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Non, le sacerdoc: catholique | ne peut accepter cette situation :
il doit éloigner les mains pro-
fanes de l'arche sainte ;: c’est là
sa fonction, et l’accomplir ne peut être de sa part un acte intempestif.
Eh quoi! vous permettez à une
association commerciale, à une
réunion quelconque d'hommes,
à un seul individu même, de se
présenter devant les parlements,
d'y formuler leurs griefs, de faire
valoir leurs intérêts et leurs
droits, très souvent plus que dou-
teux; vous ne trouvez à cela rien
d’étrange, rien d’illégitime. Mais
le prêtre n'est-il pas le réprésen-
tant de l'institution la plus
sacrée? N'’a-t-il pas à faire valoir
des intérêts d'autant plus graves qu'ils se rapportent aux plus intimes aspirations de l’homme ?
N’a-1-il pas le droit de parler au nom de la société religieuse ?
N'’est-il pas le pro“ureur des à & âmes et de Dieu, l'intermédiaire entre les deux? Et s'ils se présentent pour défendre devant vos assemblés ces divers et su-
blimes intérêts, vous osez l’écon-
DRE PNR ER
duire par ce seul mot: politique | Il est permis à tous les char- h
latans du pays de monter sur les |
tréteaux, d’inonder de leur prose
anonyme une presse irrespon- à
sable, de prêcher les doctrines
les plus absurdes, de semer Îla
discorde, de répandre la calom-
nie, de soulever les diverses
classes de la société les unes contre les autres, de mettre ainsi les institutions d'un pays en danger. Mais au prêtre, interdiction de dire son avis, de mettre devant le public son coté de la question. S'ilélève la voix, s'il veut parler au nom de la religion, au nom des fidèles qui l'ont constitué leur avocat, on le fera taire avec ce mot : politique !
De la politique, tout le monde a le droit d’en faire en ce pays, même les ignorants. Que s’estil passé au Manitoba même, que se passe-t-il ailleurs ?
À prendre en bloc le corps législatif d'où est sortie l’abrogation de l’ancienne loi scolaire du Manitoba, on peut affirmer que
les trois cinquièmes des membres | de cette chambre re connaissaient de cette loi :: ::s agencements, ni l'esprit, ni i4 ietire. ni le fonctionnement. Plusieurs de ces députés, faute d’une instruction à À fondamentale et préalablement acquise, étaient incapables de se rendre maitres d’une matière aussi importante que l'éducation,
même avec du travail et de l’application. Ils se sont laissés entraîner par leurs passions et des erreurs de faits qu'ils n'ont pas voulu ou qu’ils n’ont pas su con- | trôler. Jamais législature plus 1:
nulle n’a entrepris œuvre plus importante, et ne l’a plus pitoyablement réalisée. Voilà où nous en étions à cette époque. Il nous
faut néanmoins nous incliner profondément devant les décrets de ces médiocrités parlementaires, comme devant des dogmes ; les victimes, les classes éclairée:
seules, parmi lesquelles le prêtre brille au premier rang, n’ont pas le droit de dire leur opinioi j:1 de se montrer récalcitrantes ; pour les uns, c’est de l’ingérence indue dans la politique ; pour les autres, c’est de la servitude !
Le bon sens se révolte en présence de cette outrecuidance, et l’on a peine vraiment à croire à la sincérité de ces gens-là.
Les associations secrètes interviennent dans la politique; leur action se fait sentir particulière-
ment dans les questions qui
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touchent aux croyances reli-
gieuses par quelque côté.
Ce n’est pas assez de celles qui existent déjà ; l’on en établit de nouvelles, avec le motif très | nettement avoué de faire de la à À politique au nom et pour le pro- | fit du protestantisme.
L'Eglise catholique seule n'a
point la liberté de défendre son culte !
Un ministre protestant, de
Winnipeg, n’a-t-1l pas dévoilé au grand public, l’an dernier, le secret de la faveur que rencontre
près de ses coreligionnaires ?
Irrité de la vaillante lutte du Free Press—du temps de M. Luxton—en faveur de l'intégrité du
| | | le nouveau système scolaire au- ‘
rt
Pacte constitutionnel et de la liberté des cultes en ce pays, il accusait ce journal de trahir, par son attitude, le protestantisme, ses intérêts et son avenir.
Le voilà donc le cri du cœur!
L'imprudente exclamation éclaire toute la situation. Par ces écoles neutres l’on espère établir à tout jamais l’ascendant du protestantisme, et ruiner graduellement le catholicisme! Et pour atteindre ce but religieux, l’on fait appel à l'état: n’est.ce pas là de l’ingérence indue, en politique et en religion ?
Mais pour eux, c’est permis ; Pour nous. non. L'eau du ruis-
seau ne coule que pour les loups :
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l'agneau ne doit point s’y abreuver.
Allons, messieurs, un peu de
sens commun et de loyauté.
Nous ne nous étonnons aucunement de vos efforts pour développer vos idées religieuses. Nous sommes disposés à n’y voir qu'une
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chose absolument naturelle.
Mais si vous conspirez avec l'Etat pour nous anéantir, n'allez pas
tance; n'allez pas accuser notre clergé d'’ingérence politique, quand c'est vous qui le forcez
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vous scandaliser de notre résis- | |
d'entrer en lutte, ou quand c’est la politique qui fait irruption
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dans le bercail où se pressent les | ouailles confiées à sa garde.
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Nous ne pouvons cesser de le repéter, le prêtre ne fait pas de politique. Il s'applique à relever les âmes du terre-à-terre où les intérêts matériels les forcent à se trainer misérablement. Non pas qu’il dise aux peuples de se détacher absolument de la chose publique. Mais au-dessus des intrigues que l'on affuble improprement du nom de politique, il y a l’œuvre morale, l'œuvre familiale, l’œuvre sociale, les grandes œuvres de la civilisation, celles qui assurent à une nation la paix, la gloire, et la stabilité. A celles-ci, il étend ses sollicitudes.
Ces œuvres, auxquelles les hommes sont appelés à donner leur concours, dont il leur est
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doivent faire tourner à la gloire
de leur Créateur, et à leur
| permis de jouir, mais qu'iis
propre sanctification, le prêtre |
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cherche à les vivifier de la sève
offre de les arroser de l’eau des fleuves qui prennent leur source au Paradis, il prévient enfin les artisans des grandeurs humaines qu’il n’y a de durée pour
leurs entreprises, si bien calculées qu'elles puissent être d’ailleurs, que dans leur parfaite harmonie avec les plans divins.
| féconde qui découle du sacri- Il y a quelques semaines, Jules
fice expiatoire du Calvaire, il
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Simon, octogénaire, homme d'état français, et philosophe moderne peu suspect de dévotion envers l'Eglise catholique, disait: “ Quand on élimine Dieu de la politique, il ne faut pas s'étonner que nos institutions soient éphémères.”
Ne croirait-on pas, en relisant ces trois lignes, entendre la métaphrase de l’Ecriture Sainte :
“c’est en vain que l’homme tentera d’édifier sa maison, s’il ne lui donne pour assise le Seigneur-Dieu.”
Voilà l’œuvre du prêtre, ou mieux encore, de la religion.
Et malgré les révoltes toujours renouvelées de l'esprit humain, les savants, les sages du monde,
de leur vie, de reconnaitre leur faiblesse et leur infirmité naturelles, et la nécessité de l’action divine dans le gouvernement des nations, action qui ne peut s’exercer que par l'entremise du sacerdoce chrétien, seul établi pour être l'interprète de la loi révélée,
sont obligés, à divers moments | | dernière.
le guide des âmes vers leur fin Terminons ce travail par un
court résumé.
La résistance des catholiques à la nouvelle loi scolaire n’est pas l’œuvre du prêtre, mais la conséquence de leur foi religieuse ;
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de la part de tous, des laïques et du clergé, elle a été spontanée et simultanée.
L’obéissance du catholique au prêtre, en matière religieuse, n'est pas de la servitude ; l’autorité du prêtre vient de Dieu, et c'est à Dieu que le fidèle adresse sa SOUMISSION.
Le clergé ne peut être accusé d’ingérence politique à raison de son attitude relativement à la question scolaire. Selon nos croyances, l'éducation de la jeunesse touche aux grands intérêts de l'âme ; elle est indivisiblement liée à la question religieuse. La politique veut bannir Dieu de
l’école : le prêtre est le gardien
| des intérêts de Dieu sur la terre.
La nature de ses fonctions l’oblige
à défendre le dépôt dont il a la
garde, Aussi longtemps que le gouvernement s’est abstenu de | toucher aux questions religieuses, 1
il n'y a eu que du bon vouloir pour lui à l’archevêché de Saint- Boniface.
Et quelle que soit maintenant l'opinion de nos adversaires sur les questions qui nous divisent,
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ils devront admettre que notre attitude repose sur des motifs
| fort respectables.
C’est à cette unique et peu exigeante conclusion que nous | nou: arrétons..
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