Tbenerung
... La cherté augmente de jour en jour, et bientôt le bon marché sera fini pour l'étranger comme pour le Français. On ne fait plus de repas chez les bons restaurateurs à moins de 160 sans et de 200 livres avec le vin, dont la bouteille de bon Bordeaux coûte chez le restaurateur de S0—100 livres. On m'a augmenté hier mon quartier d’un tiers, et c'est déjà la seconde angmentation. La voiture coûte le double de ce qu'elle m'a coûté le premier mois. Cependant il ne fait pas encore tout à fait si cher pour l'étranger, dans quelques articles, comme du temps de l'ancien régime.
16. Stellung der Parteien zu der neuen Verfaffung. Zerrorismus und Noyalismus.
... Tout est ici en mouvement pour intriguer dans les assemblées primaires, les uns pour et les autres contre la Convention nationale. L'acceptation de la constitution est dans la volonté de tous les partis, quoique dans des intentions bien différentes. Les républicains l'acceptent parce qu'elle établit la république; les indifférents, parce qu'ils sont las et veulent du repos; les riches, parce qu'ils aiment leurs biens et craignent de les perdre par une nouvelle révolution; et enfin les royalistes, parce qu'ils se flattent de l'espoir qu'elle ne pourra pas vivre ni marcher longtemps, à cause de la faiblesse du pouvoir exécutif, et de cette opinion sont encore les montagnards de la Convention, qui voudraient remettre la constitution de l'an 1793 sur le tapis. Les constitutionnels se montrent pour la nouvelle constitution, il n'y a pas de doute; mais on pourra cependant soupçonner la sincérité de leurs sentiments et croire qu'ils tiennent au fond de leurs âmes avec ceux qui l'acceptent parce qu'on lui présage l'extinction par la mort de la langueur et qu'on sera forcé, si on veut la soutenir, de faire des changements au pouvoir exécutif, qui prêtent à l'idée d'un président, qui gagne de jour en jour des partisans . . .
On a relâché un grand nombre de terroristes incarcérés pour les faire rentrer dans les assemblées primaires, et la lutte de ces gens, des troupes et des autres citoyens, y compris la garde nationale, qui tient avec le bon bourgeois, pourrait facilement s'engager et occasionner des troubles. La Con-
Sdreiten von Gervinus in Paris an Hardenberg. 411
vention républicaine se rapproche et se raccommode avec ses collègues montagnards et les terroristes en dehors pour détruire le royalisme qu'elle craint plus que le terrorisme. La majorité des bons citoyens craint plus le dernier que le premier, qui est, on ne peut pas se faire illusion, l'opinion de plus de la moitié des habitants de la France; mais la Convention, le gouvernement et presque tous les administrateurs de la République étant républicains et ayant tons les moyens et même l'armée à leur disposition, les royalistes, sans grand moyens, sans point de réunion, auront beau faire : ils ne réussiront pas à présent. Le grand mal qui pourra résulter de cet état des choses est celui, que la rigueur extrême des mesures et un gouvernement militaire approchant du despotisme seront nécessaires pour soutenir la république, dont la nation à la fin pourra se lasser et passer à une autre extrémité!) . ..
17. Nothwendigkit einer feften Haltung gegen Franfreih, von bem Preußen feiner Schwäche wegen getäufcht und verachtet wird.
.. . Tenez vous pour dit: que nous avons été et serons encore longtemps la dupe du gouvernement français. Sans un grand caractère de fermeté et un langage fort et même menaçant, nous ne ferons ni n'obtiendrons rien de ces messieurs qui se moquent de nous et de notre faiblesse 2}. Rohde, le pauvre sire, m'a à la fin dit la même chose, et quelque enragé qu'il soit pour le gouvernement français, il a avoué qu'il voyait qu'on nous trompait et méprisait à la fois. Voilà la clef de l'énigme! Nous aurions dû laisser la très grande partie de notre armée en Westphalie et parler haut, et on aurait eu tout ce que nous avions droit d'attendre d'une nation avec laquelle nous avons fait les premiers la paix, et que nous avons ménagée et caressée même pendant la guerre. J'aurais bien voulu être ici en de pareilles circonstances sous feu le roi, et je réponds que nos affaires auraient une tout autre tournure en peu de jours.