I.1U Mll.l
l< Saint, l'Innocent, l'Immaculé, essentiellepécheurs i et de tout péché. El cepenimputatiou mystérieuse, œuvre ■ de la puissance, de In sa de la
ricorde <!<• I mit. il a été considéré par 1 comme > il était 1<- pécheur universel, l'uni-
• riminel de la terre, bien plus encore, s.-i<»n une parole de saint Paul, il a été regardé et traité comme s'il «'-tait le péché même. ilnm% ■"/// . /</•<< imtii- m /'< lit
nsuit-il ? Il s'ensuil que, dans <<-\ état, en cette
lition effroyable, il méritait toutes les rigueurs, t"iis
oups de la el de la vengeance «li\ ines.
t un décret <!<• l'éternelle Justice, que le péché
t puni et vengé, selon toute la rigueur <|u il mérite
le méritent !<• péché et !«• pécheur qui 1<' com
•h- un instant dos regards vers l'enfer. < î'esl là • puni. dans la justice <•! la \ éritt tain! Thomas nous a appris, que l'indulgi nce du dans la condamnation des coupable* lu pécheur dans l'enfer V Qui nous dira
victime d'expiation 159
ce que c'est qu'un damné ? Qui nous peindra cette horrible difformité, cette insupportable Laideur, L'avilissement extrême de cette âme, dans Laquelle il n'y a, pour ainsi dire, plus de trace de l'œuvre de Dieu, plus d'ordre, plus d'harmonie, plus aucun bien, quel <iu*il soit 'y* Le mal, dans toute sa repoussante et détestable horreur. Le pécheur, qui est encore sur la terre, ne Laisse point voir une humiliation m extrême; mais, en réalité, il la porte dans son âme; et s'il venait à mourir subitement, on peut dire qu'il descendrait dans l'enfer, comme dans le Lieu qui lui convient, où il serait vraiment à sa place, sans qu'il fût nécessaire d'une sentence de lui r pour L'y précipiter.
Quel état ignominieux est «loue celui d'un malheureux pécheur! Cet état est naturellement et nécessairement L'objet de la haine, le Diki -. sa Saint et.'' le hait, le condamne, le repousse, en même temps, il est vrai, que sa miséricorde le protège; mais il ne tient pas au pécheur, qu'il ne -"ii frappé des coups les plus cruels de l'amour outra-»'', et qu'il ne soir rejeté à jamais dans L'enfer. Il en mérite la hideuse ignominie; il en mérite aussi Les épouvantables peim
Eh bien ! JÉsi 8, notre douée Victime, fut mis très réellement à la place de tous les pécheurs, pour recevoir en lui. afin de Les Leur épargner éternellement, tous Les effets de la divin.' clore, allumée au feu de l'infinie Sainteté. Et c'est pourquoi sa vie ue l'ut que pauvreté, misère, contradictions, humiliation, abjection... Saturàbitur opprobriis :;. La Naissance, La < îirconcision, la fuite en pte, la vie cachée, le Baptême, La tentation, La vie
1 l'Iii Dallas ordo, sed seaipiteraufl horror inhabitat Job - <><ii,, Bunl I>''" impiiu el Lmpietaa ejua. Sap, \.\. '.'. •' Thren. m, 30.
160 i.'himii i - -
pabli cusationset la haine des Pharisiens
- affligeants caractères; mais
ion, l'incompréhensible Passion, qui
•..m-' la honte «-t l'ignominie d<
spiation. Là se \ érifie, dans toute
parole si étonnante de saint Paul: Pro-
obis omnibus 'hou ». Sod Père le livra sans compassion : .limait, nous ingrats <-t rebelles, dignes olère, plus qu'il a'aimail bob propre Fils -'. is, il ir livra à toutes les insultes, à tous les ;t ce «|ii«' la malice, la fureur, le délire de la i faire inventer aux hommes. Le Père 1«' t l'humble Victime se livrait... Nous abon un <\<~> plus accablants Mystères. Nous ne savons i 1 1 ii veuille iimi^ permettre de 1. • •t. Nous ne noua rappelons pas d'avoir i i.-n lu de pareil sur ce \ aste '-t profond sujet il il donc dans bs Passion ? Le voici en un mol • autetnjudicanti >< injuêtt : Il indonnait à celui <|ui le jugeail injuste e «lit de son juge, se <i"it entendre • mimait <!<• t<.u^ ceux <|ui entreprennenl de 1 in il se donne à eux, pour en faire lient. < »n le veut baiser, il donne les leil li<-r. il présente les mains : on !<• \ eut • ipj fiipa de hAtons, il
• 1 l«-r inhumainement, il tend les i
VICTIMK D'EXPIATION H')J
on l'accuse devant Caïphe et devant Pilate, il se tient pour tout couvai ne u : Hérode et toute sa eour se moquent de lui, et on le renvoie comme un fou; il avoue tout par son silence : on L'abandonne aux valets et aux soldai il B'abandonne encore ]>lus lui-même : cette face autrefois si majestueuse, qui ravissait en admiration le ciel et la terre, il la présente droite et immobile aux crachats de cette canaille : on lui arrache les cheveux ei la barbe ; il ne dit mot, il ne souffle pas ; c'est une pauvre brebis qui se laisse tondre. Venez, venez, camarades, dit cette soldatesque insolente ; voilà ce fou dans le corps-de-garde, qui s'imagine être le roi des Juifs; il faut lui mettre une couronne d'épines : Tradébat autem judicanti se injuste; il la reçoit : et elle ne tient pas assez, il faut l'enfoncer à coups de bâton; frappez, voilà la tête.Hérode l'a habillé de blanc comme un fou : apporte cette vieille casaque d'écarlate pour le changer de couleurs; mettez, voilà les ('pailles : donne, donne ta main, Roi t\r^ Juifs, tiens ce roseau en forme de sceptre; la voilà, faites-en ce que vous voudrez. Ah! maintenant ce n'est plus un jeu, ton arrêt de mort est donné; donne encore ta main, qu'on la cloue; tenez, la \'<»iia encore. Enfin, assemblez-vous, 6 Juifs et Romains, grands et petits, bourgeois et soldats; revenez cent fois a la charge; multipliez sans tin les coups, les injures, plaies sur plaies, douleurs sur douleurs, indignités -ni' indignités ; insultez à sa misère jusque sur la croix: qu'il devienne l'unique objet de votre risée, comme un insensé; de votre fureur, comme un scélérat : Tradébat mit* m ; il s'abandonne à vous Bans réserve; il est prêt à soutenir tout ensemble tout ce qu'il y a de dur et d'insupportable dans une raillerie inhumaine et dans une cruauté malicieuse '. »
1 lrr Sermon pour U Vendredi Saint, % point.
i.'mi mii.i - -
prO twblJ* <>/////>
radiait >< nu tipsum livrait, et JÉ81 - se livrait lui même s i! \ .1 un Mystère de douleur el d'hueul semble agir. < J'esl le plus d< - permette de laisser toujours rêque, qui es! entré dans les secrets telle justice, comme il nous >«-nii»l«- qu'aucun fait 11 «lit :
nd coup du Sacrifice de Jésus-Christ, qui abat publique de tous les pécheurs aux pieds de • . .|.-\ ait être frappé but la croix, el venir d'ui sance que celle des créattu •
:. il n'appartient qu'à 1 ui i de \ eng< i sea pi tant que sa main ue B'en mêle pas lit punis que faiblement : à lui seul apparimme il faut, justice aux pécheurs • ni a le sez puissant pour les traiter selon
A moi, à moi, «lit il. la vengeance : eh ' j<' tien rendre <•■• qui leur est «lu : Mihi vin ibuam. Il fallait <l"ii<-. mes Frères, qu'il . Fils a\ ■•«• toutes ses foudre en lui h..- péchés, il \ <1«'\ ait mettre Il la lait. ( Chrétiens; n'en dou ,ii«.i le même prophète nous apprend di ! a\ oir 1 1 x ré à la \ olonté d( ■ niant être «!«• la partie, l'a rompu
nain tOUte |>uisx;int< / '
,i in/ifiiiittit, . Il la t'ait.
1 il- un
pllce:
le |..-u\ ont
VU TIME d'expiation ]•;:>
Saint Pau] nous en donne une idée terrible, lorsque, considérant d'un côté toutes ces étranges malédictions, que la loi de Imii attache justemenl aux pécheurs, et regardant d'autre part <!<•* yeux de la foi Jésus-Christ tenant leur place en la croix. Jésus-Christ devenu péché pour qous, comme il parle; il ne craint point de nous dire, que Jésus-Christ a été fait pour nous malédiction le grec porte exécration . et cela de la part de Dieu : car il est écrit dans la loi, et c'est Dieu même qui l'a prononcé: Maudit de Dieu est celui qui est pendu sur le bois . Et saint Paul nous apprend, Messieurs, que cette parole était prophétique, et regardait principalement le Fils de Dieu, qui était la fin de la loi : c'est pourquoi il la lui applique déterminément. Le voila donc maudit de Dieu : l'eussions-nous osé dire, l'eussions-nous seulement osé penser, si le Saint-Esprit ne nous l'apprenait? Mais puisque cette doctrine vient de si bon lieu, tâchons de l'entendre comme nous pourrons.
Je trouve, dans l'Ecriture, que la malédiction de lui r contre les pécheurs les environne par le dehors: Induit maledictionem sicut vestimentum : Il s'est revêtu de la malédiction ainsi que d'un vêtement : qu'elle pé notre plus avant, et qu'elle entre au dedans en s'attachant aux puissances de l'âme : Tntravit sicut aqua in interiora ejus ; et enfin qu'elle la pénètre jusque dans le fond de sn substance : et sicut oleum in ossibus ejus: et comme l'huile jusque dans la moelle des os ■ Jésus Christ mon Sauveur, avez-vous été réduit à ce point? < »ui, n'en doutons pas, < Ihrétiens ; la malédiction l'a environné par le dehors. Son Père, qui, durant le cours de s.-i vie, s'était plu tant de fois de donner les marques de l'amour qu'il avait pour lui. maintenant le laisse sans
î.'m Mii.i a -
aucun témoignage de protection :
udrez, je L'abandonne. Kt que fa
alors qu'il le fallait secourir : Ci ' Pourquoi r.
bî loin, <jii<- \ ous ne parais
lortunitatibuê : Vous dédaignez de
a le temps de son besoin et de son afflic-
]i la }»lns importante. Voilà les Juifs
qui 1 formels, que s'il descend «!<•
i ont «-U lui : c'est ici qu'il faudrait que
sent; c'est le temps où il faudrait I
1 ■ lui ci est mon Fils bienle ti.'l est d'airain sur sa tête : bien loin <!<• aucun miracle, il retire jusqu'aux rques <1<- protection, jusque-là que Les tant bien ce prodigieux abandonnement, mtre Ji si s < Ihrist, pour en faire !«• leur fureur. Après avoir achevé toutes leurs nt retirés de lui jusqu'à un autre que les saints Pères inter mps «I- sion, qui était m effet leur
penser -i l'ayant remu< • ■•nt dan 'ii. maintenant que voici leur
n ils lui auront fait sentir < I '• >n r
i malédiction de Dif.i ins, et n appe Jèsi - < Ihrihi d
que dans l'Écriture, que I >n i a un • I un \ isngc pour l< ' i pour l< m <•!
• les nuages, • pi i calme les troubles • lui la remplit d'une -• inf . i
maintenant la chose est changée : il y a un autre visage, que Dieu tourne contre les pécheurs, un visage dont il est écrit: Vultu8 auU m Domini super facientes mala : « Le visage de Dieu sur ceux qui font mal: » c'esl 1»' visage de la justice. Dieu montre à son Fils ce visage, il lui montra cet d'il enflammé, il le regarde, uon de ce regard doux et pacifique qui ramène la sérénité, mais de ce regard terrible -.< qui allume le feu devant soi : » Tgnis ht conspectu ejus exardescet, dont il porte l'effroi dans les consciences : il le regarde enfin comme un pécheur, et marche contre lui avec tout l'attirail de .sa justice. Mon Dieu, pourquoi vois-je contre moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés V Visage de mon Père, où êtesvous ? visage doux et paternel, je ne vois plus aucun de vos traits, je ne vois plus qu'un Dieu irrité! Deus, Deus meus ! 0 bonté ! ô miséricorde ! ah ! «pie vous vous êtes retirée bien loin! Deus, Deus meus, ut quid dereliquisti
rtn .'
« Troisièmement, Messieurs, la malédiction de Dieu va pénétrant dans le fond de son âme : il n'appartient qu'à lui de l'aller chercher jusque dans son centre. Le âge eu est fermé aux attaques les plus violentes des créatures; Dieu seul en la faisant se l'est réservée;mais aussi, quand il veut, « il la renverse, dit-il, jusqu'aux fondements: Commovébit illos à fundamentis. Cela s'appelle, dans l'Écriture, briser les pécheurs : Dominus <■,>,/ teret scelesios et peccatores. lit pour donner la perfection au Sacrifice que devait le divin JÉSUS à la . Justice divine, il fallait qu'il fut encore froissé de ce dernier coup : el c'esl ce «pic le prophète a voulu dire dans ce passage, qui s'entend do lui a la lettre: Dominus voluit conterere eum in infirmitaU : Le Seigneur a voulu le briser dans SOU infirmité. » N'attende/, pas, mes Frères, que je vous
î.'m mu : - -
: maiscon eulemeni
qu'il ■'' I '" ' sentit en lui-même une
. pour s'écrier comme il lit : I il
. m'abandonnez-vous? Il fallait
ie la divinité de hrisi se fût comme
i que, ne faisant sentir sa pré-
taine partie de l'ôme, ce qui n'est
Diei qui sait diviser l'esprit d'avec
elle eût abandonné
ps de la \ engeance divine; ou que,
• inconnu aux hommes, ou par
straordinairc en J] si B
i\ 6 le ni"\ en d'acrorder ensemble
: i l'homm i ette es
où l'Horam - < 'iii;i>i a été pi
multipliés <!<• la vengeance rte toul cela B'est fait, ii<- 1<- demantant y a qu'il est infaillible qu'il seul effort d'une angoisse inconcevable, r du fond <!<■ son cœur cette éti ; ■ Q -, e dereliqu
le M
■ m. -m . Diei était opérant liation «lu monde, ne leur impu en même temps qu'il frappait, i\ hommes : il rejetait boii Fils, <-t il
lait en i ■ M .1 de miséricorde . Patt r, pour pour lu passait en m
d'humiliation i éduisil mot] <•
doux Rédempteur sa condition de Victime d'expiation. Les saints Pères ont compris ce mystère du Christ abaissé jusqu'à ces insondables profondeurs '. Peut-être maintenant commençons-nous à eu pénétrer te secrel : mais n'oublions pas que si Jésus esl uotre Victime, il es1 aussi notre modèle. Si celui qui ne connaissait pas le péché, a été traité comme s'il était le péché même : et si aucuu abîme ne lui a paru assez profond pour y des cendre, comme pour se mettre à sa place, s'étant fait uotre caution, notre répondant, notre Bostie, quels doivent être en nous, qui avons mérité l'enfer, l'enfer avec supplices, ses opprobres et son éternité; quels doivent être notre inclination pressante et notre besoin impérieux de non- abaisser, de nous confondre, de nous perdre dans les abîmes de l'abjection et de la honte ?... Nous ne descendrons jamais assez bas; mais demeurons fidèlement unis à notre douce Victime, pour que nous demeurions toujours dans la vérité, la simplicité et la paix, même au fond de ces enrayants abîmes.
1 si inglorins, si ignobilis, si inhonorabilis, mens erii Christue : talia enim habita >'t acUpectu annuntiabatur. Tertull., Adv. Mareion. lib. III, c xvii. - Patr. lat., t. II, coL 344 Lire Bossnet, commentant ce texte, n tur Jisut ' : Icomiru objet dt scandale, 2' Dim.de l'Avent