L'HUMILITÉ — PREMIER
sauce <|"'' la Foi nous donne de Dieu et de nous mêmes, nous détermine à nous abaisser, à nous perdre de vue et même à nous mépriser. < !'est la définition <|u<' l'on peu! composer de diverses paroles des Pères et des Docteurs il-' l'Église i.
L'Humilité «--t donc fille de la Foi; et, parce que la Foi
• •-t une participation de la lumière éternelle, dans laquelle les Élus voient l'essence divine et toute chose en Dieu, c'est la pure lumière de Dieu qui est le principe de l'Humilité. Elle n'est donc pas une vertu aveugle et qui se trompe elle-même. Elle est pleine de clarfc elle est infaillible dans ses jugements. L'Humilité voit l'Être de Dieu et toutes ses perfections; elle voit aussi le
• de la créature <-t tous les désordres que la volonté perverse de la créature fait naître. Et Dieu lui est tout,
• •t tout «-îi elle est soumission à Inn -' : et la
lui apparaît comme n'étant rien <-n elle-même, et digne d'abjection et «!<• mépris, à cause d<
Mais, pan-.- que le propre de l'Humilité est <l«- nous éclairer nous mêmes sur nous mêmes, et non but les autres, elle fait que c'est notre propre néant « j u<- nous rnons dans Ba lumière, et non 1<- néant d'autrui, et notre perversité, nos défauts, nos péchés <-t. par «■• quent, l'abjection et le mépris que nous méritons, et non ces mêmes désordres, ni cette même abjection <-t ces motifs <!<• mépris, en n<>> semblables. Nous le verrons mieux hainement
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NOTRE CONDITION DE I RÉ VI i EUE 169
L'Humilité esl donc, d'une manière admirable, une vertu de l'étal d'Hostie, puisque, contemplant toujours le Tout de Dieu et le néant et toutes les bassesses de la créature, elle soumel absolument celle-ci à Dieu; elle veut ne jamais voir que ce Tout divin et absolu; elle prétend qu'il n'y ait de gloire que pour lui. < l'est elle qui a fait «lire cette belle parole d'un ancien prophète: !>•■ mino Deo nostro Justifia : nobis uni, m confusio faciei nos tru i; et cette autre plus magnifique: Si ego glorifico meipsum, gloriù un a nihilest*. Envisagée sous <•<•! aspect, l'Humilité devient une vertu universelle. Elle fait que toutes n->- œuvres, soit de Religion, soit de charité, soit de pénitence, et toutes les autres, sans exception, sont pour Dieu; rien, absolument rien, n'en est réservé pour nous. qui ne sommes rien, qui ne pouvons rien, qui n'avons droit à lion. On pourrait même dire qu'elL réellement le fond et comme la substance dos vertus. La Foi est un acte d'humilité de notre esprit qui, sans comprendre, adhère et se soumet a la Révélation il-' Dieu; L'Espérance est le témoignage de notre absolue insuffisance à acquérir, a posséder des biens que rien ne peut nous procurer que la pure et toute gratuite promesse de 1 Mr.r : la < liante envers Dieu, c'est le désamour et l'oubli et le mépris <\>- soi même pour l'amour <\<- l'objet aimé*. La Charité pour le prochain n'est encore qu'abnégation, si elle est vraie. Nous pointions ainsi considérer, les unes après les autres, toutes les vertus surnaturelle-. Biais il est facile de s'apercevoir que La pénitence ne serait rien
' I5.MII. 11. I, 15.
1 'ami. vin, 54.
■ oint itaqae civitatea dua duo, terrenam scilicel unorsnJ
tuquead eontemptum Dei, cœleatem rert amoi 1 '. i osque ad contemptum .mm. S* Alignai /'■ ' • /'• lib. SIV, cap. uvm. Patr. lat, t.Xt.t.