GLOIRE DC PRÊTRE
pour le succès des œuvres qu'il fait, afin de servir cette divine gloire ; il s'en occupe avec un grand soin et une inébranlable constance. Il a grandement à cœur de les mener à bonne tin. à cause du but principal qu'il poursuit et qu'il estime être digne de toutes ses sollicitudes, de tous ses efforts et de tous ses sacrifices ; mais, si un autre Prêtre, soit près de lui. soir à distance, fait des œuvres semblables, il prie avec la même ardeur, il fait les mêmes vieux pour le succès des travaux de ce zélé confrère; il leur accorde la plus intime sympathie, et rien ne le touche comme d'apprendre que <•<■ confrère a manifestement la bénédiction de Dieu. C'est plus encore, il l'aide, s'il le peut, de son concours, de ses conseils, de son expérience, de son crédit. On dirait que ces œuvres l'intéressent autant que les siennes propres : et >'il arrive que ce Prêtre réussisse mieux que lui. soit plus applaudi, et fasse notablement plus de bien qu'il n'en fait lui-même, il n'éprouve pas une ombre de tri.vte^.. volontaire, moins encore do jalousie ;• au contraire, il bénil Nbtre-Seigneur dan-- le plus intime de son âme, et se rt jouit de ce qu'un autre t'ait, pour l'honneur do i m r. ce que lui-même ne sait pas faire. Enfin, Dieu est glorifié : tout est dit i.
1 Citons ici un des traits les plus touchants de la vie de saint Vincent <!•■ Paul. L'homme de Dieo avait fondé l'œuvre des Exercices des Ordinands et avait plusieurs séminaires pour la sanctification 'lu clergé : le •• • ble M. Olier s'occupait avec un grand zèle d'œuvres semblables. On aurait pu se demander s'il n'y axait aucune rivalité entre Sainl Lazai Sulpice. Certes, cette rivalité n'était pas possible, quand on songe à saint Vincent .1.- Paul et à M. Olier. On pul s'en convaincre dans un.' . -tan.e qui révèle l'Iiéroïsme de la charité de saint Vincent de Paul, et don! nous devons le récit à un disciple de M. Olier. Tout a coup, en l'année ici.",, nue émeute .!■■- plu- violentes éclate contre le vénérable Fondateur de Saint-Sulpice, eue- depuis peu de temps .le la paroisse rt< .•>• nom. Le saint Prêtre est jet.' hors de son presbytère, les portes .le cette maison sont brisées, le tumulte est effrayant. En ce moment arrive sainl Vincent
Ô.J4 l'amodk de la gloire de diel*
Deux curés ont leurs paroisses l'une à côté de l'autre. Certaines gens font la comparaison des deux administrations. Cette comparaison n'est pas en ma faveur. On dit de mon voisin un bien extraordinaire. Il a du savoir-faire, il est aimable, il est pieux, c'est un saint. Son exemple doit me stimuler à prier, à demander à ATotre-Seigneur quelques-unes des grâces qu'il accorde à ce fervent et si estimé voisin ; mais en attendant, avec reconnaissance pour le bonheur que j'ai de voir un véritable ouvrier de la gloire de Dieu, je désire de toute l'ardeur de mon âme qu'il persévère et qu'il serve parfaitement cette si désirable et si aimable gloire. Il importe si peu, que In mienne soit éclipsée.
Mais, c'est le contraire; je m'aperçois qu'on me donne la préférence ; mes œuvres sont prospères, mon confessionnal est extraordinairement fréquenté, on se groupe volontiers autour de ma chaire ; les Supérieurs ecclésiastiques le savent et ont laissé comprendre qu'on me destine â quelque poste important... Hélas! que tout cela est peu de chose, si la gloire de Dieu n'illumine pas tout ! Mais l'oraison, la lecture spirituelle, l'examen de conscience, la grave direction d'un homme éclairé me soutiennent, et non-seulement j'évite une sotte joie, une ridicule dissipation d'esprit, mais, le regard fixé sur la Fin unique de toute ma vie, je ne m'aperçois même pas de ce qui se passe autour de moi, en ma faveur. Que Dieu soit bien le Maître î Que son bon plaisir s'accomplisse : ce qui est aussi le règne de sa gloire ! et c'est assez.
<le Paul, âgé alors de soixante-dix ans, qui se jette au milieu do la foule pour l'apaiser. Il ne réussit pas ; il est même insulté, frappé : sa vie esl en péril. Or, durant ce temps, cet homme admirable disait : « Frappez hardiment Saint-Lazare, et épargnez Saint-Sulpice. » Quelle merveilleuse; humilité! Quelle sublime charité ! — 17e de M. Olîer, par M. Faillon, partie II, liv. IV, n. 21.