ET NOTRE PRÊTRE
Nous avons dit, au commencement du chapitre qui précède, que la grande et vraiment unique Gloire du Père, c'est Xotre-Seigneur Jésus-Christ. Si le Prêtre est aussi, par la pureté de ses sentiments, par sa religion, par son zèle, par toutes les saintes œuvres de son Sacerdoce, la Gloire du Père, c'est qu'il vit dans la plus intime et la plus étroite union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ; c'est que le Prêtre, comme nous l'avons dit tant de fois, est vraiment un autre JÉSUS-CHRIST. Mais comment s'opère cette union et cette divine unité ? C'est par l'amour 1.
Ah! l'amour de Xotre-Seigneur Jésus-Christ ! quel sujet que celui-ci! quel sujet, surtout quand il s'agit de le traiter pour répondre à l'attente des Ames sacerdotales! Tout ce qu'on pourrait dire, même à une réunion <!<• (Jertrudes ou de Thérèses, ne serait pas assez pour des Prêtres. Ils savent qu'ils ont le droit, plus que personne, de s'appliquer les ardentes paroles de saint Paul:
1 Ctr. s. Tlniiii. I. 1 1. <[. \\\ in. art. I: Utrttm uni" siteffectus amoris. — Art. Il : Utrum mutua inhœsio tit effectua amoris (et itevura, q. i-xvi, a. vi). Art. V I : l'tritiit amov sit causa omnium qua amans <':/if-
l'amour de n.-s. j.-c, notre dieu, notre phêtbe 539 Mihi vivere Christus est et mort lucrum... demderium habeito dissolvi et esse cum ChristoK. Char/tas Christ i urget nos,... ut et qui vivunt jam non sibi cirant, sed ei qui pro ipsis mortuus est et resurrexit*. Qui* ergô uns separabit à Charitate ( 'hristi .' tribulatio? an angustia .' an famés fan nudUasf an perkulum? an persécution an gladius? Sicut seriptum est: quia propter te mortificamur totâ die ; œstimati sumus sicut ores occisionis. Sed in his omnibus superamus propter cum qui dilexit nos. Coins sum enim, quia neque mors, neque cita, neque angeli, neque principatus, neque nirtutes, neque instantia, neque futura, neque fortitudo, neque altitudo, neque profundum, neque creatura alia poterit uns separare à Charitate Dei, quœ est in Christo Jesu Domino nostro 3.
Il y a aussi de belles paroles dans les écrits des Pères. Tout Prêtre peut se les approprier. Saint Ambroise disait: Jam non cita m nostram, sed Christum vivimus. Nobis enim vivere Christus est... Christi divinitas, cita est; ipsius œternitas, rita est : ipsius car», vita est ; ipsius passio, cita est: ipsius mors, cita est ; ipsius vulnus, cita est K Accedite ad eu m et satiamini, quia partis est ; accedite ad eum et potate, quia fons est ; accedite ad eum et illuminamini, quia lux est •"'. Saint Paulin de Noie écrivait : Sibi habeant sapientiam suant philosophi, sibi divitias suas (licites, sibi régna sua reges; nobis gloria et possessio etregnum, Christus estG. Et ailleurs: Ergo illum amemus, quem au/are debitum
1 Philipp. r,21-2&
- II (or. v, 14. 15.
' Rom. vin, :;.")-:;'.».
4 lu paalm. xx.wi, enarratio, a. 30. V atr. lat., t. XIV, col. 985. / paalm. cxvin, aer m. XVII l,n. 28. Patr. lat, t. XV col. il"''--'. t fr. r.jiisd. S. Doctor. mlrahll. h'pistol.XXTX Irenœo presbytero). Patr. lat., t. XVI eol. 1054-1061.
" Epîstol XXXVIII aliàs29 adAprum.n.6. Patr. lat, tLXI, col. 300.
Ofr. A'/" '*>'>'■ XXIII. il. 11. l'air, lat.. t LXI, col. 283. It.-m S \
bros. /" paalm. cxvni, séria VIII, n. 6,7. Patr. lat., t. XV, col. 128
est; illum oseulemur, quem osculari castitas est ; Mi copulemur, eut nupsisse virginitas est ; itti subjiciamur, sub quo jacere super mundum stare est;propter illum dejiciamur, çui cadere resurrectio est; illi commoriamur, in quo vita est, in quo et mortui vivimus *.
Il serait facile de multiplier les textes des Pères, sur l'amour que mérite Notre-Seigneur, sur ce qu'il est, en vérité, pour les âmes, sur l'union très parfaite qui doit exister entre cet unique Tout et ses créatures rachetées de son Sang; et tous conviennent au Prêtre, d'une manière très sublime, très exceptionnelle et absolue. C'est lui, pressé par l'amour, qui tend à l'unité. Il ne faut point de distance, il faut qu'il se perde en ce centre, en cette vie, en cet Etre de Jésus-Christ. « Le multiple a été notre perte, dit saint Augustin, mais délivrés de la multiplicité, par la miséricorde divine, nous allons à Celui (jui est un- »; et .Iksis-Chkist devient, vivant lui-même en nous, l'unique vie nouvelle dont nous voulons vivre. ( Jette union vraiment ineffable, qu'il faudrait plus justement appeler unité, est tellement la vie du Prêtre, qu'on ne pourrait plus le nommer de ce nom, dit un ancien auteur, s'il ne vivait de l'amour qui opère l'union3.
.Mais voici que Notre-Seigneur nous révèle lui-même ce magnifique Mystère. 11 fit, la veille de sa mort, sur le point de quitter le Cénacle pour monter à la montagne
1 Epistol. XXIII (alias 3 et l)adSeverum,Ti. 42. - Patr. lat., t. LXI, col. 284.
'-' Quia ab uno vero tjt summo Deo... resilientes... evanueramus in milita, di.scessi per multa et inhœrentes in multis : oportebat nutu et imperio Dei miserantis, ut ipsa uiulta venturum conclamarent unum, et à multis conclainatus veniret anus, et multa contestarentur venisse unum, et è multis exonerati veniremus ad unum. De Triuitate, lib. IV, cap. vu, n. 11. L'atr. lat., t. XLII, col. 895.
:; Qui itjto cum aliis virtutibus cliaritatem Labet, Sacerdos est. Ki qui ciiain alias sine istâ liai. et, Sacerdos non est. — Hugo à S. Victore, serin.. XIV </< sacris vestibus. - Patr. lat.. t. CLXXVII. col. 928.