CONCLUSION
Ce travail est très-incomplet et peu digne de la noble et sainte cause que j'ai entrepris de défen dre.
Mon ambition ne va pas jusqu’à prétendre que les connaissances et les talents ne me font pas défaut pour traiter dignement d'aussi graves questions.
N'étant pas, comme le porte-voix des ‘‘redresseurs d'abus” un homme vertueux, j'ai bondi sous l’insulte, non parce qu'on m'a traité d'ignorant à cause de mes croyances (je suis ici en trop bonne société pour me plaindre) mais parce qu'on a outragé ma Mère, l'Eglise catholique.
Comme chrétien, je crie aux ennemis des prêtres et des religieux : ‘ Vous mentez, vous êtes de lâches calomniateurs !”
Comme témoin des faits quise sont passés sous mes yeux depuis plus d'un demi siècle, je me fais un devoir de protester, au nom de la vérité, contre la mauvaise loi et le mensonge.
Ce petit travail n’est qu’une ébauche, le cri d’appel de la sentinelle qui signale l'approche des maraudeurs. Des voix plus autorisées que la
ET re
mienne s'élèveront, non pour faire à des frondeurs anonymes l'honneur d'une réponse qu'ils ne méritent pas, mais pour décrire, mieux que je n'ai pu le faire, les ienfaits de la religion et les mérites de ceux que la Providence a choisis pour travailler à la moralisation et au bonheur des peuples.
Je défends les prêtres et les religieux, parce que je les connais, paice que j'ai eu l'occasion de les juger, d'apprécier leur sagesse et leur charitable dévouement,
Je l'ai dit en commençant, il serait inutile et peu raisonnable de le nier, il y a eu autrefois, 1l y a encore aujourd’hui, des prêtres qui ne se montrent pas dignes de leur sublime mission ; il y en a même eu qui se sont rendus coupables de fautes
UN N 12. \d . . ñ ' graves... Ceux-là réjouissent le cœur ‘ vertueux des points d'interrogation qui prétendent moraliser
le peuple en écrivant des choses scandaleuses. Ils se font adule,, porter aux nues, par certains scribes, dès qu'ils se tournent contre l'Eglise qu’ils sont devenus ind gnes de servir plus longtemps. Et combien en rencontre-t-on de cette esp Je le répète: les cris de joie qui saluent leur pitoyable chute prouvent mieux que tous les raisonnements leur excessive rareté.
Pour ma part, j'en ai connu trois : deux ont fait une belle mort et rétracté publiquement leurs erreurs ; le troisième vit encore et j'apprends qu’il
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commence à se retourner du bon côté: il rencontre trop peu de braves gens parmi ceux qui l’approuvent,
Et, à côté de ces rares défections, que de beaux, que de nobles et sublimes exemples de vertu, de dévouement et de charité !...
Oui, je les ai vus à l'œuvre, ces prêtres calomniés par des gens indignes de dénouer les cordons de leurs souliers. La simple nomenclature des faits édifiants dont j'ai été témoin formerait un gros volume... que j'écrirai peut être un jour. Rien que l’histoire de la colonisation au Canada fournirait la matière de plusieurs chapitres des plus intéressants.
J'ai été l'hôte des bons Pères Trappistes, alors que, succombant sous le poids de l’adversité, je ne tenais pas plus à la vie qu'à une vieille guenille. Et ces grands bienfaiteurs de l'humanité souffrante m'ont consolé, fortifié, armé pour les rudes combats de la vie
Comme j'ai admiré ces ‘ égoïstes ” qui couchent sur une poignée de paille, portent été comme hiver le même pauvre vêtement, font un seul repas par jour, et quel repas !
Comme j'ai admiré ces ‘ faresseux,
qui ren-
dent fertiles des terres incultes dont personne ne voudrait, et font vivre autour d'eux de nombreuses familles de cultivateurs et d'artisans |
Hinithivtdeet ane rere
Comine j'ai admiré ces “accapareurs," qui, ne gardant rien pour evx, nourrissent chaque jour une centaine d’indigents et donnent gratuitement l'hospitalité à un grand nombre de voyageurs pauvres |...
J'ai vu à l'œuvre ces religieuses, ces anges de la charité, que certains folliculaires appellent des êtres inutiles ; je les ai vues dans les hôpitaux et sur les champs de bataille, et je me suis incliné avec respect et émotion en les voyant passer, simples et modestes, heureuses d'avoir fait leur devoir et ignorant tout l'héroïsme de leur admirable conduite,
Oui, j'ai vu tout cela, et voilà pourquoi j'ai écrit ces humbles pages, au grand galop, sous la dictée du cœur, sans chercher à faire des phrases.
Voilà pourquoi aussi je ne crains pas de signer cet opuscule, de faire connaître mon nom et mon adresse, et, four que nul n'en ignore, comme disaient les vieux tabellions, d'v ajouter même mon portrait,
Je n'ai pas produit un chef-d'œuvre -le temps et les talents me manquent pour cela - mais je ne crains pas la publicité, je n'éprouve aucun besoin de re cacher, derrière un point d'interrogation ou ailieurs.
Cependant, je serais ‘un crétin, un rat d'église
un bedeau, un rongeur de balustres, ”” comme