Grlaß an Sandoz-Rollin in Paris. Berlin 1500 März
Unterrebung zwiihen Haugwig und Beurnonville.
.. . [Nicht in Ehiffern] L'objet principal de celle-ci est de vous faire part d’une explication que mon ministre du cabinet, le comte de Haugwitz, vient d'avoir avec le général Beurnonville, au sujet de la future pacification avec l'Empire. Cet envoyé lui a parlé d’une ligne de la Meuse et de la Moselle qui, selon l'idée du Premier Consul, pourrait servir de base à l’arrangement des nouvelles frontières entre les deux États . . . Il a déclaré que les ordres de son gouvernement l’autorisaient à s’en ouvrir. On est entré dès lors en explication avec lui sur le sens que ce gouvernement y attache, et l’on a compris que son idée serait de prendre le Rhin pour frontière de la France jusqu'à son confluent avec la Moselle, c'est-à-dire jusqu'au point de Coblence; de remonter ensuite ce fleuve jusqu'à un point qu'il s'agirait de déterminer encore et de tirer de là une ligne jusqu'à tel point donné du cours de la Meuse, de manière que le terrain entre cette ligne, la Moselle, la Meuse et le Rhin resterait à l'Empire . . . J'ai fait témoigner en réponse au général Beurnonville
Berichte von und Erlaf an Sanboy-dtollin. 375
qu'à la vérité cette proposition, comme en général tout ce qui touchait d'une manière directe les intérêts de la Prusse, pourrait être un objet d'examen et de discussion entre celle-ci et la France, et que sous ce point de vue j'étais loin de vouloir m'y refuser aux pourparlers qui sy rapportent: mais que dans les circonstances présentes, où le but et le désir de la République était de frayer les voies au rétablissement de la tranquillité générale, il semblait être beaucoup moins question de ce point de vue isolé que de me mettre, conjointement avec la Russie, en état de porter des paroles de paix et d’en articuler les bases fondamentales envers la cour de Vienne aussi bien qu'envers l'Empire, et que pour cet effet l'essentiel était d'abord d'engager le cabinet de Saint- Pétersbourg à entrer dans les vues conciliatoires de la France et de les seconder; qu'il fallait donc avant toutes choses voir la réponse probablement très prochaine de ce cabinet; ...que d’ailleurs je priais le Premier Consul de considérer que, quelle que fût ma façon de penser particulière et mon désir d'amener une conciliation, il était impossible cependant qu'en qualité d'État prépondérant de l'Empire germanique, je fusse le premier organe d’une proposition qui ne tendait à rien moins qu'à détacher une partie très considérable et infiniment précieuse de son territoire et à le priver en particulier de la forteresse de Mayence comme de son boulevard principal, et qu'il me paraissait à d'autant plus forte raison essentiel de connaître avant tout les dispositions de la Russie, dans l’attente desquelles j'abandonnais au gouvernement français de se consulter de plus en plus sur les bases qu'il pourrait articuler pour jeter les fondements de la pacification générale . . .
Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris.