président pendant huit sessions consécutives :

F* fois le 21 novembre 1832.

IF — le 25 avril 1833.

III e ~ le 24 décembre de la même année- IV* — le 7 août 1834.

INTRODUCTION

es 'V e — ïe 30 décembre 1835,

VI e — le 27 décembre 1836.

VII" — le 26 décembre 1837.

e- VIII e — le 19 décembre 1838.

La Chambre ayant été dissoute le 2 février 1839, elle lts se réunit le 4 avril; un ministère intérimaire remplaça le ministère Molé; et le 16 avril M. Passy fut élu Président de T Assemblée à la majorité de sept voix, et bientôt après a e remplacé par M* Sauzet qui siégeait encore le 24 février 1848.

Comme Député, jusqu'en 1848, M. Dupin n’a point fait de circulaire électorale ; il n’a parlé à ses électeurs qu’après l'élection; soit qu’il voulût avec plus de liberté leur exposer la ligne de conduite qu’ü entendait ll “ suivre, soit qu’à titre de compte rendu il aimât mieux leur raconter ce qu’il avait fait pour !’accomplissement do IH sou mandat

A ce dernier point de vue tous ses discours sont comme des résumés historiques de chaque législature; iis peignent ordinairement la situation politique telle qu’elle s'annonce au moment ou Téïu adresse ses remercîments à ms concitoyens.

Comme Président de la Chambre des Dépurés, Mi Dupin on a prononcé des Discours adressés tantôt h l'Assemblée en ré ' prenant place au fauteuil, tantôt au Roi, à la tête des grandes Députations.

On était alors en Monarchie! Et toutefois M. Dupin attachait tant de prix aux suffrages obtenus dans des éleclions libres, que la première fois qu’il monta au fauteuil (le 23 novembre 1833), après s’être glorifié quelques

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jours auparavant, lors de sa réception â l'Académie fran- -

çaise (séance du 30 août même année), «d’avoir dui )

» trois élections les trois titres dont il était le plus fier, u celui de Bâtonnier de Fûrdre des Avocats, celui de » membre de Finstitut, celui de Député; » il s'exprimait en ces termes, qui montrent à quelle hauteur il plaçait la Présidence de la Chambre élective : « C'est à mes yeux,

» disait-il, la première Dignité de l'État (1) ; on ne peut » que déchoir quand on y est parvenu* »

Pendant tout ce temps le Roi Louis-Philippe n*a pas eu de conseiller plus sincère, de serviteur plus respectueux, d'ami plus fidèle.

Chacun des discours du Président, durant toute cette période, a un cachet particulier , et devient quelquefois le programme énergique des actes qui devront caractériser la session*

Maïs c'est surtout dans ses Discours au Roi que M* Dupin, au milieu des expressions les mieux senties du respect , de Faffectiou et du dévouement, parle avec la dignité, l'indépendance et la fierté qui conviennent à FÉlu des élus, à F organe éminemment populaire de la Représentation nationale.

M* Mérilhou, Pair de France et ancien garde des sceaux, parlant incidemment de ces Discours du Président â la Chambre des Députés, dans un article consacré à l'examen des Réquisitoires du procureur général à la cour de cassation ( Courrier français , du 25 janvier ----—- —. —-

(l) C'est ainsi que le cardinal de Bouillon lisait de la dignité itu cardinalat, — * qu'elle dtp[t'la première du monde après la suprême, i

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1837)t tes a ainsi caractérisés: « Les Discours du Présîa dent au Roi, dit-il, sont presque la création d’une a branche nouvelle d’éloquence politique. Dans ces occa- $ sions, qui n’avaient presque toujours offert qu’un cadre » à des fadeurs obséquieuses et serviles, M, Dupin a su se » faire une sorte de tribune indépendante du haut de la- » quelle il fait entendre des vérités utiles et courageuses. » La forme de ces allocutions rapides et concises est moins » directe que celle des discours de tribune. L'expression » des éloges et des sentiments affectueux sert de passe-port je à des avis qui n’auraient pu être accueillis dans leur ouje dilé : mais la vérité s’y montre transparente à tous les » yeux, et des réticences habilement calculées y ont sou- » vent plus d’énergie que les paroles les plus vives et les » plus directes. Il y a eu telle circonstance où une allocu- » tion du premier jour de fan, adressée par M- Dupin au » Roi, a été un événement politique.o Mais il faut le dire aussi, les Réponses du Roi a ces Discours ne sont pas moins remarquables. Quoique fort habitué h l'improvisation, M, Dupin a toujours mis par écrit et lu ses discours au roi. JEn présence d’une majorité chatouilleuse et d’une opposition mal disposée, il ne voulait pas qu’une seule de ses expressions pût paraître hasardée ou qu’elle pût être travestie par îa diversité des rapports. Le Roi au contraire n’a jamais demandé communication préalable d’aucun Discours; scs Réponses ont toujours été improvisées : et ce n’est pas un des moindres mérites de ce Prince, auquel la postérité rendra plus de justice que ses contemporains, d’avoir su adresser tant de répliques diverses aux discours les plus inattendus et les

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plus variés, avec une habileté, un à-propos et souvent une chaleur d’ùme qui le mettaient fort au-dessus des harangueurs auxquels il ripostait.

Mi Dupin u'avait jamais eu ridée de réunir tous ces dis* cours ; mais quand nous lui avons proposé d’en faire un recueil spécial, et de les publier séparément, il a approuvé notre dessein. C'est ainsi que nous avons rassemblé en uu seul volume ces Discours dont les uns sont des actes de reconnaissance envers ses concitoyens ou ses collègues , et les autres présentent une suite d'hommages rendus au chef royal d’une auguste famille à laquelle, même en dehors de la politique, il avait voué un attachement personnel, sincère et profond, qui s’est continué dans le malheur comme dans la prospérité, t

Cette première partie sera divisée en trois sections : i° Discours de M. Dupin, député, à ses électeurs \

2° Discours de M. Dupin, président de la Chambre, m [; prenant place au fauteuil; p

3“ Discours du Président an Roi à la tete des grandes Députations, et réponses de Sa Majesté.

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