Œalleyranb. Newbell. Scherer
On m'a voulu assurer que le ministre des relations extérieures avait dans ses poches un bon et valable passeport, dont il ne s'agit que de remplir la date, et que, si les choses allaient mal, il décamperait dans la bagarre et irait rejoindre son cher — Ce prêtre adroit n'a pas acquis un pouce de terre; mais il est possesseur d'un riche portefeuille, et il a déposé près de trois millions soit à Hambourg, soit à Londres. Le seul traité d'alliance avec la Suisse lui a valu 500 mille francs. Il avait promis dans le temps qu'il le ferait suivre d'un traité de commerce, mais quand il eut touché cette somme, il ne s'est plus souvenu de sa promesse. Talleyrand seul aurait-il tant d'esprit? . . .
Il paraît que le Corps législatif persistera dans son projet d'accusation contre les déprédateurs des deniers publics et particulièrement contre Schérer. Dans cette cause, qui est celle du Directoire et surtout celle de l'ex -directeur Rewbell, ce dernier fait sottise sur sottise, au point que ceux de ses collègues du Conseil des Anciens qui ne s'étaient point ouvertement prononcés contre lui commencent à l'éviter et qu'il ne lui reste d'autre appui dans les deux Conseils que celui de la faction des portiers. C’est l'épithète dont on vient d’houorer les partisans du Directoire . . .
8. Widerftand der Bevölkerung gegen die Eonfeription. Der Gejandtenmord.
Un homme dont je ne saurais soupgonner la vérité parcourt dans ce moment les provinces meridionales de la France. Il m'écrit que sur toute sa route, depuis Tours à Bayonne et de là à Montpellier, il a eu lieu de se convaincre par ses propres yeux des difficultés qu'éprouve l'exécution de la loi sur la conscription militaire. Dans beaucoup d'endroits, le peuple est en révolution ouverte contre les délégués du gouvernement. Ailleurs les conscrits se dérobent à l’enrölement par la fuite; partout on est obligé d'employer la ruse ou la violence pour se procurer des recrues, et la force, pour les garder et les transporter aux chefs-lieux des rassemblements. On les conduit par petits pelotons de 50 à 80 sous l'escorte d'autant de gendarmes ou soldats, qui marchent la mèche allumée ; très souvent on les enchaîne. On n'ose pas les loger la nuit dans les villages. On campe, ou bien si l'on trouve quelque grande maison commune, une caserne ou une prison, on les y tient soigneusement renfermés.
1) Gefanbter der Eisalpina in Paris,
Sreiben des Legationsraths PB. Rour aus Paris. 423
Il est échappé à Jean Debry de dire que le Directoire pouvait se féliciter d'avoir été délivré de Bonnier et Roberjot; que ces deux plénipotentiaires étaient ses plus grands ennemis ; que le premier surtout ne cachait plus, vers la fin du congrès, lindignation qu'il ressentait de la conduite du Directoire ; qu'ils paraissaient convaincus l'un et l'autre qu'il ne voulait pas la paix, et prétendaient que sa mauvaise volonté à cet égard avait seule pu les empêcher de signer; qu'ils auraient apporté ces sentiments à Paris et que Bonnier était décidé à se porter l'accusateur du Directoire !). Un mois environ avant sa mort, le sieur Bonnier a dit au ministre de Gênes à Rastatt [Boccardi|, son intime ami, qu'il avait acquis la presque certitude que la catastrophe de Bernadotte à Vienne était l'ouvrage du Directoire, qui à tout prix voulait la guerre; qu'il n'osait confier cet horrible soupçon à personne qu'à lui, mais qu'il avait de trop fortes données pour se défendre d'y croire . . .