‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 192 sur 204 · NOTRE DIED ET NOTRE PRÊTRE ."> I I · texte numérisé non relu

NOTRE DIED ET NOTRE PRÊTRE ."> I I

des Oliviers, cette belle prière à son Père: Pater. .t Pater juste... ut dilectio, quâ dilexisti me, />/ ipsis sit, et ego m ipsis1. 0 Dieu! quelle merveilleuse clarté se découvre à nous! La même dilection dont Le Père aime le Fils, c'est celle dont nous aimons le Fils, et alors le Fils est -en nous! Mais quelle est donc cette dilection, dont le Père aime le Fils y Quelle est la puissance, quelle est la tendresse,quelle est la persévérance de cette dilection? Quelle est la complaisance que le Père prend à aimer son Fils ? •Quelle est l'effusion du Père dans le Fils y et quelle esl l'unité qui s'opère dans cette effusion infinie, éternelle? Le Saint-Esprit lui-même, non un acte de Djet, comme l'acte créateur, mais une Personne divine, immanente, 'substantiellement une avec le Père et le Fils, est cette dilection, cette puissance, cette tendresse, cette persévérance d'amour, cette effusion infinie, éternelle, cette union adorable. Personnellement et substantiellement, l'Esprit-Saint est l'amour dont le Père aime le Fils. < >r. voilà l'amour dont nous voulons aimer le Fils. Notre-Seigneur Jésus-Christ. Pas un autre, pas une ressemblance, une imitation de cet amour, mais celui-là même, amour puissant, tendre, persévérant, amour qui opère l'union, •comme l'amour du Père: de sorte que JÉSUS-Christ nous soit tout, comme JÉsus-( !hrist esl tout pour le Père.t !ar le Père n'aime que Jésus-Christ, et ce qu'il aime dans le monde il l'aime uniquement en Jésus-Christ, voyant toute chose en lui, et ne trouvant aimable que ce <|ii'il a mis de lui en nous, et qu'il trouve toujours en nous : nos âmes sont ainsi aimées en Jésus-Christ.

C'est pourquoi, l'amour de JÉsus-( îhrist uous est tout amour; car, nous aussi, nous aimons en Jési - 1 îhrist toute créature^ celles qui ne sont pas en lui, les démons et les

1 Joann. wii, ''i'i.

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réprouvés, sont les seules que nous n'aimons pas. Le lieu de notre repos, où tendent tous nos mouvements, où aspire tout notre être, le Foyer où tout se consume, le Centre où tout se consomme, le seul Bien, qui est notre unique Bien, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi •Jésus-Christ lui-même l'a demandé pour nous, Prêtres, spécialement; car nous étions spécialement dans les Apôtres, pour qui cette prière a été faite, et faite quelques moments après qu'ils avaient été consacrés Prêtres. Jésus-Christ l'a demandé, par cette prière qui est la dernière qu'il ait adressée à son Père, avant d'aller à sa douloureuse Passion: Ut dilectio, quâ dilexisti me, in ij>*is rit, et ego in ipsis. Ce dernier mot est comme le sceau de l'union. Nous nous portons vers lui, et il nous reçoit et il nous embrasse, et il nous cache dans le secret de son Cœur, où l'union se consomme; mais, comme il nous reçoit et il nous cache en lui, il se donne, et nous le recevons, et nous le cachons dans le secret de nos âmes. C'est vraiment alors l'aimer et le posséder comme le Père, qui n'a jamais cessé de l'avoir et de le posséder dans son sein.

Ce sont les grands mystères dont il faut nous réjouir ici-bas ; cette joie est le prélude et l'avant-goût de la félicité éternelle où, suivant la parole de saint Augustin. omnes unit» in uno ad unum erimus1.

Voyons maintenant en quoi consiste l'amour que nous devons à Notre-Seigneur. Nous ne pouvons que bégayer sur un tel sujet ; mais essayons au moins de nous rappeler quels sont les principaux titres de Jésus-Christ à notre amour. Si nos cœurs comprennent et sont persuadés. nous serons sur la voie de la grande sainteté qui convient à notre Sacerdoce et à notre état de Victime.

1 /» psalm. ( m. vu. Enarrat. n. 28. Patr. lat., t. XXXVII, col. 1937.

I. Nous devons aimer Notre-Seigneur Jésus-Christ comme Dieu. - Que de vérités, que de lumières, que d'inénarrables magnificences, dans cette parole !I1 n'esl

pas à propos de dire ici ce qu'esl I ) 1 1 : r « ■ t d'ajouter: Notre Seigneur est tout cela. Chacun peut faire cette exposition doctrinale. Disons simplement : Dieu est tonte Beauté, et Difa" est toute Charité: toute Beauté par l'ensemble infiniment aimable et admirable de tons ses attributs. Il est cette Beauté dont saint Denys a dit: DlEC est appelé Beau, en tant qu'il est tout beau à la fois et éminemment beau : beau éternellement, sous les mêmes rapports et de la même sorte; beau qui ne se génère, ni ne périt, n'augmente, ni ne diminue; non point en partie beau, et en partie laid...; ici beau, et laid ailleurs : pour les uns beau, et pour les autres laid; mais le même, par lui-même, avec lui-même, dans l'uniformité, toujours beau, et possédant en soi avec antériorité "t superéminence la beauté, source de toute beauté*. 11 est cette Beauté à laquelle saint Augustin adressait ces touchantes paroles: « Je vous ai aimé tard. Beauté si ancienne. Beauté si nouvelle ; je vous ai aimé tard. .Mais quoi! Vous étiez au dedans de moi. et moi an dehors de moi-même; et c'est an dehors que je vous cherchais ; et je poursuivais de ma laideur la beauté de vos créatures. Vous étiez avec moi et je n'étais pas avec vous, retenu loin de vous par toul '■«•'(pii. sans vous, ne serait «pie néant2.

1 Traduction 'le M. l'abbé Dulac. Vocàtur pulchrum >•( ex ni parle

pulchrum et plus quàm pulchrum... neque factnm, neque rlestructum, neque

angescens, neque decrescens ; neque ex unâ parte pulchr el ex alifl

turpe; neque alias qnidem pulchrum, alias verô non...; Bed Bemper exi stens pulchrum, atque fontem universi pulchri, pnlchritudinem in seipsu eminenter anticipans, prsehabensqne. l>< diriuia nominîon*, cap.iv, n. i. l'.'itr. graec, t. III. col. 702.

Traduction de .M. Moreau. Serô te amavi, pulchritudo tam autiqun ,'t tam nova! Serô te amavi !E1 ecce intiM eras, ot ego fori* , cl ibitoqnœ

."il! L'AMOUR HE XOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Hélas! ces paroles nous conviennent peut-être. Nous,

Prêtres, qui devons sans cesse contempler la beauté de notre Dieu, le Verbe, qui en nous appelant au Sacerdoce nous a donné une lumière plus vive, pour pouvoir fixer nos regards sur lui et : soutenir ainsi, comme si nous le voyions sans voile, la beauté de sa face glorieuse1. Mais voici la suite des paroles du grand Augustin. Plaise à Diee qu'elles soient vraies pour nous ! « Vous m'appelez, et voilà que votre cri force la surdité de mon oreille; votre splendeur rayonne, et elle chasse mon aveuglement; votre parfum, je le respire, et voilà que je soupire pour vous: je vous ai goûtée, et me voilà dévoré de faim et de soif: vous m'avez touché du désir de votre paix -. »

Quand sera-ce (pie le regard de l'intelligence et celui du cœur no se fixeront plus que sur cette Beauté essentielle de notre Dieu et Seigneur JÉSUS-( ÎHKIST?

Nous devons être ravis de sa Beauté: nous devons l'être aussi de sa Bonté ou Charité. C'est personnellement de Lui qu'il est écrit: Deus Chantas est'<: et c'est de Lui qu'il parlait.à l'insu do ses auditeurs, encore ignorants, quand il disait: Xe»i<> bonus nisi solus Deus*. Il est le Bon par excellence. « Le bon. dit encore saint Denys, est qualifié par les sacrés Théologiens, de beau et de beauté, de charité et de chérissable, et de tous les autres noms divins qui conviennent à cette Magnificence pleine de charmes et source de grâces5. Jésus est cette

rebain : et in ista for m osa quse fecisti, deformis irruebam. Mecum eras, et tecum non eram. Er me tenebant longé à te, quae m in te uonessenl essent. Confess. Lib. X. cap. xxvir. — l'air. Lit., t. XXXI I. col. 795.

1 [nvisibilem tanquam videns snstinuit Moyses). Hebr. si,27.

- ( 'twft w. — Ibîrl.

'■'• I Joann. iv, 8.

i Luc. wiii. 19.

• [Tbi supra, — inîtio n. 7.

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Magnificence source de toutes grâces. Q n'y a pas un seul don, soit clans l'ordre de la nature, soit dans ««'lui de la grâce,dont il no soit l'Auteur. Réellement uous lui devons tout. Actuellement même, nous sommes sa création, l'objet immédiat de sa Providence, de son amour, de sa tendresse; et tout ce que nous paraissons recevoir des causes secondes, c'est de sa main que nous le recevons sans cesse; et tout ce que nous faisons de bien, c'est lui qui nous le fait faire ' ; et il se donnera un jour à nous, et il sera notre récompense excessivement grande. Ego, merces tua magna ni mis-.

Tout cela serait susceptible de grands développements.

Ils ne sont pas possibles ici. Mais la conclusion qui s'impose, est évidente. Elle est dans ces paroles du Psalmiste : Quid enim mihi est in cœlo, et à te i//ii<l volui sup< r terram .' Defecit caro mea, et cor meum : Deus cordis met, et pars nu- a Deus in œternum^.

IL — Nous devons aimer Notre-Seigneur Jésus-Christ. comme notre Souverain Prêtre. — La gloire do <•<■ grand titre implique toutes les gloires de la condition d'Homme- Dieu. eii JÉsus-( 'HiMsT.ot do ses qualités de Religieux du Père, de Médiateur, de Rédempteur, do Réconciliateur, do Sauveur. Qui dit Prêtre, dit le magnifique et ravissant ensemble de toutes les perfections créées. C'est, dans le temps, tout ce qu'il y ;i ^^ beauté, de sainteté, de cha rit.'-, et de puissance dans l'éternité. Nous aimons ici-bas ce qui est grand et noble et bon et saint: comment n'être pas ravi d'admiration, d'enthousiasme, de joie, d'amour, on présence do Jésus-Christ souverain Prêtre? Que

1 Et hœc bona opéra nostra tu fecisti, D ine, quia laborantea jnvasti.

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