NT AU
Femme de 55 ans. Ethylique et syphilitique, Foie augmenté de volume, mais pas douloureux. Cœur normal. Pas de dyspnée. Pas d'œdème,
T. A. (auscultatuire) 13/6. P. V. 25.
Le lendemain : purpura, dyspnée, cyanose, tachyarythmie, œdème, asystolie irréductible et mort le troisième jour.
Ainsi au premier examen qui fut fait de cette malade, seule l'augmentation de la pression veineuse pouvait faire prévoir l’évolution ultérieure de la maladie. Elle fut dans ce cas un véritable « cri d’alarme » de l’asystolie, À
Chez les sujets atteints de la maladie de Corrigan, cette révélation du début d'insuffisance du muscle cardiaque est de même particulièrement intéressante.
On sait que de toutes les cardiopathies valvulaires, cette affection est la mieux tolérée et ne s’accompagne que très tardivement d’asystolie.
On sait d'autre part que la formule de sa pression artérielle, si caractéristique, persiste souvent même au cours de la crise d’asystolie. dl
C’est pour cette double raison que l’état de la pression veineuse nous paraît intéressant à étudier dans les cas de maladie de Corrigan, où la déficience latente du muscle cardiaque ne se traduit à l’extérieur par aucun symptôme manifeste.
Ainsi MM. Maurice Villaret, Saint Girons et Grellety Bosviel constatent l'élévation de la pression veineuse, chez quatre sujets atteints de cette affection
et dont les pressions veineuses sont de 19, 19, 20 et V. Markovitch 3
Rte Me
24 par rapport aux tensions artérielles de 13/4, 16/5, 16/5 et 17/8.
«L'un d'eux ne présentait pas de signes cliniques de déficience cardiaque. Sa tension veineuse était de 24, pour une tension artérielle de 17/8. Sous l’influence de la digitale la pression veineuse s’abaissa à 16 pour une tension artérielle de 19/6. Il s’agissait donc bien d’une hyposystolie latente qui fut améliorée par la digitale.
Chez une autre malade nous n'avions trouvé aucune manifestation objective de l’asystolie, avec une tension artérielle 17/8 et une pression veineuse de 24. Le cours des événements démontra la réalité de l’asystolie commençante décelée par la pression veineuse; quatre mois après, la malade venait nous trouver pour des crises de dyspnée, de l’arythmie, un léger œdème malléolaire avec pression veineuse dé 30 et la tension artérielle de 17/10 » (x).
De ce qui précède, nous voyons se dégager nettement l'importance de cette élévation solidaire de la pression veineuse, au milieu d’un cortège symptomatique en apparence satisfaisant. En effet, l’évolution ultérieure des événements montre toute la valeur de ce symptôme isolé, car bientôt le tableau clinique change, se mettant d'accord avec l’augmentation de la pression veineuse.
Leconte et Yacoël viennent confimer ces données : « Nous avons toujours remarqué que lorsqu'un
1. Maurice Villaret, Saint Girons et Grellety Bosviel, Loc. cit., p. 912.
nd
sujet atteint d'insuffisance aortique ne présentait aucun signe objeclif ni subjectif d'insuffisance cardiaque, la tension veineuse chez lui était tout à fait normale. Mais aussitôt que la lésion cessait d’être parfaitement compensée, la tension veineuse s’élevait sensiblement au-dessus de la normale. » (x). |
1. Leconte et Yaocël, La tension veineuse à l’état normal et pathologique (Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques, art. 26970, p. I8I, 10 Mars 1922).