Äußerungen Rewbell's über bie preufifée Politik
Gebr. 28. A la dernière audience du Directoire, le sieur Rewbell m'a dit:
»... Sachez qu'il n'a pas tenu aux plénipotentiaires prussiens à Rastatt que la guerre n'ait déjà éclaté; ils emploient leurs talents à aigrir les plénipotentiaires autrichiens contre ceux de la République, et à prêcher que la guerre mettra fin à l'influence et à la prépondérance de cette dernière . .. Quoique je sois bien éloigné de penser que ces discours soient le résultat de leurs instructions, je crois remarquer toutefois que la Prusse ne serait pas fâchée de voir la guerre éclater entre Vienne et Paris, dans l'espérance d'en tirer avantage pour elle-même. Cette politique n’est pas celle, à mon avis, qu'elle devrait avoir. La situation présente des affaires est telle à lui faire préférer le rôle de pacificateur à tout autre. Un mot du roi de Prusse, prononcé à Vienne avec la franchise et la fermeté de son caractère, déciderait l'irrésolution autrichienne et la paix. Au lieu de cela, je ne le dissimulerai pas, on semble s'occuper à Berlin de projets cachés et qui ne peuvent être dirigés que contre la République française. On parle d'augmenter la ligne de démarcation d’une autre armée d'observation, composée de Hanovriens et de Hesse-Casselois ... C’est au roi de Prusse à se montrer le pacificateur de l'Allemagne et de l'Europe; . . . prêchez cette doctrine autant de fois que vous en aurez l'occasion « . . .
240. Grlaf an Sandoz: Rollin in Paris. Berlin 1799 März 17. Rechtfertigung ber preufifen Politik.
März 17. ... Je ne puis m'empêcher de relever les propos que les membres
du Directoire, et en particulier le sieur Rewbell, vous ont tenus de nouveau, à l’occasion de la crise présente, sur la conduite et le système de la Prusse. J'y retrouve la même crédulité aveugle pour des avis faux
Sriftwediel mit Sandoz-Rollin in Paris. 277
et controuvés, le même esprit de défiance vraie ou simulée, que j'ai déjà 1799 eu si souvent occasion de combattre. On a grand tort d’accuser mes Mit 17. plénipotentiaires à Rastatt d'attiser le feu de la guerre. Leurs instructions et leurs vœux ne tendaient qu'à la paix, et malgré le silence des / ministres français sur les objets de la pacification qui me touchaient di- f rectement, malgré les nombreux sujets de plainte que j'ai à cet égard,
ils n'ont pas discontinué de leur témoigner tous les ménagements et tous
les procédés qui, dans l'état présent des choses, dependaient d'eux et auxquels on n’a nullement rendu justice. Il est également contraire et
à ma façon de penser personnelle et à mes principes politiques de souhaiter secrètement, comme on vous en a manifesté le soupçon, une nouvelle guerre entre l'Autriche et la France‘). Sans parler des autres considérations que cet objet présente, quel intérêt pourrais-je y avoir, / puisque j'ai déclaré n'avoir en vue aucun agrandissement quelconque et / vouloir même, pour faciliter la paix, renoncer à mes justes prétentions d'indemnité? J'ai de plus offert avec empressement et sincérité mes bons offices pour arranger les différends entre ces deux puissances, et il
n'y a pas de ma faute qu'on n'ait pas voulu en profiter. Du reste, inébranlable dans ma résolution de soutenir, par tous les moyens que la Providence m'a confiés, ma neutralité et celle du Nord de l'Allemagne, je n'ai pas songé, ni ne songe encore, à des projets hostiles quelconques contre la République. Tout ce que des agents mal intentionnés ou très mal instruits peuvent avoir mandé sur ce sujet, est de la plus grande fausseté . . .
A entendre les discours du sieur Rewbell et même ceux de la plupart des agents français en Allemagne, on dirait qu'il dépend effectivement de moi de procurer à l'Empire en général une neutralité entière.
Je n’ignore point le sens de ces propos. On aurait voulu m’entrainer dans une sorte de médiation armée ou plutôt dans une liaison offensive avec la France, et celle-ci n'ayant pu convenir à mon système, on semble vouloir rejeter sur moi la faute des maux qui menacent de nouveau le Sud de l'Allemagne. Mais tout ce qui dépendait de moi, je crois l'avoir fait, pour amener cette neutralité générale, sans doute infiniment désirable, si elle eût été possible. J'en ai manifesté en toute occasion, et particulièrement par votre organe, le désir ardent et sincère. J'ai offert mes bons offices, et l’on n’en a pas tenu compte. Il est clair qu'il n'était pas en mon pouvoir de forcer les parties intéressées à cette neu-
1) C'est la tranquillité de l'Europe et de l'Allemagne en particulier, la paix au dehors, le calme et l’ordre dans l'intérieur des gouvernements, qui m'intéressent par-dessus toutes choses et que je désire vivement. (Erlaf vom 25. fe bruar.)
März 17.
März 14.
278 Urkunben No, 240—243.
tralité salutaire, et au point, où les choses en sont, je ne congois pas qu'il puisse être question d’une nouvelle proposition à ce sujet, puisqu’elle ne supposerait rien moins qu'une retraite entière et complètement rassurante des armées respectives.
Berichte von Sando3: Rollin aus Paris.
241, Distuffion im Direktorium über die Kriegserflärung an Ofterreih. Die Proflamation Bernabotte's.
... Etait-ce une époque bien favorable au Directoire que celle des prochaines élections pour déclarer la guerre à l'Empereur et à la Toscane? Cette question est au moins très problématique. Elle a été telle pour le Directoire, où elle a élevé des discussions assez fortes. Les sieurs Merlin et Barras représentaient que prolonger un peu plus ou un peu moins le terme de la rupture ne compromettrait pas la dignité du Directoire et donnerait moins de prise aux Jacobins pour agiter dans ce moment les esprits. Les trois autres membres, et principalement le sieur Rewbell, ont soutenu le contraire. L'irrésolution de Vienne pour la paix ne provenait, à l'entendre, que de la condescendance avec laquelle on s'était prêté à prolonger les termes de la rupture, et cette condescendance, envisagée comme faiblesse, avait roidi le sieur Thugut contre toutes les ouvertures qui lui avaient été faites. Déclarer la guerre était rompre toutes ses mesures et décider la paix; on en ferait bientôt l'expérience. Malgré cela cette résolution n'aurait pas prévalu, si les nouvelles de Milan n'avaient pas irrité de nouveau la majorité du Directoire contre l'Autriche}. Le peuple de Paris s'est lamenté plus qu'il n'a murmuré de cette déclaration de guerre, et elle a fait moins de sensation que celle contre le Piémont.
La proclamation du général Bernadotte au commandant de Philippsbourg a trouvé ici une désapprobation générale ?}. Le Directoire l’a taxée d’insensde; elle sera désavouée incessamment dans le journal du Rédacteur. »Je n'ai pas pu m'empêcher d’observer«, m’a dit hier Talleyrand à ce sujet, »que des pièces de cette nature sonnaient bien plus l’alarme en Europe que les invasions les plus criantes et qu'elles étaient en contradiction manifeste avec nos allégués. J’ai représenté fortement au Directoire qu'il était de sa dignité que toutes les pièces de ce genre sortissent de ses bureaux et nullement de la plume de ses generaux«...
1) Aufftände in Piemont, Ende Februar. 2) Die baierfche Regierung wurbe barin als »gouvernement provisoire« bezeichnet.
Berichte von Sanboy-Rollin aus Paris. 279
242. Unterrebung mit Boffi, Abgefanbten ber proviforifhen Regierung in Turin.
... La députation de Turin est à Paris depuis quelques jours. J’ai rencontré le sieur Bossi qui en fait partie chez le ministre des relations extérieures, et j'ai appris de lui le sujet de sa commission et ses incertitudes d'y réussir. La réunion du Piémont en est l'unique motif. »Ma patrie n’a nul autre moyen de se sauver«, disait-il à l'ambassadeur d’Espagne et à moi, »que d'effectuer cette réunion; autrement elle périt de faim et de misère. Jamais situation géographique et politique ne fut plus malheureuse! Le Piémont, démembré de la Savoie et du comté de Nice, n'a ni débouché vers la mer, ni débouché vers l'Italie. La République ligurienne nous ferme le passage pour l’une, et la République cisalpine nous entrave pour l’autre. Le roi de Sardaigne a tout perdu, parce qu'il était faible et dévot. L'époque où il est entré en guerre sans nécessité contre la République française, a commencé sa perte, et celle où il a fait sa paix l’a consommée entièrement. »Vous parlez, reprisje, »de la situation malheureuse du Piémont, et vous semblez oublier qu’il a existé ainsi d'une manière prospère pendant deux siècles. Vous parlez du vœu général de ses habitants pour être réunis à la République française, et vous semblez oublier que les insurrections qui viennent d'éclater démentent ces assertions. Que croire presentement% »Le gouvernement provisoire piémontais a hésité, il est vrai, interrompit le sieur Bossi, »à se déclarer pour cette réunion, mais il a senti que hors de là il ne résisterait pas aux partis qui loppressent«. »Mon opinion est prononcée sur tout cela, a dit Azara; si le Directoire pouvait avoir le projet de s'approprier de plein gré le Piémont, la paix est impossibles. »C'est aussi la miennex, ai-je ajouté. Il faut croire que le Directoire la partage aussi pour le moment, car il vient de défendre au gouvernement provisoire de Turin de mettre en délibératiou cette réunion et de s’en occuper. La députation piémontaise n'a pu obtenir aucun accès auprès du Directoire, mais a été admise simplement à conférer avec le ministre des relations extérieures !) . ..