‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 160 sur 234 · Unterrebung mit Napoleon Bonaparte · texte numérisé non relu

Unterrebung mit Napoleon Bonaparte

... Avant-hier le Premier Consul m'a dit: »la rupture avec l'Autriche est inévitable, et les hostilités vont commencer; les ordres viennent d'être envoyés en conséquence aux armées. Jusqu'à cette heure, j'avais trouvé dans la correspondance du cabinet de Vienne des indices de dispositions pacifiques, mais les intrigues de l'Angleterre, ou plutôt son argent l'ont emporté. Ses propositions sont devenues dès lors si déraisonnables, qu'il ne m'a plus été possible de les écouter. Je ferai done la guerre, puisqu'on m'y force. On s’est abusé à Vienne et en Europe peut-être sur mes offres pressantes de paix: on les a attribuées à des sentiments de crainte, à la pénurie de nos ressources et à l'instabilité du gouvernement actuel; erreur funeste, dont on ne tardera pas à être détrompé. Certainement je ne crois pas être présomptueux en présageant

Mars 28.

April 24.

que la chance tournera absolument dans cette guerre contre l'Autriche. Nos armées sont complètes, animées du même esprit et commandées par des généraux expérimentés et habiles: toutes nos forces sont concentrées, et de quelque côté que l'ennemi veuille nous attaquer, il trouvera un front d’airain inexpugnable«. Le Premier Consul ajouta ensuite cette réflexion : »si le Directoire exécutif a commis une faute énorme en refusant la paix à Rastatt sur les bases du traité de Campo Formio, le cabinet de Vienne en commet une plus grande encore en refusant d’admettre des propositions qui l'amélioraient encore; il aura bientôt lieu de s'en repentire . ..

Je lui témoignai . .. le désir de lui communiquer un extrait des ordres de V. M. du 4 de ce mois relativement à la Russie et à la rive gauche !\. L’ayant agréé, je lui en fis lecture dans la soirée du même jour. Il y prêta beaucoup d'attention et me dit: »certainement la médiation du roi de Prusse pour la paix continentale eût été utile dans un autre temps; mais aujourd'hui elle resterait sans effet. La guerre est prête à éclater; l'Autriche n'est pas une puissance avec laquelle on traite avec facilité, et pour peu que j'eusse fait confidence à Berlin et à Madrid de mes pourparlers avec cette puissance, tout accès et tout moyen de correspondance m'eût été fermé aussitôt. Il faudra donc combattre et attendre l'issue des événements, avant de profiter des bonnes dispositions conciliatoires du roi de Prusse. Je tiens à la ligne du Rhin pour la France, parce que nos revers n'ont pas été de nature à y faire renoncer, parce que la considération du nouveau gouvernement y est attaché, et enfin parce que nous croyons avoir les forces suffisantes pour maintenir la cession qui en a été faite à Rastatt. En effet, quoiqu’on s’etudie à les rabaisser dans l'étranger, je les estime suffisantes pour déconcerter non seulement les efforts des Autrichiens, mais encore pour remporter des avantages considérables et vivre aux dépens de l'ennemi. On ne voudra pas contester au moins au gouvernement français quelque expérience en tactique militaire; ce.serait trop sabuser. La mauvaise issue de l'expédition d'Égypte offre même une chance favorable à la concentration de nos forces. Nous retrouverons dans le courant du mois de mai prochain un corps de 18 mille hommes composé de troupes aguerries et de généraux habiles propres à se réunir à l'armée d'Italie. Mon départ précipité de l'Égypte a fait commettre des fautes et a porté de plus un découragement que rien n'a pu arrêter. Le soldat a envisagé ce départ

1) In bem Erlaf vom 4. April ichrieb der König, daß ber Verzicht Frankreichs auf bie Nheingrenze »me mettrait en état de tenir, conjointement avec la cour de Russie, un langage propre à remplir le but proposé à l'égard de l’Autriche« (Öfterreich zum Frieden zu zwinen).

Berichte von Sanboz-Mollin aus Paris. 377

comme un signe certain de ce que j'avais reconnu l'impossibilité de me soutenir en Égypte, ce qui était loin de ma pensée; dès lors il n'a plus été possible de le guérir de ses craintes et de son abattement« »Que deviendra la Bavière au milieu du choc des armées % interrompit iei le général Bonaparte. »Elle vient de consacrer son attachement pour l’Autriche et son inimitié pour la France au moyen du traité de subsides conclu avec l'Angleterre. Que deviendra-t-elle, la Bavière, si, forçant les Autrichiens de rentrer dans les provinces héréditaires, nous parvenons à occuper cet électorat? Le roi de Prusse ne voudra pas exiger alors de nous que nous ne mettions pas ce pays à contribution, et que nous ne le fassions repentir de l'infidélité de l'électeur. Pourquoi cet excès de contingent? pourquoi ce traité de subsides, et pourquoi ces preuves publiques d’attachement et de confiance pour notre ennemi le plus acharné, l'Angleterre X« . . .

Passant de là aux soins que V. M. prend pour ménager un rapprochement entre la Russie et la France, il me chargea d'être l'interprète de sa reconnaissance à cet égard. Il ajouta que, connaissant l'esprit de droiture et d'ordre que V. M. mettait dans toutes les affaires, il n'avait aucune impatience sur le retard de la réponse attendue de Petersbourg...

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