CHAPITRE XIII
90» AMOUR I>K BIENVEILLANCE. — son ZÈLE POUR LA GLOIRE DE DIEU ET POUR LE SALUT DES AMES
Amour de Bienveillance envers DiF.r , - Zèle pour sa gloire, — Amour du salut <!<■* âmes, sont <I«'S termes <[iii expriment presque la même pensée. Car, avoir pour lui r de la Bienveillance, en d'autres termes, lui désirer du bien, ne peut signifier que Le désir de sa gloire extérieure, dont nous faisons la demande, lorsque nous disons : Que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ' : et cette prière exaucée, c'est le salui des âmes. Il est vrai que Dieu tire sa gloire, non seulement du salut des justes, mais de la perte volontaire dos pécheurs. Sa gloire consistera, au Jugement dernier et pour L'éternité, dans le triomphe de sa justice sur eux: mais il aurait voulu c'était son dessein miséricordieux, Le plan de son cœur do Père . il aurait voulu ne trouver sa gloire que dans la fidélité de ses créatures, d'abord, et ensuite dans lour saint éternel.
Il est doux de penser que tout ce que nous pouvons désirer à Dieu de bien, d'honneur, de triomphe en ce
I Maltl,. \i, 9.
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monde el en l'autre, 8e confond avec le salut <l<-> âmes, imme la maHèn «l»- sa gloire. 11 ue retirera en aucune manière la gloire qu'il avait en vue, en créant le monde, si les âmes périssent C'est bien la la charité <1<- notre Dieu, qui ne veut avoir, dans le temps, d'autres Intérêts que les Intérêts de ses enfants '.
Jési - le sait Notre douce Victime viendra en ce iii"ii-l«' pour la glorification de son Père, pour »>n règne, pour L'établissement <-t la dilatation de son empire; mais, parce que tout cela ne peut ><• réaliser qu'en lui conquérant les âmes, il n'y aura dans bob Cœur qu'un même amour, également fort, également consumant, ment immolant, et également persévérant : l'amour <lu triomphe de son Père <-t l'amour des âmes. A cette fin, quelle est la \ i«- <!<• ce miséricordieux Rédempteur? Il I>ii<" sans il souffre, il travaille, il s'offre en
time. Il 'lit : Je Buis venu jt-tn- du feu sur la ten que dé8iré-je, sinon que la terre B'embrase *? C'est \<feu de l'amour de Bienveillance, ce sont les ardeui son zèle pour l'honneur de Bon Père, c'est la brûlante charité qui !«• consume pour les âmes. Il faut absolument tri-. lupin-, et que !• Boient rach<
• i.i. Les trente-trois années de sa vie Boni toutes remplies de cette passion Ultérieure; mais c'est Burtout aux jours de sa \\<- publique, qu< amour apparaît d'une manière plus Bensible. \\ ec quelle tendre affection, il parle de Bon Père et des droits qui] notre fidélité ! Comme il veut gagner les am<
! • n*tnr:«
POCB l-A GLOIRE DE DIEU BT POUB LE SALI T DES Wll> 117
service ! Comme il s'efface lui-même, pour que toutes se tournent vers ce Père bien-aimé M Quand il sera élevé de terre, il attirera tout à lui- : mais il t'ait à 8013 Père L'honneur de ce grand succès. Nul ae peul venir à moi, dit-il, à moins que mou Père, qui m'a envoyé, m- l'ait attiré. Quiconque écoute d'abord 1<- Père m comprend -a parole, vient à moi 3. Il meurt pour satisfaire son Père, • •n réparant sa gloire, et pour sauver qos âmes, en les arrachant à leur ennemi. Dans le mystère de sa Résurrection, ni la gloire du Père, ni la sanctification de nos âmes ne seront oubliées *. Le vénérable M. Olier écrit dans une de ses lettres : Notre-Seigneur, dans 1«- temps de sa Résurrection, pliait incessamment pour la sanctification du Saint Xom de DiF.r, et l'exaltation de sa gloire. 11 était dans un désir ardent de l'augmentation de l'Eglise; il priait son Père qu'il lui plût établir but la terre son Eglise, qui est son véritable royaume, où il est reconnu Roi, où il a ses sujets, où il est obéi, où il t'ait observer ses lois ~>. »
Puis, viendra le jour où ce doux triomphateur, qui sera
vainqueur parce cpu'il est Victime, comme nous l'a appris
saint Augustin. Victor quia Vtctima,8e sera soumis toutes
âmes qui doivent composer son Corps mystique.
Alors la tin scia venue, dit ^aint Paul; 1«' Fils remettra
lin.- dicis bonum? Nemo bonus niai solus Deus. Luc. xvm, 19. .mi. mi. .;■'.
i-niiv ad me, niai Pater, qui misit me, traxeril eum... Km scriptum in Prophétie: Kt erunt omnes docibiles Dei. Omnis, qui amlivit ;'i Pâtre, et didicit, venit ad me. Joann. vi. il. 16.
rexit à mortuis per gloriam Patris. Boulti, L Resurrexil propter justincationem nostram. Rom. iv, 25. Noua liaona dans une oraison, ao temps de l'Avent : Per ejus $altUifera Ressurrectionia potentiam, ad eter-
ii.-tm reamur pervenire letitiam. S ■ I" mentibua nostria». dé
Lettre CXLH titre: De la
y,i//- rapport à Vitai
118 fi 80S
i Dieu <-t au P le Fils 8e Boumettra
lui-mêm< s h Humanité et «-n qualité de Prêt
d'Hostie éternelle à Celui qui lui aura t<«ut soumis, de
que l 'n i -"ii i«»ut en t<»ut<- chose '.
-t 1<- terme »1<' la mission <lu Fil>. Comme on 1<- voit, ce Fils incarné, cette généreuse *-t amoureuse Victime, sépare jamais dans son amour, <lau- ses œuvres, dans Bon immolation, dans xui triomphe, Bon Père, <l<>nt la gloire est la fin <!<• t«>ut. <-t l<-> âmes, dont le salut est la matière de cette gloire.
• là une grande leçon «|ii<' doivent méditer bouvenl les hommes apostoliques. Car, si dous n< « l n « - les âmes seules, <-t non ce qu'elles — • » 1 1 1 pour le triomphe de Dieu et de notre Sauveur, il arrivera i»«utêtre <iu<- leur état misérable de péché »-t leur» défauts ii<iu> rebuteront; ou i»i»-ii encore, nous contenterons-nous d'espérer qu'ell< onvertiront avant la mort, <-t.
puisque 1«- salut éternel est définitivement atteint par une bonne mort, uous semblera-t il que c'est qu'il ne faut pas se préoccuper davantage »1<- leur mrés que nous sommes par cet espoir. 8 tandis que ces âmes vivent dans le péché, ••11»-- ne glorifient pas Diei , elles ne lui font ]>a>> honneur, • •ll«-< ne rendent pas hommage à son domaine, à ses droits, rédemption, à son amour. Si, au contraire, uous unissons l'amour de Dieu, l'amour de Bienveillance à l'amour des âmes, nous possédons la vraie <■! complet e <l<-
l'homme apostolique
POUR LA GLOIRE DE DIEU ET POUR LE 8ALUT DX8 \MI.s 119
Nous aurons à revenir plus tard sur cette pensée, qui nous présente le zèle comme le fruit de l'amour divin, fruit d'autant plus abondant, fécond, propre à réjouir L'Eglise el à sauver le monde, que l'amour de Bienveillance Bera plus ardent, plus profond, plus habituel dans une âme sacerdotale.
Jésus, Prêtre el Victime, est notre grand modèle. Il ne \.»it jamais les âmes que dans son Père. Il dit expressément : Je connais mon Père et je donne ma vie pour mes brebis1. Dès lors il ne s'épargne plus, dit saint Paul -. Tous les sacrifices, tous les supplices lui sont chers. Il aurait pu vivre sans souffrance, et même
dans la joie :i : c'est la douleur, la contradiction et l'opprobre qu'il choisit. Il disait un .jour, pour que nous n'eussions pas à ignorer cette immolation de Lui-même qu'il avait à subir sans cesse: Génération perverse! jusques à quand vous supporterai-je l? L'amour des âmes partout triomphe, soit que Jésus endure l'opposition, la persécution, la malice des Pharisiens et des Scribes, soit qu'il bénisse Les petits enfants, qu'il console Les affligés*, qu'il guérisse les infirmes et Les malades, ou qu'il se laisse presser el comme fouler par la multitude. Comme il donnera un jour son sang, il donne sa parole, ses conseils, ses encouragements, il multiplie ses belles
• •* [ndes, an Japon, en Maraignan... C'est cette passion sainte qui fait tant écrire de li\ res de piété, tant fonder d'églises, d'autels, de maisons pieuses, et, en somme, «i"i t'.-iit \ eiller, t r.-i \ ailler <-t mourir tant <l<- serviteurs de Diki entre les flammes du zèle qui les consume et dévore. S. François de
Baies, Traité dt l'amour dt I Ht », li\ . V, chap. ix.
- it uovil nu- Pater el ego agnosco Patrem; et animam meam pono i :lin~ nui*. Joann. \. 1">.
l niiii Christine non sifoi placuit, sed sicul scriptum est : (mproperia improperantiumtibicociderunt super me. Rom. \\..'i.
Hebr. mi. -'.
• Quamdiu apud voh ero? Qnamdiù vos patiar? Marc, in, 18.
L20 BON fi
et touchantes parai». .les. n >(> dit le bon Pasteur, i quels termes! Rappelons-nous cette admirable révélation du Cœur de notre douce \* i*t im* ■. Je suis 1«- bon Pasteur. Le bou Pasteur donne sa vie pour ses br<
nque n'est point pasteur, et « jui ne possède pas en propre les brebis, voit venir le loup, t-t il abandonne les brebis, et il fuit... Je sui- le bon Pasteur; «-t je connais mes brebis, et 1 1 1 • - -> brebis me connaissent. Comme mon Père me connaît, je connais mon
ses v ues, ■ ins, 3a \ olonté, cette misé-
ricordieuse condescendance qui lui a t'ait mettre sa gloire ici-bas dans le salut des pécheurs . et c'est pourquoi je donne ma vie pour mes brebis. Kt j'ai d'autres brebis qui nesont pas de ce bercail; il faut que je les an et elles entendront ma voix, »'t il n'y aura qu'un troupeau et un Beul Pasteur. Voici pourquoi mon I m'aime : c'est parce <iu«- j acrifie ma vie, pour «ni»' de il-. u\ eau je la reprenne '.
0 luii ! quelles merveilleuses paroles! Je suis 1<> bon Pasteur... Je donne ma vie pour mes brebis... i
donne ma vie, que mon Père m'aime... J'ai d'autres brebis; il faut <|u«- je les amène!... <Vm le cara 'est la fin, c'est l'œuvre de sa mission
l'aimen I dire la gloire et le contentement
qu'il en doit éprouver. El ce doux : il faut, dil le \ rable Auteur des Eléi sur la ri, ,t U\ doctrin* dé
tous il fau I un monde, un \ rai
monde de lumière, de bonté, de i . de
ilation, de salut. Il faut : c'est l'éternelle volonté de l mi i . son déci et formul elle : quelque < I
équent, d'immuable, de souverain, d'irrésistible.
POl'K LA (.LOIRE DE DIEU ET TOUR LE SALUT DES AMES 121
« Il faut » : c'esl le besoin de l'amour, qui commande même à la puissance et donne le branle à la volonté. Cest, en outre et par suite, la volonté et le besoin de JÉSUS, entré tout entier dans Les saintes amours de son Père, et absolument docile et livré à tous ses vouloirs. « Il faut » : c'est le but de son Incarnation et le prix de son Sacrifice... Cela ne coûtera pas moins que la vie de JÉSUS; n'importe, « il le faut, oportet. » Cela n'aboutira point, sans que des milliers d'apôtres s'y dévouent, s'y dépensent et succombent à la peine; des millions de martyrs le paieront de leur sang. JÉSUS voit tout, compte tout, pèse tout; et cependant il dit : « Il faut que j'amène aussi les autres 1. »
Nous savons pourquoi il monte au Calvaire. Le pieux M. I Hier nous a appris quelle était son occupation après être ressuscité. Son Ascension fut son triomphe et le triomphe de son Père; c'était aussi (et voilà une autre joie profonde de son Cœur . c'était aussi le triomphe, annoncé et s'accomplissant déjà en sa personne, de toutes les âmes fidèles à son amour -\
Il nous a donné sa Mère, il a fondé son Eglise, le Sacerdoce, la saint»' Hiérarchie, Les Sacrements, il a promis d'être avec nous jusqu'à la consommation des siècles, par sa grâce et son assistance, qui jamais ne feront défaut à ceux qui gouvernent el à ceux qui obéissent.
Des âmes sauvées: voilà L'incessant hommage, Le culte, Le témoignage d'amour qu'il veut donner à son Père -;.
Toujours vivant dans son Corps mystique, il esl seul
i LVI / vation t. I. p. 160 .
[uo minus, dixûsem vobia ; quia vmào parare vobia locum... ut ubi
■nmefl ùtia. - Joann. xrv, 2. 3. Et conreauaeitavit, et con
fecit in cœleatibua in Chriato Jesu. Eph. a, 6.
I >■ i.i cette parole de saint Grégoire Le Grand: Nullum omnipotent
rificium, qnaleeat eelna animarum. — llomil. \ II. I
d.80. Patr.lat.t l.XW 1. col. 932.
- N LMOUH DE niKNVKM.i. \\tf
le principe uV tout le bien qui B*y opère, i
uements qu'il inspire, tontes les immolations <|u'il commande,les 1rs qu'il Buscite, les Saints les 3 qu'il fait apparaître, les luttes dans lesquelles il
il veut que nous ayoi tains temps de triomphe qu'il nous donne: tout ut un ensemble de moyens, dont réussir à atteindre la tin unique qu'il aime : Bon Père glorifié et les âmes sauv<
' qu'il est vraiment beau, ravissant, digne de toutes nos félicitations, adorations et louanges, l'amour di
• de notre Hostie, Ji - : amour lui est un poids qui le pr< — ! Quand il disait : Je dois être baptisé d'un baptême de Banj
mmeje Buis ; que ce baptême me soit do]
il parlait de ce qui devait être la consommation œuvre, de l'œuvre de son amour et de son zèle; car ps le Père aurait tout ce qui lui est dû d< . et
les &m< demption. M le tout
1 ; i'il est touchant l'Enfant de Bethléem, et l'Ad I izareth, et le Dieu si
humble <1<' la Vie Publique, et le doux Agneau que Ton duit à la boucherie, et adorable Crucifié, tout
haletant, tout op] Ida douloureux
aimé, mille amour de I
1 • • lliritud'
. Insuccè tûmes autant ni tour à tour oppi
tout ai un
tel feu, '!•• • deurs consumai •■ ivifiant
émus, mais si heureux d mpler un tel sp<