JOURNÉE DU 24 FÉVRIER
die y prend place, toujours entourée du même cortège, aux acclamations de la Chambre presque entière. MM. les députés de V extrême gauche restent impassibles à leurs places. — Le nombre des personnes étrangères à h Chambra augmente à chaque instant dans les couloirs.)
il/. Marie , resté à la tribune > demande qu’un gouvernement provisoire soit organisé sur-le-champ.
M * Crèmieux fait la même proposition* (Applaudissements à gauche et dans les tribunes.)
M , Odilon Barrot arrive enfui, il fait en fendre de nobles
paroles ;. «La couronne de juillet repose sur la tëLe
» d’un enfant et d’une femme* » (Vives acclamations au centre,)
(Madame la duchesse d’Orléans se lève et salue LAssern- Idée. Elle invite le comte de Paris à l’imiter, ce qu'il fait,) M. Odüon Barrot. Je fais un appel solennel.....
M , de la Rochejaquelein. Vous ne savez ce que vous faites* (Madame la duchesse d’OWéans se lève comme pour parler. )
Plusieurs voix. Ecoutez! écoutez! laissez parler madame la duchesse! — D'autres membres. Continuez, M. Barrot l M . Barrot. ,, Est-ce que par hasard on prétendrait remettre en question ce que nous avons décidé par la revalu tîon de juillet? (Très-bien! très-bien!)
... Quant à moi Je ne puis prendre sur moi la responsabilité d’une guerre civile, la régence de madame la duchesse d'Orléans (i) * un ministère pris dans les opinions les plus éprouvées vont donner plus de gages à la liberté; et puis un appel au pays , à l'opinion publique dans toute sa liberté , se prononcer alors, et se prononcer sans s'égarer jusqu'à des prétentions rivales...
M. de la Rochejaquelein. Je répondrai à l’honorable M* Odilon Barrot que je n’ai pas la folle prétention de venir ici élevef des prétentions contraires .mais je dis qu’il faut convoquer la nation, et alors...
(l)On croyait généralement que le roi* dans son abdication (qni| < du reste f n’était pas représentée), avait désigné madame la duchesse d’Orléans pour régente ; et la présence tonte désintéressée de M. le duc de Nemours semblait confirmer celte rumeur. Mais en même temps chacun était convaincu de la nécessité d'une loi. C'est ce qu avait indt* ^ que M. Dupîrt par ces mots ; sous la garantie du vœu national ; et M. Üdilon Barrot lui-même, ministre de celte régence , par ces mots : l
* La régence de madame la duchesse d'Gr!éans... M Un ministère..., lin » appel au pays.,.. u £
JOUltNKE DU 24 FÉVÜlEft tUS.
(Eu ce moment une foule d’hommes armes, gardes nationaux, étudiants, ouvriers, pénètre dans la salle des séances et arrive*jusqu’à l’hémicycle. Plusieurs sont porteurs de drapeaux. Un tumulte générât se produit dans J’Assemblée. La plupart des membres siégeant aux bancs des centres refluent vers les banquettes supérieures. Les cris : Nous voulons la déchéance du roi! la déchéance! la déchéance! sont poussés par ceux qui paraissent marcher à la tète de la foule.}
k président se couvrant. 11 n’y a point de séance en ce moment.
(Un orateur étranger à la Chambre, M. Chevalier , ancien rédacteur de la Bibliothèque historique, escalade la tribune. — Cris et confusion générale .)
Cependant cet orateur parle et on l’écoute.
HL Ledruiïoltm . Pas de régence possible... Je demande un gouvernement provisoire, non pas nommé par la Chambre (non! non!) mais par le peuple , un gouvernement provisoire et un appel immédiaL à une Convention qui régularisé les droits du peuple. (Bravo! bravoî)
M. de Lamartine s’avance pour prendre la parole. Il parle assez longuement et conclut en demandant et un gouver- » nement qui ne préjuge rien ni de nos droits, ni de nos 15 ressentiments, ni de notre sympathie, ni de nos colères » sur le gouvernement définitif qifU plaira au pays de se u donner quand ii aura été consulté. » (C’est cela! c’est cela ! ) le demande donc un gouvernement provisoire- (Oui! oui!),.. *
(A ce moment on entend retentir du dehors des coups violents aux portes de l’une des tribunes publiques. Les portes codent bientôt sous les coups des classes de fusil Des hommes du peuple suivis de gardes nationaux y pénèrent en criant : « A bas la Chambre ! pas de députes 1 » m de ces hommes a poussé le canon de son fusil dans la direction du bureau. Les cris de : « Ne tirez pas 1 ne tirez } i pas. cest Lamartine qui parle 1» retentissent avec force. AlsII ) instances ses camarades, Lhomme relève son
M. le président, qui est reste au fauteuil, réclame le simee en agitant violemment sa sonnette.
tensité b ) rUit ^ le tUmUltC ac( ï uièrent la plus grande in-
ri/f ^ président. Puisque je ne puis obtenir le silence, je déclaré la scance levee J
U2 JOUBNÉE DU Ï4 FEVRIER, 1848,
(M. Sauzet quitte le fauteuil après avoir prononcé m paroles.)
(Au milieu de ce tumulte, madame la duchesse d 7 Orléans et ses enfants, ainsi que le duc de Nemours, séparés violemment de ceux qui les entourent et poussés en sens divers, se dirigent vers l’une des portes qui sont au fond de l'enceinte, et descendent par l uit des escaliers étroits et obscurs qui conduisent par les couloirs du rez-de-chaussée , d’une part à la salle des conférences et de 1*autre à la salle des Pas-Perdus. — Un instant le comte de Paris est séparé de sa mère 1,., elle s'en effraie, et n'est rassurée que lorsqu'elle le sait arrivé en lieu de sûreté,,,)
Le Moniteur continue : Ici rassemblée de la Chambre des Députés cesse; — mais le peuple armé de fusils, de sabres, mêlé aux gardes nationaux, et un certain nombre de députés de la gauche restent dans la salle.
Après quelques instants de tumulte, M, Dupont (de l'Eure) monte au fauteuil; il est entouré d’un grand nombre de personnes étrangères à la Chambre,
M. de Lamartine est toujours à la tribune.
Voix nombreuses. Les noms! les noms des membres du goure rn e m e n t proviso ire I Alors s'établit un mode de nomination à la criée!
« Messieurs, dit Ledm-Rollm , à mesure que je lirai les noms, suivant qu’ils vous conviendront ou qu'ils ne vous conviendront pas, vous crierez oui ou non , » (Très-bien ! écoutez 1)
On îi t ainsi quelques noms accueillis les uns par des onti oui! d’autres par des non! non! quelques-uns par oui et non ! —- Si I si ! — Non ! non !
Puis on crie : A Vhôtel de ville /
Plusieurs voix : Vive la Républiquel