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CHAPITRE VI

Tension veineuse dans les états subasystoliques

A côté de ces observations les plus intéressantes où réellement une pression veineuse élevée semble être l’unique symptôme d'une asystolie jusque là latente, très nombreux sont les cas où on trouve une pression veineuse augmentée chez des sujets présentant non pas une asystolie confirmée, mais les petits signes de l’asystolie.

Ainsi ces cas forment le chaînon intermédiaire entre la défaillance commençante du myocarde se révélant uniquement par l'élévation de la pression veineuse, et sa défaillance grave, où à côté de cette pression élevée on trouve le tableau clinique de l’asystolie au complet. Ici la pression veineuse vient confirmer le diagnostic et sert même d’explication aux phénomènes en cours. Les observations suivantes le mettent bien en relief.

Rire

A. — PRESSION VEINEUSE DANS LES ÉTATS SUBASYSTOLIQUES D'ORIGINE CARDIAQUE

Obs. VI. — Mlle M. C. 18 ans. Entrée à Laënnec pour bronchite, albuminurie. A l’examen : légère cyanose de la face. Signes de rétrécissement mitral typique Tachycardie. Règles irrégulières.

T. A.13-9 1/2. P. V, 18. Pouls r10.

Obs. VII. — M. D. 60 ans. Ethylique. À l’examen : gros foie non douloureux. Pas d'œdème. Pas d’ascite. Stase pulmonaire. Bruits du cœur normaux. Pouls arythmiqne. Urine :

pas de sucre, pas d’albumine.

Obs. VIII. — M. G. 40 ans. Spécifique. Souffle systolique à l'aorte. Dyspnée, gros foie non douloureux. Albuminurie. Œdème des membres inférieurs.

Le 9 juin 1921 : T. A. 18/6. P. V. 27.

Revient en décembre 1921. À l'examen on trouve : double souffle aortique. Foie gros, dur, douloureux. Matité cardiaque augmentée. Pas d'œdème mais dyspnée d'effort,

Obs. IX. — Mme P. 53 ans. Vient consulter pour dyspnée et léger œdème malléolaire.

Antécédents personnels : Rhumatisme articulaire aigu. A l'examen : Corrigan net. Dyspnée. Augmentation du ventricule gauche vue àla radioscopie. Œdème. Poulsarythmique.

Le 98 avril 1921 : T. À. 19/8. P. V. 24. Pouls 90.

Octobre 1921 : T. A. 19/10. P. V,. 30. Pas d'amélioration.

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B. — PRESSION VEINEUSE AU COURS DE L'EMPHYSÈME ET DE LA BRONCHITE CHRONIQUE

A côté des malades atteints d’affections cardiaques, dans le service de M. le D' Aubertin, en juin 1922, nous avons cherché avec M. Grellety Bosviel les modifications de la pression veineuse chez les sujets atteints d’emphysème pulmonaire et de bronchite chronique.

On sait combien ces affections amènent peu à peu la dilatation des cavités droites du cœur et aboutissent à l’asystolie du cœur droit si bien décrite par Vaquez (1).

Nous distinguerons deux sortes de cas :

1° Emphysème aigu. — Chez les emphysémateux à la période aiguë, on voit presque toujours une augmentation de la pression veineuse, correspondant du reste au tableau symptomatique très net : cyanose, dyspnée, râles diffus.

L'examen du cœur et de la tension artérielle ne montre rien de pathologique. A ce stade, surtout chez les sujets jeunes il n’existe pas à proprement parler de l’asystolie, mais simplement de l'hyperpression dans la petite circulation. L'augmentation de la pression veineuse traduit seulement la gêne plus ou moins prolongée du cœur droit à faire péné. trer son ondée sanguine dans un tissu pulmonaire

1. Vaquez, Maladies du cœur (Nouv. traité de Méd. et de Thér., p. 650-660, 1921).

hyperhémié. Il s’agit de maladesqu'il faut continuer à suivre cliniquement, la crise d’emphysème aigu une fois terminée.

Le plus souvent la pression veineuse revient à la pormale montrant que l’obstacie périphérique dû à la stase pulmonaire a disparu et que le cœur suffit à sa tâche.

Au contraire, si la pression veineuse reste élevée, il faudra rechercher par les moyens cliniques et radioscopiques l'existence d’une lésion pulmonaire persistante ou une insuffisance du cœur droit.

Au point de vue thérapeutique on conçoit que dans l’emphysème aigu une saignée humérale ou bien surtout des ventouses scarifiées donnent lieu à une amélioration presque immédiate, qui se traduit du reste par la chute de la pression veineuse, qui ainsi dans une de nos observations tomba de 30 à 15 ets’y maintint les jours suivants.

2° Emphysème pulmonaire chronique. — Au cours de l’'emphysème pulmonaire chronique l’étude de la pression veineuse fournit des renseignements intéressants. |

a) Chez certains sujets atteints d'emphysème chro-

nique, la pression veineuse est souvent normale, :

surtout quand ils sont au lit depuis plusieurs jours. La pression veineuse ne devient élevée qu'au moment des poussées aiguës.

b) Par contre, chez d’autres nous avons trouvé une pression veineuse élevée qui persistail malgré le repos.

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L'examen radioscopique montra dans ces cas l’augmentation des cavités droites du cœur, alors que cliniquement il n’existait pas de signes de subasystolie.

Dans ces cas, l’hyperpression veineuse par stase pulmonaire s’ajoute à celle due au fléchissement du cœur droit. Au point de vue thérapeutique il faudra alors non seulement pratiquer des émissions sanguines (saignées et ventouses scarifiées), mais soutenir le myocarde par des tonicardiaques, en particulier par la digitaline à petites doses et d’une façon prolongée. |

Conclusions. — Nous voyons l'importance de la recherche de la pression veineuse dans les cas de subasystolie qu’elle soit d’origine cardiaque pure ou d’origine pulmonaire.

Sa valeur, nous le répétons, ne réside pas uniquement dans ce qu’elle attire lattention du clinicien sur la menace qui se prépare, mais aussi et surtout dans les indications thérapeutiques urgentes qu’elle lui dicte pour parer au danger.

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