‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 234 sur 234 · Allgemeines Svfiem der preufifchen Politik · texte numérisé non relu

Allgemeines Svfiem der preufifchen Politik

Monsieur le Baron. La cour de Berlin sent vivement l'avantage d'avoir acquis par son système de neutralité une supériorité décisive dans les affaires de l'Allemagne, en soumettant à son influence immédiate la moitié de cet Empire intéressant, ce qui la met à même de pouvoir tranquillement attendre les événements, et d'entretenir en attendant aux frais d'autrui un corps d'armée gardien du cercle magique tiré pour sa sûreté présente, tout aussi bien que pour tous les contingents futurs possibles. Cet avantage essentiel et d'autant plus précieux qu'il ne coûte ni sang ni argent, vaut pour la Prusse une véritable conquête, laquelle cependant ne peut pas être consolidée que par un état de tranquillité illusoire, dont on fait jouir des princes pusillanimes, desquels on ne pourrait guère attendre quelque effort, puisqu'ils sont incapables de celui

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de sauver la constitution de leurs peres, qui seule pouvait garantir leur indépendance. e

Une suite de cette manière de voir est que le cabinet de Potsdam, qui ne s'est point imaginé de calculer s'il pourra pour lui résulter quelque danger si l'état de guerre devient pour ainsi dire l'état habituel de ses voisins, en désire la continuation, surtout depuis qu'il ne craint plus le ressentiment des alliés divisés par des mésintelligences, dans lesquelles il se gardera bien d'intervenir autrement que pour les prolonger; se flattant d'atteindre par ces manœuvres au moment de la paix le double but d’une indemnité pour ses provinces d’outre- Rhin, et pour des prétendus frais de guerre, et d'établir ce qu'il appelle une frontière sûre et solide dans le Nord de l'Europe. Quoique, pour se rapprocher des cours de Londres et de Pétersbourg, on ait eu quelquefois et encore en dernier lieu très fortement l'air à Berlin de se prêter au projet du statu quo ante bellum, qui obligerait la Prusse de se contenter de la reprise de ses provinces d’outre-Rhin, on est persuadé ici qu'une telle idée est tout aussi impossible à exécuter, que ce serait une étroite union des alliés pour empêcher la Prusse de continuer son jeu. On n'a pas pu parvenir jusqu'à présent à savoir de M. le comte de Haugwitz ce qu'il entend par la phrase d’une frontière sûre dans le Nord. C'est le grand secret qu'il s'est bien gardé d’articuler pour ne pas anticiper sur les événements. On peut présumer en attendant que si les Français étaient restés on pouvaient redevenir maîtres de la paix, la frontiere sûre aurait signifié plus ou moins l'exécution de ce qui a été stipulé dans la convention secrète signée à Berlin le 5 août 1796 entre M. de Haugwitz et Caillard ; aujourd'hui, où les apparences sont moins favorables, on se contentera de l'établissement du prince d'Orange, de quelques arrondissements, sécularisations, de quelques échanges peut-être, à condition qu'une espèce de ligne de démarcation continuera d'exister même après la paix générale.

M. de Jacobi doit avoir insinué à Londres que comme la maison d’Autriche verrait sans doute avec plaisir devenir le Nord de l'Allemagne le théâtre de la guerre, et que cette contrée est dépourvue de forteresses, des subsides pourront être indispensables pendant quelque temps pour l'entretien d'une armée sur le bas-Rhin. Mais l'Angleterre a répondu constamment jusqu'à présent que ce n’est que par la reprise des Pays-Bas et par l’affranchissement de la Hollande que l'on peut espérer d'atteindre le but proposé. M. le comte de Haugwitz est tout aussi convaincu de cette vérité que le peut être le ministère anglais, surtout de l'intérêt majeur que celui-ci doit prendre à l’affranchissement de la Hollande, mais il compte voir réaliser ce grand événement, non pas par la voie des armes, mais moyennant quelque sacrifice que l'Angleterre ou l'Autriche pourra faire ailleurs à la paix, et qu'ainsi le Nord sera rassuré sans avoir couru les chances de la guerre. Il sait que pour cela on n'aura pas moins besoin de la Prusse, pour maintenir et garantir l'ordre établi et empêcher de nouvaux envahissements de la part des Français.

En attendant M. le comte de Haugwitz prétend concourir au bien général par des négociations et par des bons offices, faisant comprendre aux missions anglaise et russe qu'il fait beaucoup en paralisant les efforts du parti français à la cour, et que ce n’est pas le moyen d'amener le Roi que de l’effaroucher,

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mais qu'on pourrait y parvenir par des ménagements, en lui montrant beaucoup de confiance et en commençant par fournir de l'argent pour étendre les mesures défensives déjà établies. Ce ministre demande à ceux qui lui ont fait la réflexion que tout cela pourrait fort bien encore aboutir à rien, s'ils en connaissent d'autres moyens? ou s'ils croient que l'on puisse se dispenser du concours de la Prusse ?

Comme on croit s’apercevoir aujourd'hui que l'Empereur de Russie, en rappelant ses troupes, va se rapprocher dans le fait du système de la Prusse, les ministres du Roi reproduiront à la première occasion qu'on leur en donnera l'idée d'un concert de mesures défensives entre les trois cours, pour consolider la tranquillité du Nord de l'Europe; concert qui forcerait peut-être pour le moment la cour de Berlin de renoncer à des agrandissements considérables, mais lequel, en conservant la ligne de démarcation, imposerait assez, à ce que l'on s'imagine, à l'Autriche et à la France, pour les contenir dans ce que l'on appelle de justes bornes. Car telle est la complaisance des ministres prussiens que déjà ils ont découvert, d'après des données fournies par M. le baron de Krüdener, que réellement sous le rapport de l'avidité il y a beaucoup d’analogie entre nous et les nouveaux républicains; il ne s'agit aujourd'hui que de faire participer cette opinion à l'Angleterre et de l'en alarmer au point pour ses intérêts du continent, qu'elle se prête à solder la nouvelle neutralité armée. Mais outre le peu de probabilité qu'une pareille négociation pourra réussir à Londres, la grande méfiance qu'inspire le caractère personnel de Paul 1°", la ferme résolution de 8. M. Prussienne de ne point se compromettre, mettraient des obstacles invincibles à la conclusion . . .

Drud von Breitfopf und Härtel in Leipzig.

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