‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 141 sur 234 · Unterredung mit Napoleon Bonaparte · texte numérisé non relu

Unterredung mit Napoleon Bonaparte

La première question que m'adressa le consul Bonaparte dans ma dernière entrevue, c'était si son aide de camp |Duroe] m'avait vu. Lui

1) Hierauf wurbe am 6. December vom Minifterium in Berlin eine Note an Sandoz gefchictt, zur Überreihung an die neue franzöfifhe Negierung, in welcher die Forderung ber Nüdgabe der Eivil-Berwaltung wieberbolt wurbe.

Nov. 17.

Nov. 24.

Nov. 27.

Wov. 27.

‚350 Urkunden No. 299—300,

ayant dit que je n'avais pas eu cet avantage, il le bläma fort d'avoir manqué à ses ordres à cet égard. Je fais mention de cette particularité comme témoignant qu'on ne veut pas manquer aux procédés de convenance. Le ministre de la justice |Cambacérès| était la seule personne qui se trouvât avec moi dans son cabinet. Après quelques paroles assez indifférentes, la conversation ne tarda pas de tomber sur les affaires politiques. »Nous voulons la paix«, me dit le consul, »mais nous la voulons sincèrement et sans crainte et sans faiblesse. Elle ne sera pas difficile à conclure avec l'Autriche, pour peu que nous soyons disposés de condescendre à ses souhaits d’agrandissement; nous avons sur cela des données certaines. Maïs nous tenons à honneur de ménager les intérêts de la Prusse, les nôtres et ceux de l'Europe. Je ne sais pas parler politique, ajouta-t-il, dans le sens qu'on y attache généralement, c'est-àdire avec dissimulation, mais je ne sais en parler qu'avec franchise et vérité. Comment se fait-il que le roi de Prusse, ayant pris dans la guerre actuelle la situation d’une neutralité absolue, ne l'observe pas dans toute sa teneur? et comment se fait-il qu'il veuille y déroger en doublant et triplant la garnison qu'il entretient à Wesel? Pourquoi ces mesures de tracasseries et de défiance envers nous? et pourquoi ces mesures de condescendance et de ménagements envers la Russie? Cette innovation à la neutralité favorise en effet les ennemis avec lesquels nous sommes en guerre, parce qu'elle nous force d'avoir un corps égal en observation de ce côté-làt). La Prusse est trop puissante pour avoir besoin d’excuser sa neutralité, et les temps de Frédéric IT sont trop près de nous pour les oublier et pour ne pas voir son successeur dans le roi qui règne aujourd'hui. Je ne prétends point entraîner le roi de Prusse dans la guerre présente; mais je suis sûr qu'il trouverait plus d’avantages à rester lié avec la République française et de devenir l'arbitre de la paix générale, que de vouloir ménager deux voisins intolérants et ambitieux. Encore une fois, nous avons les moyens de satisfaire la cupidité politique de l'Autriche, et nous serons forcés d'y souscrire si le roi de Prusse ne nous soutient pas de son intervention et de sa puissance. Les prétentions de l'Autriche sont dénaturées |[démesurées ?| et nous les avons réduites et rejetées en grande partie. Mais on ne saurait perdre de vue à Berlin que la paix est devenue un besoin pour la République, et je dirai de plus, un besoin pour l'Empereur. C'est à la

1) In bem bieranf ergangenen Œrlaffe (dd. Dec. 13.) hieß es: »Ces avis sont absolument controuvés, et il n'est question d’aucuns préparatifs, ni d'aucune augmentation de troupes dans ces contrées. C’est pour avoir un prétexte de retenir en Hollande les troupes françaises . . . que l’on fait courir ces bruits et qu'on affecte cette inquiétudes.

Berichte von Sanboy- Rollin. Sendung Duroc’8 nah Berlin. 351

Prusse à s'occuper avec nous des grands intérêts de l'Europe, et à écarter tout ce qui pourrait l’en détourner t) . .. Sa manière de converser est la même que du passé. Il parle franchement et avec vérité. Il a le tact des hommes et des affaires, et il a par-dessus tout le don d’inspirer beaucoup de confiance. Il me dit qu'il ne tarderait pas de nommer un ministre pour résider près de V.M., mais que le choix en était difficile. A cette occasion, j'ai appris que le nom de Grouvelle, envoyé en Danemark, s'étant trouvé sur la liste des aspirants à cette place, il l'avait rayé de sa main...

300. Sendung Duroc8 nad) Berlin. 1799 November 29 — December 20.

Kabinet3-Minifterium an Friedrih Wilhelm IH. Il est arrivé ici hier au soir un adjudant général du général et consul actuel de la République française Bonaparte, nommé Duroe, que le chargé d’affaires Otto m'a présenté ce matin, à moi Haugwitz... Il m'a dit qu'après le changement qui était survenu en dernier lieu dans la forme du gouvernement français, les consuls de la République en avaient fait la notification par écrit à toutes les puissances amies; mais qu'envers V. M. ils n'avaient pas cru devoir se borner à cette marche ordinaire et qu'ils l'avaient expédié, lui Duroc, muni d'une lettre de leur part pour V. M. qu'il était chargé de lui présenter. Le sieur Otto m'a dit ensuite qu'il regrettait infiniment de n'avoir pas, selon l'usage, reçu une copie de cette lettre pour pouvoir nous la remettre; mais qu'il suppliait V. M. de vouloir bien excuser cette omission par l'ignorance absolue des formes diplomatiques où l’on était actuellement en France...

Alvensleben. Haugwitz.

Erlaife an Sandoz3-Rollin. ... (Nicht hiffrirt} Dans une audience que j'ai donnée mardi dernier?) au premier aide de camp du général Bonaparte, Duroc, il m'a remis la lettre dont il se trouvait chargé pour moi de la part du nouveau gouvernement de la République. Elle contient des témoignages d'amitié et d’attachement auxquels je n'ai pu qu'être sensible . .. [Das Folgende in Cbiffern] Les assurances vagues dont je viens de parler forment tout le contenu de cette pièce, et il n'y est nullement question, non plus que dans les entretiens du sieur Duroe, de communications relatives à des propositions de paix que vous supposiez lui avoir été commises . . .

1) Über die Auebrudsmeife Bonaparte's hie e8 in bem eben citirten Erlaffe: »j'ai été frappé du ton d'autorité avec lequel il annonce ses mesures et parle de luimême comme premier ou plutôt comme seul mobile du gouvernements.

2) 3. December.

Nov. 27.

Nov. 29.

Dec. 6.

Dec. 13.

Dec. 20.

Dec. 7.

Dec. 14,

Dec. 16.

352 Urkunden No. 300—302.

.. Le sieur Duroe continue à garder un silence complet sur les affaires et il se propose à retourner à Paris, dès qu'il aura reçu la réponse qu'on est occupé à rédiger en mon nom à la lettre dont il était charge...

.. . [Nicht Hiffrirt] Le chef de brigade Duroe auquel j'ai donné avanthier son audience de congé est au moment de partir pour retourner à Paris. J'ai été très sensible à l'envoi que les consuls m'ont fait de cet officier de mérite, et je le regarde comme une marque particulière d’egards et d'attachement de leur part et comme une preuve du prix qu'ils mettent au maintien de la bonne harmonie avec moi. Il leur rendra compte de l'accueil qu'il a trouvé et des sentiments que je lui ai manifestés en retour. Vous les trouverez aussi exprimés dans la réponse que j'ai faite aux consuls . . . Duroc a parfaitement justifié le choix qu'ils ont fait de lui pour cette commission, et je me fais un plaisir de rendre témoignage de sa conduite, par laquelle il s'est concilié mon approbation et une estime générale. Vous aurez soin d'exprimer ces sentiments aux consuls et au ministre des relations extérieures !) . ..

Beridte des öfterreihifhen Gejhäftsträgers Hudelift aus Berlin. Duroc3 Haltung ift bejcheiden und geeignet Zutrauen einzuflößen.

Einige Damen find jo weit gegangen, daß fie, ftatt abzuwarten, daß Duroc ihre Betanntihaft gefucht hätte, fich bei ihm prüfentiren ließen. Eine Frau Generalin bat ihn vorgeftellt mit ben Worten: ich habe die Ehre, Ihnen den Brigade: General Duroc vorzuftellen, erften Adjutanten des berühmten Heros Bonaparte.

Duroc hat geftanden, daß e8 unmöglich fei, eine jchönere Truppe zu jehen al3 die preußische Garde. E83 bat einen guten Eindrud gemacht, daf er ein Souper nicht annehmen wollte, welches ihm eine Gejellichaft von Kauf: leuten und Halbgelehrten geben wollte?).

301. Friedrich Wilhelm III. an die Confuln der franzöfifchen Republik. Berlin 1799 December 16.

Eoncept vom Geh. Legationsrath ©. D. Le Eog, corrigirt von Haugwi ?). Dank für die erhaltenen Freunbfchaftsverficherungen. Beobachtung der Berträge. Wünsche für Frankreich).

Grands et chers amis. La lettre que vous m'avez adressée après

1) Diefe ganze Stelle war auf ausbrüdlichen Befehl des Königs in ben Erlaf an Sandoz aufgenommen.

2) Beim Abfiebe erhielt Duroc eine goldene hellblau emaillirte Tabatiere mit Brillanten, bie für 1200 Thaler angelauft war.

3) Friedrich Wilhelm III. hatte für die Entwerfung biefes Schreibens folgende Weifung

Sendung Durcc’s nah Berlin. 353

avoir pris les rênes du gouvernement de la République française m'a été remise par le chef de brigade Duroc. et j'ai reçu avec beaucoup de sensibilité les témoignages d’attachement et d'amitié qu’elle renferme. La conduite que je n'ai cessé de tenir envers la République française, dans les circonstances même les plus critiques, a dû lui prouver depuis longtemps ma façon de penser et mon attention scrupuleuse à me conformer exactement à la lettre et au sens des engagements contractés. J'accepte volontiers l'assurance de vos dispositions semblables. J'en avais besoin, je l'avoue, pour me rassurer après l'expérience du passé, et dès ce moment, je me flatte de pouvoir compter avec certitude sur les effets prochains de votre intention à cet égard. Cette fidélité religieuse et réciproque peut seule en effet servir de base à l'établissement d'une confiance solide; elle seule peut assurer et cimenter pour l'avenir les relations que j'ai la satisfaction d'entretenir avec votre république. Mes vœux sincères pour le bonheur de la France et pour la paix de l'Europe dont il dépend si essentiellement ont été manifestés à chaque occasion qui s’en est offerte. Ils sont invariablement les mêmes, et je vous prie d'être convaincus du grand intérêt que je prends et que je ne cesserai d'attacher à tout ce qui peut en hâter l'heureux accomplissement. Sur ce ... votre bon ami Frédéric Guillaume.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris.

302. Unterrebungen mit Beurnonville und Talleyrand. Stimmung ber franzöfiichen Nation. Sieyes und Bonaparte.

... Dans les divers entretiens que j'ai eus avec ce nouvel envoyé Beurnonville!, il m'a confié que le consul Bonaparte lui avait recommandé surtout de s'attacher à gagner la confiance du ministère de V.M. et à respecter les étiquettes reçues. Il lui a parlé en même temps de l'intérêt que devait avoir la Prusse de seconder la République dans ses négociations avec l'Autriche: que sans cela elle serait forcée de consentir à des sacrifices qui tendraient nécessairement au détriment de la Prusse, ce qui était contre ses souhaits et absolument contre sa volonté.

gegeben: »Ma réponse sera courte, amicale, mais surtout conforme à ma dignité. Mais il est une phrase dans cette lettre qu'il convient surtout de relever; c'est celle où les consuls annoncent l'intention qu'ils prétendent avoir d'exécuter religieusement les traités existants. Il faut leur donner à connaître, avec ménagement sans doute, mais de manière cependant qu'ils ne s'y méprennent pas, que les relations futures de la Prusse avec la France dépendent des égards que les consuls auront pour ceux qui existent etc.« (Saugmwit an ©. D. le Eoq, Dec. 12.) Baillew, Preufen u, Grantreid. 1. 23

Tee.

Te.

De. 1.

354 Urfunben Je. 302—305.

Il avait appris par expérience qu'il était bien plus facile à faire la guerre à l'Empereur qu'à faire la paix . ..

Le sieur Talleyrand est revenu . . . à me parler de liaisons à resserrer et d'alliance à former avec V.M.; que le gouvernement actuel offrait une garantie que ceux du passé n'avaient pas!). »A chaque mutation de gouvernement en France, ai-je répondu, »vous n'avez pas cessé de tenir le même langage, et certes le temps n'est pas encore venu de prononcer sur la durée du gouvernement actuel! Mais voulez-vous préparer les dispositions de la Prusse à ce que vous souhaitez, commencez par lui complaire dans les demandes qu'elle vous a adressées successivement, et nommément dans la dernière concernant la régence civile des provinces transrhénanes. Occupez-vous ensuite de ménager ses intérêts dans les négociations de la paix, et de lui procurer des dédommagements tels à mettre la Prusse en parité d’agrandissement avec l’Autriche« . ..

La grande affaire ne sera pas de savoir, comme j'ai vu des gens le mettre en question, si cette constitution plaira, ou non, à la majorité de la nation; elle sera censée avoir son assentiment dès le moment quelle sera organisée et proclamée. La nation française n'a véritablement depuis dix ans ni opinion, ni volonté, ni caractère: elle cède à tous les hommes et aux événements qui disposent de l'autorité.

Jusqu'à ce jour le sieur Sieyès paraît complaire en toutes choses aux décisions de Bonaparte. C'est en effet ce dernier qui règne pendant le gouvernement provisoire. Cela a étonné ceux qui connaissent l'amour-propre et lirritation naturelle dudit consul . . .

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