GLOIRE DU PRÊTRE
Mais voici un jeune vicaire qui arrive. Il a du talent, de la piété, un certain entrain. On se porte vers lui. Quelques personnes qui sont au presbytère ou qui le fréquentent, une bonne vieille mère, une vertueuse tante, une pieuse et insinuante fille qui rend service à l'église, linéiques autres personnes dévouées nie le disent, et avec un ton qui laisse voir un froissement, une sorte de protestation digne et vertueuse. « Il est bien jeune ; pourquoi toutes ces jeunes filles qui entourent son confessionnal ? et que signifie le plaisir si manifeste, de la foule, quand c'est lui qui se dirige vers la chaire'?... » On a peut-être quelque peu raison de trouver cela peu réfléchi ; mais si nous pouvons encourager ses aptitudes, empêcher tout doucement ce qui est défectueux, et finalement, par nos conseils paternels, notre patience indulgente, notre bienveillance sereine et cordiale, faire de ce jeune Prêtre un vrai ouvrier de la gloire de Dieu, nous le faisons ; et nous redressons le jugement" de nos parents on de nos dévouées pénitentes1.
Nous avons été offensé par la manière d'agir d'un de nos confrères, d'un prédécesseur peut-être dans le poste que nous occupons; si nous écoutons les conseils de notre amour propre, il y aura froideur, quelque chose de beau coup trop digne et de beaucoup trop grave, dans une visite reçue, etc.; et si la paroisse vient à savoir ce <|iii se passe, ce désaccord, cette sorte d'opposition, presque d'hostilité, mon orgueil pourra bien tenir bon quand môme; mais quel bénéfice en revient-il à la Religion, à la charité, au bon exemple? en d'autres termes, où sera
i Cu'mque prophetarent (Eldad et Medad, super quos requievil Spiri m- ..., statim Josue filiua Xnn, orinister Moysi, et electas è pluribus, ait : Domine mi Moyses, prohibe eos. At ille : Quid, inquit, œmularia pro me? Quis trilmat ut omnis populus prophetet, el de1 eia 1 >ominus Bpiritam suumV — .Niimer. m, 27-29.
536 l'amour de la gloire de dieu
la gloire de Dieu, dans toute cette conduite?... Mais non î c'est elle seule qui m'inspire, et, dédaignant toutes les suggestions de la vanité blessée, j'oublie tout, et je cours, pour l'amour de la gloire de Dieu, tous les risques imaginables : celui de passer pour un homme sans dignité, sans cœur; celui d'avoir le dessous, dans une affaire où mon droit est lumineux comme le jour ; celui d'être blâmé par ceux qui se disent de mon parti; etc..
Mais c'est un certain laïque, un homme qui s'est fait une position, qui joue un certain rôle, qui, par parole ou par voie de fait, a manqué, à mon sujet, à toutes les convenances. Nous lui ferons un procès, — après avoir consulté nos Supérieurs ecclésiastiques. Les procès ne sont pas sans exemple dans la vie des Saints. Mais que notre amour propre surexcité, notre gloire amoindrie, notre prestige diminué, n'y soient pour rien, pour rien, pour rien (oh ! que cela est difficile!), et que la gloire de Dieu y soit pour tout, véritablement, sans illusion, comme il en sera au jour du jugement 1 !
0 grande, ô belle, ô magnifique Gloire de Dieu ! Révélez-vous à notre esprit, à notre cœur, dans votre beauté
1 Xous ne pavions pas ici de certaines dispositions et de certaines œu vresqui sont propres aux Missionnaires, soit religieux, soit séculiers. Nous écrivons principalement pour servir nos Confrères du clergé paroissial. .Mais ceux-ci n'oublieront pas que c'est grandement concourir à la gloire de Dieu, que de s'occuper de tout ce qui favorise la sainte œuvre «les mission-. Quelles bénédictions attire sur son ministère unPrêtrequi prélève tout ce qu'il. peut sur son petit revenu, son traitement, son casuel, en faveur des œuvres de la Propagation de lu foi, de la S<>inf' -Enfance, etc., qui se fait l'apôtre <'<• ces saintes œuvres, dans sa paroisse, auprès 'les personnes riches surtout ! Et que dire de l'œuvre, plus grande encore, «les Séminal'
s? Comme nos économies sont bien placées, lorsqu'elles vont aider quelque séminariste pauvre à devenir Prêtre!... Et maintenant, cette autre œuvre, qui semblerait devoir nous détermirïer aux plus grands sacrifices, l'œuvre des Ecoles chrétiennes /... O Dièi !: si nous avons quelque amour de la gloire de DiKr et de son règne dans les .-"unes, que d'occasions pressant2S de le montrer !