HISTORIQUE
Quelques auteurs, avec REINER et SGHNITzER, en 1896, Srcarp et CEsraAn en 1904, cherchèrent s’il existait un lien physiologique entre le milieu sanguin et le liquide céphalo-rachidien. C’est ainsi que Sicarp et CESTAN saississent le passage de granulations de charbon des espaces sous-arachnoïdiens dans les capillaires veineuses qui les draînent en dehors vers le trou de conjugaison.
Cette expérience de REINER fut reprise par MiLian, mais en sens inverse, en injectant dans la carotide interne une solution d’encre de chine, ce dernier auteur constate alors une incrustation des vaisseaux des plexus par les granulations de charbon, et parallèlement note un accroissement de la pression rachidienne.
À la même époque, Ducror et GAUTERET injectent du violet de méthy!l dans la jugulaire d’un chien ictérique, les plexus de cet animal sont teintés et le liquide céphalo-rachidien renferme alors les éléments de la bile.
Telles sont les quelques expériences parmi tant d’autres qui semblent prouver que le milieu sanguin est loin d’être autonome, et qu'il n'existe pas de barrière entre ce milieu et le liquide céphalo-rachidien,
En 1905, Larire, Duponr et MauperiT publient à la Société de Biologie de Paris, une étude sur l'influence de la pression du liquide céphalo-rachidien et labyrinthique sur la pression artérielle ». Au cours de leurs travaux, ils ont fait sur les chiens diverses expériences et sont arrivés aux conclusions suivantes :
I. L’injection de sérum dans les espaces arachnoiïdiens au travers de la membrane occipito-atoïdienne augmente progressivement la tension artérielle durant 35 pulsations. Après une chute légère, durant 2 pulsations, s'établit un long plateau qui persiste.
IT. L’évacuation du liquide céphalo-rachidien par ponction de la membrane occipito-atoïdienne amène une chute de la tension artérielle durant 18 pulsations.
III. L'insufflisation d'air dans les espaces arachnoïdiens médullaires augmente progressivement la tension artérielle, durant 18 pulsations, puis s'établit un plateau.
IV. Chez l’homme, la ponction lombaire amène une baisse de la tension artérielle de 4 à 8 cm. de Hg. Cette baisse de la tension artérielle peut persister plusieurs jours.
Ces auteurs concluent alors que « Les variations de pression du liquide céphalo-rachidien et labyrinthique sont accompagnées d’un mouvement en sens direct de la pression artérielle ».
CLAUDE et ses collaborateurs, SoreL, injectent dans les veines de l'animal en expérience, une dose minima d'adrénaline, et provoquent ainsi une hypertension artérielle et rachidienne évoluant parallèlement,
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LoEPER, LEMAIRE et PATEL, ayant provoqué une embolie subite chez l’animal, ont constaté qu'à la suite de la lésion nerveuse ainsi obtenue, il se produisait une augmentation de la tension veineuse, de la tension artérielle, et de la tension du liquide céphalo-rachidien.
En 1909, Spixa constate des rapports étroits entre les deux tensions artérielle et céphalo-rachidienne, il écrit : « Le cycle de la pression rachidienne retarde sur celui de la pression sanguine quand on fait varier celui-ci. »
Ces constatations, quoique semblables à celles des auteurs précédents, marquent cependant qu'il existe un léger retard entre la variation des deux tensions.
Rouginovircex et H. PaizLAn», le 28 juin 1910, dans la Gazette des Hôpitaux, publient un article sur « l’Influence de la ponction lombaire sur la tension artérielle, dans les maladies mentales. »
Ces auteurs apportent les résultats de 60 observations; en comparant ces résultats, ils ont été frappés de la fréquence relative avec laquelle on observait un abaissement de la pression artérielle après la ponction lombaire.
42 fois sur 64 cas, la pression artérielle est abaïissée ; 17 fois elle s’est élevée, dans des limites beaucoup moindres; 5 fois elle n’a absolument pas varié.
Ces auteurs vont même jusqu’à conclure que si la ponction lombaire amène assez fréquemment un abaissement de la pression artérielle, il y a peut-être là un élément qui permet de mieux comprendre les
phénomènes de défaillance cardiaque et les syncopes mortelles, parfois observées après la ponction lombaire ; nous verrons que ce problème est actuellement plus complexe et bien qu’encore à l'étude, il y a lieu de mettre la responsabilité des syncopes et de la défaillance cardiaque plus sur un phénomène d'ordre réflexe que sur celui de la chute de la tension artérielle.
Il faut noter, disent ces auteurs, que l’abaissement de la pression artérielle (presque toujours en désaccord avec la loi de Marex), n’est pas également marqué chez tous les malades. On l'observe surtout chez ceux dont les centres nerveux sont matériellement et grossièrement atteints ; les paralytiques généraux et aussi chez les sujets dont le système artériel est touché.
En effet, ces auteurs ont observé des résultats différents suivant l’âge des malades, chez les déments précoces âgés, l’abaissement de la pression artérielle est plus nette que chez les déments précoces jeunes.
MESTRÉZAT, en 1912, admet un certain parallélisme entre la tension artérielle et la pression du liquide céphalo-rachidien. 11 précise que la pression du liquide céphalo-rachidien est 20 fois moindre que la pression sanguine. Il considère l’absence de parallélisme comme un fait anormal qui doit faire penser à un facteur morbide modifiant soit la pression sanguine, soit la pression rachidienne, ce facteur devant être recherché.
GirBaL, en 1921, dans son « Etude de la tension
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artérielle chez le nourrisson et l'enfant », déclare que l’abaissement de ia tension artérielle après la ponction lombaire est peu marquée, comme en témoignent ses observations. Cependant, il conclut qu'il existe une relation entre ces deux pressions.
Quelques moiïs après, GirAuUD, dans sa thèse « Nouvelles recherches sur la tension du liquide céphalorachidien », divise son étude en deux grands chapitres
I° Influence des variations de la pression artérielle sur la pression du liquide céphalo-rachidien.
IT° Influence des variations de la pression du liquide céphalo-rachidien sur la pression artérielle.
Dans le premier chapitre, il conclut d’après ses observations personnelles que
a) Les modifications :lentes de la pression artérielle ne paraissent pas avoir d'influence nette sur la pression du liquide céphalo-rachidien.
Il n'existe pas à la suite des grosses hypertensions artérielles des pressions élevées du liquide céphalorachidien.
b) Les modifications brusques de la tension artérielle sont difficiles à étudier chez l’homme, et l’auteur ne peut ainsi conclure pour cette catégorie de fait.
Dans son deuxième chapitre, l’auteur déclare que les modifications lentes de la pression du liquide céphalo-rachidien n’ont pas d’effet bien net sur la tension artérielle.
Ses conclusions générales sont les suivantes :