‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 42 sur 204 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

NOTRE-SEIGNEUR JÉ8U8-CHRI8T EST L'UNIQUE PRÊTRE DU PRR] . OOUP D'ŒIL 8UB LES BEÈ< LES QUI ONT PRÉ4 l Dl I. |\< \i;\ \ riON.

Il semble m1"' noua avançons lentement dans 1«' sujet qui dous occupe. Que le lecteur nous 1<- pardonne. Peut être cela tient à quelque défaut d'ordre dans nos pen- : peut-être aussi cette lenteur nous es! imposée par i<-t lui-même, qui Be présente à nous si abondant »'t si riche, el don! nous voudrions, si c'est possible, explo rer, considérer un à un tous les divins Becrets.

Nous venons de dire m1"' Notre-Seigneur.il si - Ch • •m l'unique Prêtre «lu Père, même durant les Biècles qui <-i n | ; Incarnation. Cette proposition est, de prime

abord, étonnante. Elle est cependant la conséquent plusieurs pointa de doctrine, que nous avons expi mais il convient de mettre celui «i dans tout Bonjour.

té, JÉsi B-t iii.i-i est i"Ut. I..- mot est <!<• Baint Paul !. Dans l'ordre «l<- l.i nature comme dans celui de la • 1<- Principe, il «m l'exemplaire, il est la pre la dernière rai- t l'unique raison ■ !

OOUP D'OEIL SI H LES -n;< LES QUI l >NT PRÊ< ÉDÉ i . I N < IBNAT. L5

de tout, comme il en est la fin. Tour est en lui; tout vit de lui; tout esl par lui; tout est pour lui. Il est le fondement but lequel tout s'appuie; il est la force qui soutienl tour : il est la lumière qui illumine tout; il est le trésor de vie où toute créature puise: il est seul la gloire de L'univers. Le monde des corps, celui des esprits, les hommes et les anges, toute créature sans exception est subsistante dans le I îhbist.

Du reste, cette mande doctrine est de saint Paul. Ecoutons-le :

« Rendons grâces à Dieu le Père... qui nous a assujettis à l'empire de sou Fils bien-aimé... JÉSUS, image du DEEU invisible, Premier-né de toute créature; car c'est sur lui et en lui que tous les êtres sont fondés, soit les célestes, soit les terrestres, soit les visibles, soit les invisibles, les Troncs, les Principautés, les Dominations, les Puissances. Tour a été créé par lui et pour lui et en lui. Il est avant tous et au-dessus de tous; et toute chose a sa consistance et sa stabilité en lui. Il est le Chef du Corps de l'Eglise. Il est le Principe, et en toutes choses il tient la primauté i. » Et ailleurs : « Béni soit Difa', Père de Notre-Sèigneur Jesus-< îhbist, qui, dans lescieux, bous a bénis dans le Chbist de toute bénédiction spirituelle, de même qu'il nous a élus dans le Chbist avant la création du monde, afin «pie nous fussions saints el immaculés en sa présence dans la charité. Il nous a prédestinés par Jésus-Chbist et pour Jésus-Christ à

1 (initias agentes ]>•■•■ Patri, qui uoe~. transtolil in regnnm l-'ilii dilecnue... qui esl imago I»'i invùûbîlis, Prîmogenitus omnis créature; quonîamin ipso condita sunt univers*, incœlii ei in terra, visiliili.i .-t invisibilia, sive throni, Bive dominationes, sive principatua, sire potesl omnîa per ipsnm el in ipso creata sunt : el ipse esl ante omnes, el omnie in ipso constant El ipse esl <';i|iut Corporis Ecclesise, qui esl principiunu.. ut -it in omnibus ipse primatum tenens. Coloas. i, L2 18.

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avoir part à L'adoptioD des enfants, Belon le dessein «le Lonté, pour que nous devinssions une louange <!«' la gloire magnifique, dont il noua a gratifiés en son Fils bien-aimé '*. -

•1 Langage ! tout !, toute vie, tout être est dans

[rist. Tout ce qu'il y a dans l'ange de dons naturels et surnaturels, vient du Christ. Il en est ainsi de l'homme, et de tout ce qui est dans le monde créé, depuis le confe mencement «-t k jamais. Kt aon seulement parce que le < !hri6t est Dieu, et par conséquent < Jréateur, < lonsen a teur, Providence, Principe nécessaire «-i Fin nécessaire

Lite chose; mais en tant qu'il est homme. Non rément <|u<- le monde n'ait • qu'après Bon Huma-

nité : ce qu'il serait absurde de dire; mais en ce sens que, L'Incarnation ayant été décrétée évidemment avant !>■ faitdela Création quels que soient d'ailleurs l'ordre <'t la suite des décrets divins ,Notr< eur Jésus-Chris

ise finale et l'Exemplaire de toute créatun parce <|u<- L'union qu'il a contractée avec notre nature <-vt une union éternelle, que nos âmes >"iit destinées a la vision éternelle de I >n u.

U en résulte donc que l'œuvre excellente de Diei '•n un Bens véritable, l'œuvre unique2, c'est Jksi s-Chrjst, puisque résumant tout, comme parle Baint Paul ;. il con tient tout, et nous ne sommes qu'en Lui.

l'intu.ili. '

COUP D'ŒILSUB LE88I&I LB8Q1 [ON! PRÉ< ÊDÊ L'lH< \i;n ai . I ,

liais bî tout cela est vrai de l'ordre de la nature el de celui de la grâce, considérés en généra] et dans leur ensemble, il est nécessaire que ce Boit certain dans l'ordre spécial de la Religion. Et, par conséquent, il est de toute rigueur, que Jésus-Christ soit seul Prêtre du Père, i seulement seul digne Prêtre, mais seul et unique Prêtre, sans qu'aucune créature angélique ou humaine puisse, en dehorsde lui, porter ce titre.

Et voici La conséquence de cette doctrine.

Le Sacerdoce remplit toute la création. Le moindre des êtres Bortis des mains de Dieu y participe, parce qu'il n'en est pas un qui, à sa manière, « ne raconte la gloire »n Auteur '. C'est pourquoi, il est écrit qu'au commencement Dieu vit tout ce qu'il avait fait; et il vit que tout était bon2. » Toutefois, cette religion des créatures, n'étant point libre, n'est pas 1»- culte qui honore Dieu. C'est la religion île la volonté et «lu cœur qu'il demande. Or celle-ci, les anges et les hommes peuvent la lui donner. Et de fait, à l'origine «le leur existence, les bons anges au ciel, et L'homme dans le paradis terrestre, rendirent a Dieu un culte d'adoration, de louange, d'amour et de fidélité :;; et ils exercèrent ainsi devant sa Majesté un véritable Sacerdoce. Car les anges étaient Prêtres, et le premier homme aussi '. Il advint, malheu-

omnia in Christo (Eph. 1, 10), d'après saint Jérôme, etc. Voir Corn, à Lap., în illud Eph.

1 Cœli enarrant gloriam I><-i. P«. win, 2. \ idit Deoa cuncta quœ fecerat; et erant valdèbona. Qen. i. SI. Nain el Pater talea quœrit, qui adorent eum. -Joan. n

loce des Anges :S. Dionys. Areop. /'- ■ > hie-

rareA., cap. t, n l. Pair, grœc, t. III, coL 871. — Thomaesm eitei

• l'Aréopagite el dil : K\ quibna émergent tria Imbc menti altioa m : l Sacerclotii priucipiuni <-t essentiain.virtutera et plenitudinem, ac pelagtu qnoddam inexhauslum in Christo esse; -~ Bine irrigari proxi- : ■ ■-, angelorum . ad boi oaqne •

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ment, que parmi - - 8] - tirent leur

émin< gmité l. - n do

L > i k i " . pour - Qtre et leur tin.

- mbattirent cono ■

r dans l'abîme. < >r. suivant t Ephrem, ils - luisirent aine

Dieu, immolant a - malheu-

ire et à la justice du Tout-Puis- - Pareillement, dans le paradis terrestre, Adam ■ Prêtre; et, tant qu'il persévéra dans la fidélité,

ar d'il. -nti-

ffrait lui-même, dit • tin: «t comme il étail ini ni -'«uil-

:iin<- <iu'il présentait ainsi à Dieu ment imi Adam s'offrait, et il offrait

l'uni sur lui. Nous disions, tout

à l'heure, que cet un

\ lam eu était le supplén Il donnait, pour ainsi dire, une intell e im cœur, une

le Pontifical «jui lui venait de Dieu, pour tout offrir, t<»ut I heu. < >ii «lit commune-

Pstr.Ul I Ml

COUP D'(EIL BUE LE88IÊOLE8 QUI ONT PRÉ( ÈDÉ L.'lN< UtNAT. L9

ment qu'en ce temps d'innocence, l'immolation <|ui amène lamorl delà Victime offerte, n'eul jamais lieu. Thomas- Bin a soutenu cette thèse avec une grande force et une grande autorité '. La tradition qu'il cite esi unanimesur ce point. On se demande seulement d'où provenaient « ces tuniques «le peau , dont Dieu couvrit miséricordieusement la nudité du premier homme après sa chute, au momenl même où il lui annonçait la Rédemption - ? Ne seraient-elles pas la dépouille d'agneaux Immolés? Mais, quand furent-ils immolés ? Saint Augustin enseigne que ces vêtements n'avaient pas été créés de DiF.r, en er moment, et qu'ils provenaient réellement d'animaux qui avaient vécu :!. Mais étaient-ils morts sans violence, ou avaient-ils été tués? Saint Ephrem suppose qu'ils avaient été mis à mort par Dieu lui-même, en présence de nos premiers parents, après leur chute 4. C'était une sorte de Sacrifice. S'il plût à Dieu de donner à Adam l'intelligence du Mystère de l'Agneau qui devait s'immoler et mourir pour son péché, ce t'ait devient singulièrement touchant. Adam, lui-même, aurait, dans un sentiment de pénitence et d'expiation, pris, en esprit, la place de ces agneaux dont la dépouille allait le couvrir, etse sérail uni à l'Agneau qui devait efficacement couvrir les péchés des hommesS» et qui, en réalité, dit saint Jean, a été tué dès l'origine du monde 6. »

1 De lncamatione,\\h. X, cap. ni, iv el v. l Bcit Dominus Deua Adœ etuxori ejus tunicas pelliceas. Qen.m,21. D( pellibus tunicas factas acceperunt; pelles autem detrahi consolent, nui animalibus mortuis. Enarrat.in ptatm, EnPs. cni. Enarr. i. n° 8.

- l'atr. ht., t. XXXVII, col. 1341.

' \|.. Ifosen Barcepha, D< Paradito, part I, cap. xxviù ■■ El verè l >< >minus Ephrem ail fartasse coram illis (protoparentibas) jugnlatas essepecudes, ul earum carne ipsi vescerentur, coriisque Btuun nuditatem cooperirnit. Patr. fr8Bcft CXI, coL578.

Psaume ixxi, i. Rom. iv. 7.

6 Agnus qui occisus esi ab origine mundi Apoe. un, 8.

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