CHAPITRE VIII
La pression veineuse servant de diagnostic de certains symptômes qu’on pourrait rattacher aux cardiopathies.
Nous ne dirons que quelques mots au sujet de la pression veineuse servant de diagnostic de certains symptômes qu’on pourrait rattacher faussement aux cardiopaphies.
Dans un travail prochain, M. Maurice Villaret et ses collaborateurs feront paraître sur cette question si intéressante, une étude complète et détaillée.
Les quelques lignes que nous donnons ici ne font que précéder modestement ce travail.
Déjà la pression veineuse nous a permis de faire le diagnostic de l’asystolie fruste que nous avons étudiée chez les emphysémateux, chez les sujets atteints de la maladie de Corrigan et dans toutes les cardiopathies en général. Mais dans certains cas, la pression veineuse permet de dissocier certains syndromes et de rattacher à leur véritable cause certains symptômes, qu’on aurait pu attribuer à des phénomènes de déficience cardiaque.
Le premier exemple que nous citons à cet effet
or
concérne le malade dont l’observation se trouve reproduite dans le premier chapitre de cette étude (obs. INT). Il s’agit d'und malade, atteinte d'ectasie aortique, dans les antécédents de laquelle on trouve la syphilis. Cette malade présentait des crises de dyspnée et de suffocation.
Devant ce tableau clinique on se demandait si ces symptômes alarmants n'étaient pas dus à une insuffisance du muscle cardiaque. La pression veineuse fut prise et le manomètre montra le chiffre de 12 c. c. Elle était, comme l’on voit, tout à fait normale et par ce fait la question soulevée tout à l’heure ne se posait plus. En réalité, les crises de dyspnée et de suffocation étaient dues à une compression nerveuse et non pas à l'insuffisance du muscle cardiaque. te
Dans un autre cas, il s'agissait d’un sujet atteint d’une néphrite hypertensive avec dyspnée et tachyarythmie. Il fallait savoir à quel facteur attribuer . ces deux symptômes. Etaient-ils l'expression clinique du fléchissement du myocarde — d’ailleurs fait normal au cours de cette affection — ou au contraire, traduisaient-ils un autre état pathologique ?
La pression veineuse fut mesurée lors de la prise du sang pour la recherche de l’urée sanguine. Le chiffre donné par l'aiguille du manomètre était tout à fait normal (13 €. c.).
Mais l'examen du sang montra une forte imprégnation de ce milieu par l’urée et du même coup l’explication des symptômes fut des plus nettes : la dyspnée
Le de
et la tachyarythmie n’exprimaient pas le fléchissement du muscle cardiaque mais une intoxication urémique profonde de l’organisme.
Dans ces deux cas, il était intéressant de pouvoir rattacher le symptôme dyspnée à sa véritable origine. Mais quelquefois la dyspnée s’associe à la cyanose, compliquant le tableau clinique, et nous avqns l'observation suivante :
Obs. XXVI. — Cyanose et dyspnée chez un bacillaire avéc une diminution considérable du champ de l'hématose.
A l'examen : face et extrémités cyanosées. Dyspnée. Signes bilatéraux d'infiltration pulmonaire. Spelonque du sommet gauche. Ongles hippocratiques. Emphysème généralisé. Tuberculose remontant à plusieurs mois.T. A. 12/4. P. V. 11. Pouls petit, régulier.
Le diagnostic de la tuberculose pulmonaire était évident, mais en dehors de ces lésions il était intéressant de savoir si ce malade ne présentait pas de signes d’asystolie terminale par déficience cardiaque. La pression veineuse montra qu’il n'existait aucune stase de la circulation droite, diagnostic du reste confirmé par la radioscopie montrant un cœur normal aux cavités droites non dilatées. C’est ainsi que la pression veineuse permit de rattacher la cyanose et la dyspnée à leur véritable origine, c’est-à-dire à la suppression considérable du champ de l’hématose par suite des lésions bacillaires manifestes. |