Die Jatobiner und das Direktorium
... Les Jacobins s’agitent fortement ici depuis les derniers revers militaires. Quelques-uns de leurs conciliabules ont recommencé et se tiennent dans des lieux écartés et à des heures indues, pour échapper à
1) Serbelloni.
Mai 18.
Mai 12.
Mai 15.
Mai 15.
304 Urkunden No. 256— 259.
la vigilance de la police. On m'a voulu assurer qu'une députation de ceux-ci s'était rendue chez le président du Directoire, et avait dit: nous demandons l'éloignement de Talleyrand du ministère des relations extérieures; nous demandons la punition des déprédateurs et la mise en accusation du général Scherer et de Rewbell; nous demandons la nomination de Moreau au commandement de l'armée du Danube et la nomination de Joubert à celle d'Italie ; nous demandons l'expulsion des nobles, ou une taxe qui serve de responsabilité de leur conduite; enfin nous demandons l'entrée de Siey&s dans le Directoire comme y étant appelé par lassentiment général de la nation. On m'a voulu assurer également qu'ils avaient offert, en rétribution de ces demandes, de favoriser la levée d'une taxe de guerre de 150 millions de livres, et celle de S0 mille hommes de surplus aux conscrits déjà enrôlés et partis, et d'imprimer un nouvel enthousiasme à l'esprit publie en faveur du gouvernement. Enfin ne s'oubliant pas, ils exigeaient pour rétribution de ces avantages d'être mis en possession, eux et leur parti, de toutes les places de l'intérieur de la République. Le représentant Talot portait la parole. Cette députation a été fort mal accueillie du président Barras. »Quels sont vos pouvoirs pour parler de la sortes, a-t-il répondu ? »Oubliez-vous que le Directoire commande et punit les factieux? Je rendrai compte au Directoire de la témérité de vos propositions, mais en attendant sortez de ma présence. Cela en a imposé. J'ai omis de dire qu'elle avait demandé également la démission du ministre des finances.
Une seconde députation de ces mêmes Jacobins, c'est-à-dire de ceux des représentants de cette secte qui s’assemblent à la Bibliothèque nationale, a été répétée le surlendemain. Prenant un ton plus modéré, elle a démenti le langage de la veille; elle a dit qu'elle n'avait d’autre but dans sa démarche que de se concerter avec le Directoire sur les moyens de repousser les attaques de leurs ennemis communs et sur les moyens d'en triompher de nouveau. La patrie n'était en danger, selon eux, que dans l'esprit des alarmistes. Cette députation a été bien accucillie. Le sieur Barras lui a dit: »je rendrai compte de vos bonnes intentions au Directoire, et je puis vous dire d'avance qu'il se prêtera à toutes les mesures propres à relever l'énergie des armées et de la nation. Cette députation devait être admise aujourd'hui dans le sein du Directoire . . .
Larevellière-Lepeaux a parlé, dans l’entrevue qui a eu lieu avec la députation jacobine, avec autant de force que de dignité. »Si vous voulez partager nos travaux«, a-t-il dit, »et surveiller les déprédateurs publics, vous ne pouvez pas rendre un plus grand service à la patrie: mais si vous voulez partager notre autorité, cela ne se peut pas: la con-
Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 305
stitution nous a placés où nous sommes, et nous saurons nous y maintenir« . ..