‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 100 sur 234 · DE · texte numérisé non relu

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252 Urkunden No. 219—220.

indiquer s'être acquitté, d'une manière officielle, d'une commission reçue par son gouvernement, dans un entretien qu'il a eu avec moi et auquel il se réfère, tandis que cet entretien n’a roulé presque en entier que sur des affaires très indifferentes, et que l'unique que je pourrais qualifier d'officielle, était l'observation passagère que le sieur Sieyès me fit à l'égard de la garantie de la paix de l'Empire. Il m'avait répété à differentes reprises, et avec cette emphase qui lui est propre que la France voulait la paix. Sur l'observation que je lui fis, que telles étaient sürement les dispositions de la députation de l'Empire chargée de la conclure avec elle, il m'interrompit assez brusquement en me disant: »il ne suffit pas de faire la paix; il faut que cette paix soit garantie et qu’elle le soit par la Prusse, la France et l'Autriche«. Quoique le point de vue sous lequel une telle garantie pourrait être proposée par la France ne me fût point échappé, je me contentai de lui observer que les trois puissances dont il venait de parler étant en partie puissances contractantes, je ne concevais pas trop bien pourquoi il serait question de compliquer davantage l'ouvrage de la paix, en mettant sur le tapis une proposition qui semblait être superflue. M. Sieyès me riposta qu'on pourrait peutêtre appeler la Suisse à concourir à cette garantie. Ma réponse fut: qu'avant de s’eriger en puissance garante, il me semblait qu'il fût à désirer que la Suisse devint puissance indépendante, et que le gouvernement des Cantons fût mieux consolidé qu'il ne semblait l'être jusqu'à presént. La réponse de M. Sieyès fut qu'à cet égard il était entièrement de mon avis, et qu'il était bien loin d'approuver tout ce qui s'était fait dans ce pays. Voilà comme se terminait l'entretien que j'ai eu avec ce ministre, au sujet d'un objet sur lequel il aimerait maintenant avoir l'air de m'avoir fait quelque communication officielle. Il me reste encore à observer que tout ce que M. Sieyès a dit dans la note que j'ai sous les yeux au sujet des ouvertures qu'il prétend avoir faites avant la remise du mémoire qui lui expose les bases de la paix de l'Empire, telles que le Roi les envisage, comme de nature à consolider l'ouvrage de la paix et à ramener l'harmonie et la confiance entre les deux nations, m'est absolument étranger, et que je dois croire que cela tient au reste des contradictions manifestes dont toute la conduite de ce ministre a été marquée depuis son séjour ici.

220. Note des preufifhen Kabinets- Minifteriums an Sieyes. Berlin 1798 Dftober 13.

Œoncept von ©. D. Le Coq; ges. Findenftein. Alvensleben, Haugwig. Rechtfertigung des Berbaltens Preußens bei der Berhanblung mit Grantreid.

Le ministère du Roi s'étant expliqué dans la dernière note qu'il a

Berbanblungen mit Sieyes in Berlin. 253

eu l’honeur de transmettre au citoyen Sieyès, envoyé extraordinaire de la République française, sur les motifs qui ont engagé le Roi à entrer en communication préalable avec S. M. l'Empereur sur la proposition contenue dans le précédent office de ce ministre, il croit ne pouvoir que s'y référer pour ce qui concerne cet objet dans le nouvel office qu'il en a reçu en date du 3 de ce mois. Plus le gouvernement français assurait envisager l'insertion de l’article additionnel proposé pour la paix avec l'Empire comme propre à accélérer cet ouvrage salutaire, plus il a paru au Roi, qui n'aspire qu'à sa prompte et solide conclusion, qu'il fallait nécessairement amener sur ce point, au moyen d'une communication ouverte et franche, un accord amical entre les principaux intéressés, sans lequel l’arrangement ne pourrait parvenir à consistance. Ces motifs conservent encore toujours le même degré de solidité aux yeux du Roi, et il en résulte qu'avant de pouvoir munir ses ministres au congrès d'instructions sur ce sujet, S. M. doit en attendre préalablement la réponse de l'Empereur.

C'est ce même aveu de la paix si souvent exprimé par le Roi, qui a présidé sans interruption à toutes les démarches du ministère envers le citoyen Sieyès, et qui en particulier avait fait attendre avec le plus grand intérêt à S. M. les explications détaillées et complètes dont elle avait cru ce ministre chargé sur les objets de la pacification. Elle n’a pu se refuser à la conviction que c'est uniquement de la République française qu'a dépendu en dernier lieu et que dépend encore le rétablissement de cette paix à laquelle l'Allemagne aspire depuis si longtemps. En effet, l'Empire ayant de son côté apporté à ce désir le grand et douloureux sacrifice de l'abandon de la rive gauche du Rhin, il devait naturellement penser qu'après avoir posé cette base exigée de la France pour condition du rétablissement de la paix, toutes les difficultés seraient aplanies. /Son attente à cet égard n'ayant point été remplie, et le gouvernement français ayant au contraire élevé ensuite de nouvelles prétentions excédant cette base, le Roi avait cru pouvoir espérer à d'autant plus forte raison que la République, pour mettre S. M. à même de juger des intentions pacifiques qu’elle assurait avoir envers l'Allemagne et de l'ensemble de ses vues à cet égard, voudrait enfin lui en faire une communication complète; non qu'il püt y avoir encore de nouvelles demandes à former de sa part, mais pour s'expliquer et aviser à des moyens de s'entendre sur les prétentions inattendues déjà produites par elle, et qui en grande partie touchaient de près les intérêts particuliers de la Prusse.

Le citoyen Sieyès semble insinuer dans sa note qu'il a donné plus d'étendue à ses ouvertures verbales envers l'un des ministres du cabinet,

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