‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 95 sur 204 · LE BACRI7ICE DE BON 0OBP8 MYSTIQUE · texte numérisé non relu

LE BACRI7ICE DE BON 0OBP8 MYSTIQUE

éviter d'entendre Bossuet, but ce point de doctrine.

« Le Prêtre commence Le premier, et, à L'exemple de

Jésus-Cheist, qui a été tout ensemble le Sacrificateur et

la Victime, il s'offre lui-même avec son oblation : c'est ce que signifie la cérémonie d'étendre les mains sur les dons sacrés, comme on fait un peu avant la consécration. Autrefois, dans L'ancienne Loi, on mettait la main sur la Victime, en signe qu'on s'y unissait, et qu'on se dévouait à Dieu avec elle : c'est ce que témoigne le Prêtre, en mettant ses mains sur les dons qu'il va consacrer.

« Tout le peuple, pour qui il agit, entre dans son sentimont; et le Prêtre dit alors, au nom de tous : « Nous vous prions, Seigneur, de recevoir cette oblation de notre servitude, et de toute votre famille»; où nous apprenons, non seulement à offrir avec le Prêtre les dons proposés, mais encore à nous offrir nous-mêmes avec eux.

« L'Église explique encore cette oblation par ces paroles: « Nous vous prions, ô SEIGNEUR, qu'en recevant ootio oblation spirituelle, vous nous fassiez devenir nousmêmes un présent éternel, qui vous soit offert: nosmetipsos t'iiii perfice munus œternuvn ■ ; ce que L'Eglise répète souvent en d'autres paroles; et c'est aussi la doctrine de saint Augustin en plusieurs endroits, lorsqu'il enseigne que l'Eglise apprend tous les jours à s'offrir elle-même à On su, dans Le Sacrifice qu'elle lui offre.

« L'ancienne cérémonie, où chacun portail lui-même son oblation, c'est-à-dire son pain <t son \ in, pour être offerts a L'autel, confirme cette vérité. ( !ar, outre qu'offrir à Inir Le pain el le vin. donl ootre vie esl soutenue, c'est la Lui offrir elle même, comme chose qu'on tient de lui et qu'on lui veut rendre, Les saints Pères "in remarqué

dans Le pain et dans le vin un composé de plusieurs

grains de blé réduits en un. <i de la Liqueur de plusieurs

'•!•• : el il- «-ut regardé ce comj comme une figure de tous les fidèles réduits en un bouI j, pour s'offrir a Dieu en unité d'esprit: ce qui ;i fait dire à saint Augustin, que toute la cité rachetée était éternel <!<• la Trinité Sainte.

« Lorsqu'on portait ainsi «>u pain el son \ in. chacun ;t aussi, av< 3 dons, ses vœux >-\ ses besoins particuliers pour être offerts à Dieu avec eui

ompagnait <«-tt«' oblation par cette prière:

<■/. propice, à Seigneur, à nos prières, et rec<

d'an œil favorable ces « »J»i;iri< .n- de vos serviteurs e( de

rentes; afin que ce que chacun vous a offert en

l'honneur de votre nom, profite à tous pour leur salut:

par -: [rist Nbtre-Seigneur.

♦ Q toique cette cérémonie, d'offrir en particulier son

pain .-t s. .11 vin. H.' -uiivjvt,. plus, 1«- fond en est immuable;

devons entendre que ce Sacrifice <l"it. en effet,

ifferl par tous les fidèles à L'autel, puisque c'est tou-

pour eus ton- que le Prêtre y assiste.

Mi:- lorsque les dons sont consacrés, <'t qu'on offre

actuellement a lut r le corps 'lu Sauveur, c'esl une no*

velle raison de lui offrir de nouveau L'Église, qui est son

un autre sens, <-t l<--> fidèles qui en sont les

membres. Il sort du corps naturel de n«.tr<- Sauveur une

impression d'unité, pour assembler, el réduire en on, tout

mystique; el on accomplit l<- mystère «lu corps

CiiuiMT, quand on unit tous bss membres pour

lui i. >

turgiqu* lui prières, H en

tout qu< i .-mai quer. L'm

ration, i

bS SACRIFICE DE BON CORPS KYSTIQUE 239

constance et ce qu'elles expriment, ue sont explicables qu'à la condition de reconnaître la vérité de la doctrine de l'union de JÉsus-< îhrist el de L'Eglise, dans 1 '( iblatioE du même Sacrifier. Voici la première prière:

Suprà quœ propitio m- sereno vuïtu respicere digneris, tf accepta habere sicuti accepta habere dignatus ea mimera pueri tuiju8tiAbel,etsacrificium patriarchœ nostri Abrahœ, et ({iiod tibi obtulit Su m mu s Sacerdos t/nis MeIcMsedecht sanctum Sacrificium, Tmmaculatam Hostiam. »

La ( îonsécration étant faite, JÉ8U8-< Ihbist est Lui-même L'Oblation, le Sacrifice; comment donc cette supplication est-elle convenable? La divine Victime pourrait-elle n'être pas vue du Père « d'un visage propice et serein? Et se peut-il que Ton compare un tel Sacrifice à celui d'Abel, d'Abraham et de Melchisédech?

L'autre prière n'est pas moins surprenante: Supplices té roffamuê, omnipotens Deus:jube hcecperferritpermanu8 sinivti Angeli fui, in sublime altare tuum, in conspectu damna Majestatis tuœ... » Pourquoi l'intervention de cet ange? Ln Médiateur serait-il nécessaire entre la divine Victime qui est offerte et le Dieu à qui elle est offerte, pour qu'elle lui soit agréable? Car nous pensons que cet ange n'es! pas Notre-Seigneur lui-même, mais celui dont parle saint Jean an chapitre vin- de L'Apocalypse, à qui es( confiée l'oblation des supplications des saints '.

Ces deux prières ne sont pas Beulemenl étonnantes,

' F.t al ins Angélus vcnit, et stetil ante altare, habens thuribulum aureum; e1 data sunl illi încensa multa, ut darel 'I'' orationibua Banetorara omniam super altare anream. Apoc. vm, .s. C'esl le sentiment <lu Pape Innocent III. Dt Mytterio Mùtœ. Bossuet dit, l'adressant I os nouveau catholique : « Vus anciens ministres qui éludenl t<>nt, el jusqu'aux paaaa geales plus clairs, veulent <iu<- l'ange qui présente à Diai les prières des

Saints, .suit .list B-ChJUSI i i i « - i i h ■ . . . Mais \ isililciniiit c'est tout luoiiilln . .

Explication <l> quslquu diffic., etc., déjà cité.

- \. Kim i - S Ml BTIQUE

• inexplicables, >i l'on perd «1»' vue, suivant la m Augustin, que, dans l'Oblation même qu'elle fait à Dieu, l'Eglise esl elle-même offerte. I» ed ■ ipsa offertur. * Elle esl offerte : et «-11»' il . «lit le sainl Docteur : •■11»- sait L'honneur qui Lui lit Elle o'oublie pas que cel honneur ne lui était pas r maintenant encore après tant de gr&< 1 1 de l'Epoux divin, elle reconnaît l>i«'ii que, s'il est int Dieu une Victime parfaite, nécessairemei du Père, elle, au contraire, en la personne <!<• tant <lr a qui Boni Bes enfante, esl vraiment pécher» '1 Bujetde confusion qu'elle témoigne presque par son Prêtre , durant le cours «1<- la lès le début par le Confîteor, ensuite au Kyri dans un grand nombre d'oraisons, à l'instant même de la Consécration <>ù elle demande à être arrado la mort éternelle i . après la Consécration, an non sum dig\ aractère de la sainte Liturgie frappant Nous aurons a revenir plus tard but remarque. L'Eglise Bail qu'elle a besoin de toute l'indulgence »-t «l«- toute la miséricorde de 1 ui i . el cependant elle est but l'autel, en même temps que -"ii Bpoux,

: elle donc ? Elle demandera, d'instantes prières, d'être admise à l'union parfaite

ette «li\ Ine Victime, t « • 1 1 J • • 1 1 1 ••> . me le furent les oblations d'Abel, d'Abraham, de Mfi, que b ur reçut, en effet, à cause de leur

i i iflee de Jl bi - < m.i-i. Dana ce sentiment, humilité I • .i 1er mon offrande

■ doUX, ••"l!iin<> \ "il-

ni» de \ otre enfanl .

LE SAl KlFl. i: DE BOH I OBPfl HT8TIQ1 E 241

le juste, le Sacrifice d'Abraham et de Melchisédech. Supra quœ i>r<>i>iti<> <i<- sereno vultu respia re digneris... * La même observation est à taire au sujet de la prière: Supplices terogamu8...jubehœc perferriper manus sancti Angeli tut in sublime altare tuum.JJn vénérable auteur du xii' siècle, saint Odon de Cambrai dit, en expliquant ces paroles : L'Hostie «loir être portée sur L'autel sublime de Dieu. Qu'est-ce à-dire ? Le Verbe de Dieu est l'autel sublime de Dieu. Nous demandons que notre Oblation et icrifice que nous faisons de nous-même, soient joints au Verbe, unis au Verbe, et deviennent en quelque sorte DIEU lui-même ;car, par ce divin Sacrifice, c'est en Dieu même que nous voulons être reçus et comme abSOrbé^ 1 . »

Voilà donc l'Eglise Victime avec Jésus-Cheist, dans la très parfaite unité de son Sacrifice :« Comme le Christ, dit saint Augustin, demeure un avec le Père à qui le Sacrifice est offert, le Christ qui offre est un, le Christ offert est un au8si;et en lui et avec lui il fait un ceux pour qui le Sacrifice est offert*. Biais L'Église du ciel est une Victime consommée on sainteté. L'Église de la terre tond à cette consommation sublime. C'est pourquoi, elle veut sans jeter et se fixer dans les flammes du Sacrifice, pour que sa purification soit complète; elle y invite tous

iitants: elle y attire même ceux i|iii «►lit quitfc exil et qui Bont condamnés aux expiations du Purgatoire; elle demande avec larmes que tant d'âmes, qui Bouffirent

1 Vcriiiiin l>.'i niblime altare >-t... Eoatiam erjo perferri in sublime altare, inconapecttiDei,qmdest? niai oblationem noatram conjnngi Verbo, « i ii îr ï Verbo, fieri Denm, ei per eam dos m Denm asaumi. / <;,„., Dut 111. Pair. lat.. t. CLX, ooL km-,:.

- t imiii ciim ill<> manel cni offert Bacrificiam, ei airain in te faeit pro quibni offert, '-t ont» ipse est qui offert et qood offert. !>• Trinitat*, tib. [V, c*p. \iv, n. i'.". l'an. Lit., t. XI. II. col. BOL

- \. RIF1 - S • 'EPS M\ 81 [Ql K

d'être séparées <lu Sacrifice glorieux «lu ciel et des « mla-

lieases de la trnv. rcroiwnt les saints

- Oblatioas du temps et bientôt participent à

In S éternel. Elle sollicite aussi pour tant

d'autres âmes qui s..nt appelées, comme les enfanta

qu'elle porte en Bon sein, à n'être qu'un seul pain, et

qu'un s. -ni corps1 avec elle, mais qui demeurent sépa-

u par ignorance on par malice : les schisma

tiques, les hérétiques, tes impies, les infidèles. Comme

elle soupire après le jour annoncé par l'Epoux, jour béni,

où il n'y aura qu'un autel, qu'un Sacrifice, qu'une Hos

omme il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul

• ur- », tous les fidèles, Belon la parole «le saint

int les membres d'un Beul Prêtre ::' (

pourquoi, elle «lit Bans cesse en sou nom et au nom de

tons: - biperfict munu* cctemum*. Faites de

toutes les âmes, que vous avez voulu racheter, ô < 'm - I

une même 1 1« --t i«- avec voua, et une Hostie éternelle.

• cette part à votre Sacrifice, <|ui e>t l'uni-

que la vie présente, et qu'elles participent un

Jour au Sacrifice de l'Éternité, qui sera la perpétuité «le la

Celui du temps, dit un ancien Père, est déjà

don «!«• la béatitude, à cause de la nourriture que

ns; mais celui «lu ciel Bera la perpétuité de

I irce que ce même pain dont noua

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