LES CAUSES DE L'HUMILITÉ DE JÉ
mais il est créature, pour être, en cette condition, la Victime de Dieu. Et voici une autre cause admirable de ses incomparables abaissement-.
II. Le Verbe incarné était, en ce monde, en sa qualité de créature et de Victime, toujours en état d'adoration devant son Père. Qu'est-ce à dire? Il s'était présenté à son Père dès le premier moment de son existence créée : et depuis il ne cessait de contempler, dans la lumière même de la gloire, l'Etre infini, la Majesté éternelle, toutes les perfections de ce Père, son Principe, son Auteur, son Tout; et il était devant Lui, par état, par vocation, par devoir, par amour, et perpétuellement, à tout instant, -ans interruption aucune. Quels pouvaient être les sentiments de Jksus, ainsi consacré Victime ? Par quelle Religion pouvait-il reconnaître ce Tout éternel, immense, infini, lui véritablement rien par son fond, mais doué, par la volonté du Prie , de l'être le plus parfait qui puisse sortir du néant?... Il ne nous est possible de concevoir la Religion du Verbe divin, que par le plus profond, le plus universel , le plus absolu anéantissement. L'acte leur par lequel nous voulons exprimer à Dieu notre servitude, notre infériorité, c'est la prostration dans l'adoration. L'acte intérieur doit donc être une prostration de tout l'être ; el qu'est-ce que la prostration de l'être, sinon tout ce qui ressemble à un véritable anéantissemenl ? L'être créé considéré isolément paraît avoir quelque importance, comme une petite lumière u'esl pas sans gloire au milieu des ténèbres. Mais qu'est-ce «i1"' l'être créé «mi présence de l'Etre incréé? Ces! cette faible
i Origène : Vid. / i ll<>m. XVII jnxte Hieronjm. IV u. 4.
l'.itr.. t. XIII. coL 168. In \ Soin. CowtmcnL, lib. III, n. 6. —
I'atr., t. XIV, col 989.
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