‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 175 sur 204 · L'HUMILITÉ — PREMIER RONDEMENT · texte numérisé non relu

L'HUMILITÉ — PREMIER RONDEMENT

l'Humilité, ni La mortification, ni la patience, ni la eur, ni la chasteté '. < l'est pourquoi saint Augustin »-t saint Léon disent qu'à proprement parler l'Humilité comprend t<>iu<- la vi<- chrétiennes, il y a, sur la nécessité de la pratique <1<- cette vertu, des paroles souvent i du grand Évêque d'Hippone, s'adressant à l'un di contemporains, 1«- médecin 1 1

i remarquables; les voici :

Je voudrais, mon cher Dioscore, «un- vous mis toute votre application à bien comprendre, qu'il lirait y avoir pour vous d'autre voie de parvenir à la Vérité que la \"i<- que nous a frayée Celui qui, comme l>n i . voit l'infirmité de toutes nos démarches. Cette voû premièrement l'Humilité, et deuxièmement l'Humilit troisièmement l'Humilité; et, si vous m'interrogez en< autant <1<- fois <|ii«- voua le ferez, je vous dirai : l'Humilité. Non, qu'il n'y ait pas d'autres précepte* i ver; mais parc- qu'ils sont vains, si toutes dos actions ne sont

de l'Humilil attentif à toutes les vérités, fidèle à \<<u< les préceptes, soumis à toute la loi; mais que nous reviendra t il <!<• t<ait le bien que nous aurons fait, si l'orgueil vient à nous l'extorquer, <-ii complaisam \ ices -..ut a redouter dans les infractions qu'ils font commettre;

. ilia Iminilu

XXX VI I Vil,

NOTRE < ONDITIO» DE I RÉ \'i CJRE 171

mais l'orgueil, dans la vertu même, <lo peur que ce <|iii -■-I en qous vraiment louable ne soil perdu par le plaisir d'en être loué '.

Les Pères sont tellement frappés de l'excellence et de la nécessité de l'Humilité, qu'ils semblent voir, dans tous événements fâcheux de La vie, les rêve tenta-

tions, les infirmités, les imperfections de notre nature déchue, le péché lui-même, soit dans les pécheurs, soil dans les justes, comme des dispositions manifestes de la divine Providence, pour nous faire pratiquer L'Humilité, nous maintenir dans « ette pratique, et enfin nous sauver par elle; comme si, dans le cas particulier où Dieu permet que le péché soit commis, ce Père, infiniment désireux du bien de nos âmes, attachait plus d'importance au salut de ses créatures à qui le péché, en tant qu'il humilie, peut être profitable ,qu'à sa propre gloire, que le péché offense or amoindrit. Saint Ambroise, saint Augustin, saint < iro-'oiro le < irand. saint .Jean < ihrysostôme, saint Bernard ont admirablement exposé cette doctrine2.

1 Eput.CXVIIl aliàs 56), n. 22. - Patr. lat.. t. XXXIII, col. II.'. S Ajnbrosius, Apologia I David, cap. ti, n. "',. 7 . • - Sabvenit infirmitas ne jrratia in periculum verteretur : utilior ergo infirmitas qnam gratta, etc. < Patr. lat, t. XIV, col. 854. Cfr. EpùtoL LXXII1 alias 1 \ I ■ „„>.. n. 6, - et 9. Patr., t. X\ I. col. 1252 et L253. h I XXX Vil enarralio, prœfat. n. 11. ■ Patr., t XTV, col 1014 - ' tinus, lu •/ angelium, tract I.III. n. il abi docet tsaperbiam

occisorom Christi t .-* 1 î facinore homiliatam, postea verd pœnitentiun citate sceleris -ni confusorum, in ipso peccato, quasi in probrosisstn dicamento inveniase carationem . Patr. lat, t. XXXV, coL 1779 I item Angust D( nati ip.xxxi, a. 35. Patr., t. \l.l\

I <■ 1 vit. /' lib. I, cap. xxvm. Ce que «lit le saint Docteur, dans ce ebapitre, des Vierges consacn qui avaient été indignement t' par les Barbares, esl extrêmement remarquable. Patr., t \l.l. col. 11.

S. Oreg M ignus, fusius quàm Libr. Patr. lat, t. l.\\\ 587, 588 •.

LXXVI, col. 103, 1 15, ■ III, 14: Etiam quil>u« n

dona tribuil Deus, parva quaedam reprehensibilia relinquit babeant.. quod tnentem non erigant Patr. bit, t. I.\\\ Il

LUI MI1.1 11 PREIOSB P0NDKM1

Étudions maintenant les raisons décisives que noua avons d'être humbles. < !ea ; - ut en nous, dans Les

conditions diverses <ju«' Dieu Lui-même nous a fait* dans l'étal "ù nous nous sommes mis nous-mêmes, par la malice de notre volonté: Nous voulons dire notre condition de Créature, «•••il.- <!«• Chrétien, <!<■ Prêtre, de Victim notre misérable étal <!«• pécheur. < !es <"inliti<>ii> qui — • • 1 1 1 des titres <1«- gloire, cel étal qui «-m le plus grand sujet <!»■ confusion, ><-ni Les fondements <!<• notre Humilité. Attachons-nous a en découvrir toute la Bolidité. Il <•-! d'un grand j»i"tit pour 1«'> tnlrlrx. qu'ils aient de ces principes une connaissance précise «-t Lumineuse: il est absolument nécessaire au Prêtre d'en avoir une science compli profonde, >"it afin d'en instruire Les fidèles, >"it pour en faire la règle <!<• Ba \\<-. Nous <\<-\ ons < 1 i 1 » ■ . bientôt, ce «i"' lui esl spécial, dans ce sujet, L'Humilité qui lui com ient, qu'il <l<>it désirer '-t avoir, en sa qualité de Prêt d Hostie de Dieu en JÉsi s-Chbiot; montrons maintenant que L'Humilité lui esl aire, d'abord en sa condition

1 réature, <-u-uit«- <1«' Créature rachetée, et enfin en bob étal «1'- pécheur.

Premier fondement de L'Humilité: la condition «!<• < turc - Déjà nous avons abordé ce Bujet, quand nous nous sommes demandé, au Livre [«^chapitre x.\ t , quelles ont été Les causça de L'Humilité de JÉ8! &-( !hrist. Il noua faut insister i'i. parce que nous avons à tirer d< quences pratiques t; i nnaltre.

i il mil \\\l\ . >. j. I' .• • i \ \ \ i

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NOTRE ' ONDITIOS DE I RÉATURE 173

Dieu seul est l'Etre qui esl par lui même et qui subpar lui-même. La créature, à propremenl parler, n'est pas, elle existe; c'est-à dire que l'être, qu'elle pos- Bède, ue lui vient pas d'elle, mais d'un autre, et qu'elle ne peut subsister seule et par elle-même. Il n'y a rien au dessous de l'Etre de Dieu qui le soutienne, rien que cet Etre même, nécessaire, éternel, Infini, immense, immuable. Au-dessous de la créature, il y a la main de Dieu qui la soutienl et la maintient dans L'existence; et audessous de la main de Dieu, si l'on peut ainsi dire, il y a 1<- néant, d'où cette main divine a tiré tout être créé, et sur lequel celui-ci est suspendu sans autre appui que le bon vouloir libre du Créateur; de sorte que la créature est bien, en vérité, quelque chose de réel, par ce bon vouloir de son Auteur, mais en elle-même et par elle-même, elle n'est rien. Il n'y a eu, en elle, absolument aucun.' vertu qui pût la l'aire arriver à l'existence, ni aucun titre, ni aucune recommandation, puisqu'elle était pur néant avant d'être créée, el que le néant n'a essentiellement aucune propriété; et il n'y a, en elle, en son être comme dans les qualités de son être, rien, essentiellement rien, aucune vertu propre, aucune énergie intrinsèque qui la maintienne dans l'existence. Sa substance el tous les dons, soit naturels, soit surnaturels, qui ont été ajoutés a sa substance, sont par conséquent, de leur nature, foncièrement et absolument gratuits. Il faut ne pas oublier Bans doute que, pour ce qui est des créatures intelligentes, La parole de Dieu est donnée, et cette parole demeure éternellement * : ni L'homme, ni L'ange ne seront et ne pourront jamais être anéantis. Mais la condition qui leur esl faite ne tient pas à nne cause, à un motif puisé dans l'être de L'ange et de l'homme, mais purement el unique-

: au l'.-n de la i ■>-'■ L60, noU de l'éditeur.

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m. -ut dans la promesse, libremenl donnée, que le Créateur a faite de les maintenir éternellement dans cet être. Comme la créature ue peut, en aucune manière, sortir par elle-même «lu néant, elle ne peul d'elle-même perses dans l'existence. Bien plus, il y a dans la créature <-\i- Btante, comme uni- propension au néant, comme une force qui l'incline vers Bon étal premier: propension et force tellement puissantes, qu'il Tant toute l'action de Dieu, action toujours résistante, pour ainsi dire, à cette propension et à cette force, <-t même l'action toujours • nie»- de Dieu, pour que la créature ue si.it pas anéantie; si bien que, pour le retour <-t la chute de la créature dans le oéant, aucun décret de Dieu ne serait nécessaire: il suffirait simplement que la créature, même la plus rieuse «'t la plus Bainte, tut laissée à elle-même.

Et cri n.' tient pas à une disposition de 1 mi i . qui aurait fait la créature ainsi indigente et vraiment misérable de la plus universelle misère; mais cette condition d<- la créature, c'est Bon fond, c'est Bon essence. Elle n'est rien, très directement et absolument, parce qu'elle créature; comme Dieu est l'Être, c'est-à-dire Tout, tout Bien, toute Vérité, toute Vie, toute Gloire, immense,* nelle, infinie, immuable, parce qu'il est Dieu1.

Nous avons dit, au chapitre w r du premier Livre, que tout ceci est applicable aux Saints du ciel, a Marie,

que re| luii <• i< i la dortrin. I

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