‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 101 sur 234 · ON · texte numérisé non relu

ON

254 Urkunden No. 220—221.

1798 qu'à celles qui ont eu lieu par écrit; mais on ne peut s'empêcher d'ob- Of. 13. server sur ce sujet que jamais dans les entretiens dont il parle, on n'a pu trouver une exposition complète des idées et de l’ensemble des demandes de son gouvernement sur les stipulations de la paix à conclure, le seul objet dont il était et pouvait être question pour le moment entre les deux puissances. Quelque temps après le retour du Roi à Berlin '), ce ministre ayant paru désirer la communication des sentiments de S. M. sur l'ouvrage de la paix, nous avons eu l'honneur de lui remettre un mémoire sur les bases qu'elle jugeait seules propres à fonder une pacification prompte et solide entre la France et l'Empire. Depuis ce mémoire, qui est demeuré sans réponse et sans suite, les ouvertures du citoyen Sieyès envers M. le colonel de Zastrow ayant <nfirmé le Roi . dans l'idée que les retards et les difficultés de la paix de l'Empire pou- | vaient tenir en grande partie à l'état des choses entre la République | française et la cour de Vienne, S. M. s'est empressée d'offrir, par la note remise à ce ministre sous la date du 19 août, l'emploi de ses bons offices . comme le seul.moyen qui soit en son pouvoir pour aplanir ces difficultés ' et rétablir l'harmonie et la bonne intelligence entre la République et l'Empereur. Cette note a eu le sort du mémoire, étant demeurée également sans réponse quelconque. Enfin l'office du ministre de France du 21 septembre ayant proposé l'insertion, dans le futur traité de paix, de l'article qui s'y trouve indiqué, le Roi a pris sur ce sujet le seul parti qui Jui ait paru compatible avec son désir invariable d'amener un arrange- . /ment pacifique, solide et fondé sur l'accord des principales parties intéressées, sans lequel, loin d'assurer la paix, tout arrangement quelconque ne peut que devenir l'occasion et jeter le germe de nouvelles dissensions. Telle est en raccourci la conduite que les ordres du Roi nous ont mis dans le cas de tenir envers la République et son ministre relativement aux affaires de la pacification. $S. M. se flatte qu'elle sera trouvée naturelle et conséquente par tous ceux qui voudront bien l’envisager avec impartialité.

Dans le cas où le citoyen Sieyès, comme la clause finale de son dernier office paraît l'indiquer, aurait à nous transmettre des explications ultérieures, nous les recevrons avec plaisir; mais puisqu'il paraît que les ouvertures verbales ont l'inconvénient d'être plus facilement exposées à des mésentendus et à une diversité d'interprétation, nous sommes chargés de le prier de vouloir bien s'en acquitter par écrit, pour tous les objets qu’il jugera d'une certaine importance. Nous ne pouvons au reste

1) Der König war am 29. Juni von der Hulbigungsreife in bie öftlichen Provinzen nach Charlottenburg zurldgelehrt.

Berbanblungen mit Sieyes.. Beridt von Sanboz-Rollin. 255

nous dispenser d'observer à cette occasion, sur la partie susindiquée de 1798

son dernier office, que l'intention du Roi n'a point été et n’a pu être d'ajouter une condition à la clause proposée pour le futur traité, puisqu'ayant cru nécessaire d'en communiquer préalablement avec le cabinet de Vienne, il a pensé ne pouvoir en général s'en expliquer encore de son côté. Ce n'est que sur la renonciation à ses indemnités que S. M. a pu se déclarer, et témoignant être prête à accélérer par ce nouveau sacrifice le prompt aplanissement des difficultés, moyennant que S. M. l'Empereur veuille bien en faire autant de son côté, et que la paix soit conclue sur la base stricte de la limite du Rhin.

Berichte von Sandoz:Rollin aus Paris.

221. Anftrengungen von Daumon und Azara für Erhaltung des Friebens.

La résolution de commencer les hostilités se ralentit chaque fois qu'il est question de la mettre en exécution. Le général Joubert, qui devait partir sans délai et qui avait l'ordre d'attaquer Naples, a été retenu sous divers prétextes. Tous les amis du gouvernement s’entremettent à conjurer l'orage et à éloigner la reprise des hostilités. Le député Daunou est un de ceux qui s'y emploient avec le plus de chaleur. Dernierement il a dû représenter aux directeurs Larevellière-Lepeaux et Merlin, combien peu on pouvait compter sur la fidélité des Italiens et sur leur amour pour la liberté; tous ne voyaient que les peines et la gêne du moment présent, et ne comptaient pour rien le bonheur de l'avenir; l'Autriche pourrait supporter, selon lui, vingt défaites sans que cela tirät à conséquence; mais le Directoire n’en pourrait pas éprouver une seule sans que le contrecoup en fût senti au centre de la République et provoquât des murmures et des accusations sérieuses. »La fortunes, disait-il encore, »a ses limites, et vouloir les franchir témérairement, c’est s'exposer aux plus malheureux revers; discours sage, judicieux, et qui sorti de la bouche d’un républicain zélé, aurait dû produire plus d'impression. Cependant si je suis bien instruit, les deux directeurs n'en ont point été touchés . . .

Le chevalier d’Azara s'est employé aussi, de son côté, avec beaucoup d'énergie à conjurer les esprits et la reprise des hostilités. Il a adressé au président du Directoire une note, disant qu'il était prêt à faire passer à Vienne toutes les propositions propres à amener une coneiliation; qu'il était disposé à s'y rendre lui-même et à travailler à cette œuvre salutaire; enfin qu'il pensait que le Directoire ayant fait une paix avantageuse, il devait s'occuper d'en retirer les fruits et la gloire. Le ministre des relations extérieures a été chargé de le remercier, au nom

Oft. 13.

Oft. 17.

Dft. 17.

Oft. 21.

Nov. 22,

256 Urkunden No. 221—224.

du Directoire, de ses bonnes intentions, et de lui observer qu'il ne pouvait en faire aucun usage; que ce serait compromettre inutilement son caractère d'ambassadeur et la dignité du Directoire, et que si le désir de la paix était équivalent à Vienne à celui qu'on avait à Paris, l'Empereur avait assez de moyens d'en donner participation. »L’obstination est inconcevable de part et d'autre, m'a dit hier Azara; »il n'y a pas moyen de faire entendre raison à quelques-uns des membres du Directoire, et surtout de leur faire entendre que les Français seront chassés de l'Italie dans la première campagne, et qu'ils auront besoin de tous leurs efforts et de toute leur ardeur guerrière pour y reprendre l’ascendant et y soutenir leur système; que, dans cet intervalle de temps, des événements de toute espèce pourront survenir et embarrasser leurs combinaisons. Mais rien ne fait impression sur eux, a-t-il ajouté avec vivacité; ils préfèrent la guerre au scrupule de renoncer à la pitoyable République romaines . . .

222, Stimmung in Stalien.

... Le général Joubert est parti le 19 au soir pour l'Italie, avec l'instruction, à ce que je crois savoir, de ne pas rompre la paix qu'il n'eût reçu l'ordre péremptoire du Directoire et qu'il n'eût rassemblé 150 mille hommes; forces qu'on regarde comme absolument indispensables pour soutenir les succès et la gloire des armes françaises. L'état des troupes qui existait jusqu'à ce jour en Italie était ignoré du Directoire, tellement qu’il a été fort surpris d'apprendre, par le tableau du ministre de la guerre, qu'il n'existait que 60 mille hommes dans cette contrée, dont 20 mille devaient servir encore à la défense des places fortes. Le commissaire Haller, arrivé dans ces entrefaites et consulté par le Directoire, a confirmé non seulement cet état des choses, mais a représenté de plus les mauvaises dispositions de la majeure partie des peuples d'Italie pour les Français, qui, au premier revers, deviendraient des ennemis irréconciliables et se réuniraient aux Autrichiens pour les chasser de ce pays. Ce propos de Haller, trop divulgué dans le public, a produit le plus mauvais effet . ..

223. Sendung Bottots nad Wien. Haller. Nachrichten über Thugut.

. .. Le sieur Bottot, secrétaire du sieur Barras, a été chargé par le Directoire de se rendre en apparence à Rastatt, mais en réalité à Vienne, et de faire la plus grande diligence !). Il est parti il y a deux

1) Berg. Sybel 5, 239. Am 6. December berichtet Sanboz, daß Bottot nur nad Mailanb geretit fei.

Berichte von Sandoz.Rollin aus Paris. 257

jours ... Le représentant Daunou et le sieur Haller ont été les prineipaux moteurs de ces nouvelles ouvertures. Ce dernier, en me confiant cette particularité, m'a promis de me donner tous les détails qui y appartiennent. Haller brigue ici, avee beaucoup d'adresse, la place de ministre de finances, affectant de dire que les ressources de la Republique sont immenses, mais que l'indépendance où sa propre fortune le met l'éloigne nécessairement de toute idée d’ambition. On le fait riche d'un capital de 15 millions de francs, fruit de ses vexations comme eommissaire de l'armée en Italie. Le général Bonaparte disait de lui qu'il ne connaissait pas de tête plus fertile en ressources et d'âme plus immorale . ..

L'ambassadeur d'Espagne prétend être instruit que la cour de Vienne est revenue depuis un mois à des sentiments sincères de paix, et il se fonde sur une lettre qu'il vient de recevoir de l'ambassadeur Campo Alanche et qu'il m'a communiquée. Ce dernier y disait qu’à la suite d’un entretien avee le baron Thugut, il en avait reçu l'assurance que si le Directoire voulait envoyer à Vienne un agent muni de pouvoirs assez étendus, il reprendrait les négociations et déterminerait un lieu pour les continuer. Le baron Thugut avait pris des soupçons et des alarmes sur les arrangements secrets de la Russie et de la Porte dont on lui avait fait le plus grand mystère . ..

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