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Les modifications brusques de la tension du liquide céphalo-rachidien entraînent une baisse fréquente de la tension artérielle qui peut être attribuée à une perturbation du centre circulatoire bulbaire.
Le fait que les hautes tensions du liquide favorisent cet abaissement pourrait expliquer en partie les accidents syncopaux qui surviennent au cours de la rachicenthèse, surtout dans le cas de tumeurs cérébrales qui réalisaient ces tensions élevées du liquide céphalo-rachidien.
En avril 1923, OPPENHEIMER, dans les « Archives of Neurol. and Psychiatry (Chicago) », fait une étude comparée de la pression sanguine rachidienne et oculaire, et établit :
Qu'il n’existe pas de parallélisme étroit entre ces trois pressions, mais relève de nombreux cas où, dans certaines conditions, elles ont tendance à s'élever ou à s’abaisser de concert.
D'après cet auteur, dans l’hypertension artérielle, et l’artério-sclérose, il y aurait élévation au-dessus de la normale de ces trois tensions.
Dans le glaucome, la tension oculaire serait élevée ; mais la tension artérielle et rachidienne non modifiée.
Dans la grossesse, il y aurait pression oculaire normale avec abaissement des tensions artérielle et rachidienne.
Enfin, dans les fractures du crâne, élévation des tensions oculaire et rachidienne, alors que la tension artérielle est généralement abaissée, abaissement qui semble dû au shock,
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Au contraire, en mai 1924, BoirLarp, MAGNEL et SARAJEA « constatent un parallélisme étroit entre les tensions artérielle et rachidienne, et cela aussi bien chez les hypertendus que chez les hypotendus ».
En janvier 1925, Macxez publie un rapport sur la rachicenthèse et l'hypertension artérielle et constata que « La soustraction de 10 cm* de liquide céphalo-rachidien diminue et stabilise d’une façon durable les chiffres de la pression artérielle et de la pression rachidienne et, de ce fait, prévient ou retarde les complications qui auraient résultées de leur excès. »
Deux mois plus tard, le 3 mars 1925, Dumas et ConpomnE font paraître un article sur les relations qui peuvent exister entre la tension sanguine et la tension intraspinale avec déductions thérapeutiques œqui n'y a pas lieu de rappeler ici. Pour ces auteurs, il existe un rapport net entre les pressions artérielle et intraspinale, et lorsque ce rapport est rompu, on voit apparaître des accidents cérébraux chez les malades, que ceux-ci soient hyper ou hypotendus.
Moins catégoriques sont MicHaux, LAMARCGHE et Pouzer. le 10 octobre 1925, dans leur étude de « l’influence de la ponction lombaire sur la température, la tension artérielle et la diurèse ».
Ces auteurs, après plusieurs observations, concluent : « Il existe un fait important, à savoir l’influence très nette de la rachicenthèse sur l’augmentation de l'indice oscillométrique ; quant aux rapports entre la tension artérielle et la rachicenthèse, ils existent bien, mais sans qu'il nous soit permis d’énoncer une règle absolue. »
Cependant, disent ces auteurs, la tension artérielle semble baisser surtout chez les hypertendus, elle ne baisse pas particulièrement après une grosse chute de la tension spinale.
Enfin, poursuivent-ils, si l’on peut affirmer qu'il y a rapports entre les deux tensions, il nous semble permis de nier absolument le parallélisme.
Dans le Lyon-Médical du 16 janvier 1929, Prc et Decore publient trois observations de malade, chez lesquels ils ont constaté une baïsse très nette de la tension artérielle portant sur la maxima et la minima après ponction lombaire, et attribuent cette chute tensionnelle à une décompression des centres tensionnels bulbaires.
BapT, dans sa thèse de 1929, sur « l’Influence de la ponction lombaire sur la tension artérielle, arrive aux conclusions suivantes :
1° Chez les sujets dont l'appareil cardio-vasculaire d’une part, et le système nerveux central d’autre part, ne présentent aucune réaction pathologique, la ponction lombaire, c’est-à-dire la soustraction de liquide, ne provoque aucune modification importante sur la tension artérielle.
2° Chez les malades présentant une affection du système nerveux central ou de l’appareil cardio-vasculaire, dont la tension artérielle et la tension céphalorachidiennes sont en quelque sorte « sensibilisées » de façon préalable, la ponction lombaire détermine généralement un abaissement des tensions maxima et minima avec augmentation de l'indice oscillométrique de façon sensible et durable.
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En décembre 1931, André Lemaire et Jean PATEL, étudiant le problème inverse, recherchent s’il « est possible d’influer sur la tension rachidienne en agissant sur la masse sanguine ». D'après ces auteurs, chez le chien, la saignée lente n’influence pas la tension rachidienne, tandis que la saignée rapide l’abaisse en même temps que la tension veineuse jugulaire, et cette chute est plus marquée et plus durable si on a lié préalablement le pédicule splénique ; ces faits mettent en évidence le rôle de la masse sanguine, dans la régulation de la pression rachidienne.
Mais il y a plus :
Quand on crée artificiellement une hypertension rachidienne, la chute tensionnelle est, à saignée égale, plus grande que chez le chien à tension rachidienne normale ; elle ne se corrige pas totalement les minutes suivantes, et la pression du liquide céphalo-rachidien ne retrouve jamais le même niveau élevé qu'on lui a pathologiquement communiqué. R. Worms a tenté chez l’homme la même épreuve. Sous l'influence d’une saignée de 300 à 500 grammes, cet auteur a vu parfois, mais non toujours, la tension rachidienne s’abaisser. Cette chute tensionnelle, qui ne dépasse pas 3 à 4 cm* d’eau, et qui ne se prolonge pas au-delà de 20 à 50 minutes, s’observe dans le seul cas ou la saignée n’a pas fait baisser la tension artérielle.
Qr, comme le remarque Worms, pour que la tension artérielle n’ait pas varié, il faut de toute vraisemhlance que la masse sanguine se soit reconstituée, or la réparation s’en fait avant tout aux dépens des
liquides interstitiels, qui sont en quelque sorte draînés vers le sang. Le liquide céphalo-rachidien ne fait-il pas partie de ces liquides interstitiels, et n'est-ce pas cet appel qui mesure précisément l’apaisement transitoire que subit la tension ? »
En 1932, mon maître, M. Monrer-VinARD, ainsi que M. DesmarETs, rapporte l’histoire d’une hypertendue de la ménopause avec paroxysmes violents et très pénibles, chez laquelle on décida de pratiquer une intervention chirurgicale sous rachi-anesthésie ; au cours de la ponction lombaire, [a tension artérielle tomba brusquement de 350-6. Par la suite, cette malade fut surrénalectomisée et soumise à une radiothérapie médullaire, ce qui stabilisa sa tension à 23 sans paroxvsmes ; une ponction lombaire pratiquée à ce moment pour soulager la céphalée se montra efficace contre ce symptôme, mais n'eut pas d'effet sur la tension, qui resta à son niveau permanent de 23.
Et mon maître en arrive à la conclusion que l’on retrouve dans la thèse de Boupon : « Que la tension artérielle baisse chez les hypertendus et particulièrement chez les hypertendus paroxystiques, elle ne baisse pas particulièrement après une grosse chute de la tension spinale. »
La ponction lombaire, paraît pour ces auteurs, indiquée dans les accès d’hypertension paroxystique rebelle à toute prescription médicamenteuse, elle reste alors un procédé thérapeutique très sûr pour combattre les poussées hypertensives dont on connaît le grand danger.
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HamBurGErR publie en janvier 1933, un article sur « La ponction lombaire dans l'hypertension artérielle paroxystique ».
Il rapporte les faits suivants :
Chez un cardio-rénal urémique, hypertendu, dont l'hypertension habituelle auscultatoire atteignait 26-15, survinrent des poussées paroxystiques d’hypertension à 81-18 accompagnées de céphalées terribles et d’accès de dyspnée. La ponction lombaire pratiquée pour soulager la céphalée ramena la tension à son taux habituel pendant plusieurs jours.
Ces poussées se reproduisirent trois fois à quelques semaines d'intervalle : chaque fois la ponction ramena la tension aux environs de 20, en faisant disparaître la céphalée et le prurit et l’amélioration se maintint quelques jours.
L'’azotémie cependant continuant de progresser, l’état du malade s'aggrave et la mort survint au bout d’un mois.
Dans deux autres cas, pratiquée chez des hypertendus permanents, la ponction lombaire n'apporta que des modifications fugaces et insignifiantes de la tension artérielle.
De même chez les sujets qui ne sont pas hypertendus, la ponction lombaire ne produit sur la tension artérielle qu’une dénivellation peu importante et très passagère, quelquefois même une hausse temporaire.
M. HamBurGER conclut de ces divers faits que la ponction lombaire peut être indiquée dans les accès paroxystiques de l’hypertension artérielle, mais qu'elle
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n'est efficace que contre ces poussées paroxystiques elles-mêmes et n’agit pas sur la tension permanente.
Cette opinion est opposée à celle de Macxrez, qui trouve la ponction lombaire utile dans tous les cas d’hypertension chronique et tenace, rebelle aux autres thérapeutiques.
La ponction lombaire sera donc réservée aux accès paroxystiques entraînant des conséquences graves pour le sujet ; son action ne dure d’ailleurs pas au delà de quelques jours.
La quantité de liquide à soustraire sera modérée on enlèvera du liquide tant que la tension rachidienne restera trop élevée et ne sera pas revenue à un chiffre normal (en moyenne 15 à 20 cm* d’eau). La quantité à soustraire varie entre 3 et 10 cc. ; une quantité de 5 cc. suffit en moyenne.
La rachicentèse sera cependant évitée chez les sujets âgés, athéromateux, chex lesquels il y aura lieu de craindre qu'une baisse subite de la pression artérielle n’amène des phénomènes d'ischémie des centres nerveux (signe de Babinski, petite hémiplégie, etc...) souvent passagers, mais parfois définitifs.