Reinhard. Joubert
. .. Sieyès commence à ne plus laisser les places au choix du Corps législatif, et encore moins à celui du club des Jacobins. Il s'occupe sérieusement de rendre au Directoire sa dignité et son autorité. Il vient de nommer deux de ses amis au ministère de la justice et des relations extérieures, tous deux, ainsi que le ministre des finances, ses collègues dans le ei-devant Comité du salut public. Reinhard, au dire de Talleyrand, est un homme instruit, sage, aussi ennemi du propagandisme qu'il l'était lui-même; il professe les opinions du directeur Sieyès sur les relations politiques de la France avec la Prusse et s'appliquera à ménager et cultiver l'amitié de cette dernière . . .
Joubert relève le général Moreau en Italie. Il a obtenu du Directoire un plein pouvoir fort étendu et tel qu'il pouvait le désirer et il emporte une somme de 9 millions de francs pour l'équipement des conserits. Son ton avec le Directoire actuel est aussi altier qu'il l'était avec le précédent. »Je commanderai l’armée d’Italie«, a-t-il dit, »aux conditions suivantes, en les présentant à Sieyès. »Mais on ne fait pas la loi au Directoire«! »On ne fait pas non plus la loi à un général, a-t-il répondu, »à qui on donne une armée battue trois fois« . . . La supériorité de ce général provient autant de son caractère de désintéressement que de ses talents militaires !) . ..