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CHAPITRE XIV

80M AMOUR DE CONDOLÉANCE. — ENCORE DU ZELE DE LA GLOIRE DE DIEU ET DU SALUT DES AMES

Il en est de l'amour de Condoléance par rapporta I mii. comme de l'amour de Bienveillance. Djet a droit à une gloire extérieure et à une félicité accidentelle. Noua lui souhaitons l'une et l'autre, nous avons à cœur qu'il possède cette -luire et qu'il jouisse de cette félicité; rien ue uous coûte : travaux, sacrifices, souffrances, pour qu'il n'eu soit jamais privé. El c'est l'amour de Bienveillance qui excite eu nous ce zèle fervent, cette immolation généreuse ei constante. El nous réussissons quelquefois, e1 nous donnons alors à Dieu La consolation dont il esl parlé dans les Livres Saints : Dominus \labitur in nobis '.

Mais comme le Seigneur a. par ceux qui le servent,

ses Bujets de joie, il ressent, de la part de ceux qui l'of-

fensent, d'intimes ••! profondes tristesses. I esl enc< re

iture qui n<»us l'apprend2. Les plaintes de l»ni >

1 Dominas Deua aspiciet veritatem, el consolabitor in nobis, quemadmodum in proteatatione Cantici declaravil Moyaea : El in servis Bui ■olabitor. 1 1 liach. \ n, •',.

I • • Dominas dolore cordis intrinsecùs. Gènes, yi, 6. Dolor

aper dolorem ail Dominas , in me cor meam mœrens. Jerem. vin,

12 t BOH VM'MR DE I . — ENCORE DC ZÈLE

sont fréquentes. Nous les lisons surtout aux li Prophètes. Je n'ai cessé d'avoir les main- tendues mon peuple, dit le Seigneur dans Isa peu-

ple ne croil point à ma tendresse, et il me contredit, et il continue de marcher dans une voie d'erreur, égaré par ses propres pensées1. Cieux, écoutez; terre, |

ille; car 1<- Seigneur a parlé. Il a dit : J'ai nourri

je les ai exaltés; et Ils m'ont méprisé. Hélas I

je me consolerai; mais ce Bera en les frappant comme

• nnemis, et en exerçant sur eux ma v< On peut lire dans Jérémie de semblables plaint Dieu est affligé. Les péchés des honum vent jus-

qu'à lui et blessent son Cœur, en même temps qu'ils provoquent sa

- is doute Dieu demeure immuable, dans sa paii

ternelle *. Mais le péché qui contredit à tant il»- perfections adorables : à la Vérité de I un. à sa -

on Amour, à tous

droits di le Sauveur cai : un qui nous

- en JÉsi s-Christ . le péché est un désordre,

un mal qu'il repousse, qu'il condamne, qu'il liait d'un»'

haine infini- tte haine, étant dans 1<- cœur d'un

qui \"it. dans b< - propres enfants, les autrui

: truu

DE LA GLOIRE DE DIEU ET DU SALUT DP> sJOGB 125

cette iniquité, de cette ingratitude, de cet immense désordre, c'est la mystérieuse affliction, c'est la profonde tristesse dont parlent les Livres Saints.

Or, cette tristesse de Dif.u et l'abominable péché qui en est la cause, ont fait verser des larmes abondantes à tous les saints. « Sachez, et voyez, s'écriait Jérémie, quel sujet d'amère douleur est ce mal, qui vous fait abandonner le Seigneur votre Dieu!... Ah! qui donnera à ma tête des larmes, qui changera mes yeux en deux sources de pleurs i ? > L'amour de Dieu, tendre, filial, rend ses enfants fidèles inconsolables. Qu'il soit si bon, et qu'il ne soit pas aimé! si grand, et qu'il ne soit pas honoré ! si infiniment beau, et que les hommes ne soient pas occupés à l'admirer, à le louer, à l'adorer, à le glorifier! Qu'il soit essentiellement le Roi, le souverain Maître de tout ce que nous sommes, de tout ce que nous possédons, l'Arbitre absolu de notre vie et de notre éternité, que réellement il soit « Tout en toute chose 2 », et qu'il soit considéré et traité par les uns comme un étranger, par les autres comme un être gênant, comme un ennemi par plusieurs, un ennemi dont on voudrait se défaire, que l'on poursuit d'insulte et de haine 3!... Voilà

1 Jeram. n, 10. — rx, 1. •

» I Cor. x

3 II y a, sur ce sujet, dans un ouvrage, du P. Faber, le >• une i'.i tante que nous plaçons ici : - Partout où Dieu se montre

dans l'histoire, nous le voyons abandonné de ses créatures, comi

• quelque force répulsive ou centrifuge en lui, qui est le centre commun de tous les esprits, de toutes les âmes, de toutes les riea. Lasoli-

I i'l fait autour de lui à mesure qu'il s'avance. Il u>- peut panrenit •'

être connu, ni aimé; on ne veut pas croire en lui. Dans t. .us les temps

comme dans fuis [es lieux, le théâtre a toujours gté l*heureni rival de

■ la ville bruyante a toujours >-n plu- d'attrait que le tri-to ntonai

I le pouvoir civil plus d.- partisans que la pi cléaiatiqne.

Lea hommes aimeraient mieux être asservis par l'Etat, que de

émancipation à l'Eglise, D'un côté est le monde, do l'antre eai Drau,

126 » >N AJIOUH 1>K ' S ■ »RE DC El

l'inconsolable et perpétuelle affliction <!«•- saints. Va voilà l'inexprimable, l'immense >uj«'t <1»- tristesse et de douleur du Saint nts. Aucun langage, ni terrestre, ni ce-

. m- pourrait dire ce qu'était la mortelle ag

Cœur <1<- l'adorable Victime, a la vue d'un seul péché

mortel; <-t qu'était-ce donc «ni*- la vue * 1 < • t"ii^ 1<^ péchés

depuis Adam jusqu'à l'Antéchrist?... Nous

sommes en présence d'insondables abîmes d'amertume

et de désolation. I les le premier moment de sa vie, quand

JÉsi - dit : Voilà que je viens! , comme sur la croix,

quand il prononça ces paroles: Mon Dieu! mon Dm '

pourquoi m'avez-vous abandoi dans les jou

paisibles de Nazareth, et dans la gloire même du Thabor,

comme sous les coups de verges <!«■ la Flagellation et le

poids douloureux de la Croix, le sentiment de l'offense

fut sa plus cruelle Passion. 11 pouvait dire

opprobres dont vous 6tes i 'objet i

Bont tombés sur moi i. Et av< pprobres, que je

me, lea talents, l'influence. Bien pins, il an antre

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