Bericht von Sandoy Rollin aus Paris
Gefpräd mit Sieyes.
... Les dispositions pour la paix se montrent chaque jour davantage, et j'en ai la confirmation de la bouche de plusieurs députés. Le cri général de Paris est celui-ci: faites la paix, et vous aurez de l'argent et du pain?) ...
J'ai vu l'abbé Sieyès dans une maison tierce. C’est l'homme du temps dont il est le plus difficile d’avoir une idée juste: ses partisans l’élèvent comme un dieu, et ses détracteurs le rabaissent comme un diable. Cet homme misanthrope et plein de fiel possède une âme forte, de la capacité et des préventions extrêmes. La conversation est tombée sur la paix. »Si la France, ai-je observé, »conquiert un pouce de terrain du côté du Rhin, elle commet la faute de se faire un ennemi de l'Empire et de le jeter entièrement dans les bras de l'Autriche. Si la France au contraire veut s'attacher le roi de Prusse, elle doit prendre le statu quo pour base de ses négotiations et attribuer par ce moyen à ce monarque la principale influence en Allemagne; ce qui est la partager«. »Vous tairai-je«, reprit Sieyès, »ce qui arrête la France de suivre ce système? Je ne veux pas dissimuler: c'est qu’elle n’est pas aussi assurée de l'attachement du roi de Prusse à son égard, qu'elle en aurait besoin. Elle le voit hésiter dans sa politique entre la Russie et l'Autriche, et entre celle-ci et la France. Tout dépend de ce doute«. »Comment nous entendre% ai-je répondu, »qu’ont de commun les fausses préventions contre le roi de Prusse et la paix de l'Empire x »Si fait«, a-t-il répliqué, et il s'est enveloppé dans un raisonnement que ni moi ni lui n'avons pu entendre. »Ceux qui m'ont accusé d’être ami de l'Autriche, a-t-il repris, »ont menti; ceux qui me représenteraient ami des Prussiens, mentiraient également: je ne suis que Français ...
1) Dr Erlaf vom 7. December.
2) »La paix et les subsistances: voilà . . . le désir des habitants de Parisx Pofizei- Bericht vom 1. December bei Schmibt, Tableaux 2, 497; vergl. 3, 8.
Dec. 28.
Berichte von Sandoz.Rollin aus Paris.
26. Gifte Aubienz bei bem Direktorium. Gegenjeitige Anfpracen.
1796 Nicht hiffrirt! Mes audiences de présentation ont eu lieu ici le Jan. 3. 31 décembre . . . À onze heures et demie du matin, je me suis rendu chez le ministre des relations extérieures [Charles Delacroix], accompagné du chargé d'affaires Fervinus et des conseiller et secrétaire d’ambassade de Bohm et Roux, ce qui était me conformer à son invitation. Les compliments d'usage terminés, j'ai remis à ce ministre mes lettres de créance '), autant pour lui en laisser prendre lecture, que pour m'éclaircir si la forme qui y était donnée n'élèverait point quelque difficulté. Je le craignais. Le sieur Delacroix n'a eu aucun sentiment à lui sur cet objet; mais il est convenu de prendre celui du Directoire exé-
eutif, peu de moments avant l'audience.
Midi avait sonné, lorsque je suis sorti de l'hôtel de ce dernier, pour me rendre au petit Luxembourg, dans ma voiture et avec les mêmes personnes. Celle du ministre des relations extérieures suivait. Là j'ai été conduit avec plusieurs ministres étrangers dans une pièce indépendante de la maison principale. Alors le ministre a requis ma lettre de créance, pour en donner communication au Directoire exécutif. Rentré peu de temps après, il m'a dit que ce tribunal ministériel ne s’arrötant point à la forme de la lettre en question, serait fort empressé de m'accréditer comme ministre de V. M., et que mon audience serait publique. Quatre huissiers, vêtus dans un costume à-peu-près semblable à celui des anciens hérauts d'armes, ont paru ensuite et ont averti que tout était prêt pour me recevoir. Le ministre, me donnant la droite, m'a conduit de cette pièce à l'hôtel du petit Luxembourg. Une foule de monde en remplissait les avenues et les appartements. Des soldats rangés en file s'étendaient jusqu'au centre même de la salle où le Directoire exécutif m'attendait. Ici les six ministres des départements étaient
I) Die lettres de créance find vom 1. bezw. 23. Oftober batirt.
Berichte von Sanboy-Rollin aus Paris. 43
placés en demi-cerele et debout et étaient costumés de leurs robes de velours noir, doublées de satin rouge de feu. Présenté au président du Directoire, Rewbell, je lui ai remis mes lettres de créance. Puis j'ai adressé au Directoire un compliment dont je joins ici la copie; compliment bien conçu peut-être, mais mal débité pour avoir voulu me fier trop à ma mémoire. Le président y a répondu avec précision. Il a dit en substance que la République française avait une bienveillance générale pour toutes les nations de l'Europe, mais qu'elle distinguerait toujours l'amitié du roi de Prusse de celle des autres puissances, et qu'elle aurait infiniment à cœur de cultiver ses liaisons et sa bonne intelligence :
Jan. 3.
enfin que le Directoire donnerait confiance au caractère de son ministre
plénipotentiaire. Cette audience ainsi terminée, j'ai été présénté individuellement à chacun des six ministres, et chacun d'eux m'a accueilli avec intérêt et affabilité . . .
(Chiffrirt] Voilà pour ceux qui me liront en France. Présentement la vérité. Rien n'était plus mal disposé relativement à la représentation de cette audience ; nul ordre, nulle décence et nulle étiquette n'y étaient observés. A peine le ministre Delacroix savait-il à qui et quand il devait me présenter; à peine ai-je su quand je devais parler. D'ailleurs la foule affluait sur le Directoire et sur les assistants, de manière à embarrasser et à se mouvoir difficilement. L'expression de bienveillance de la nation française pour les autres nations a étonné; mais elle a échappé au président, qui en est convenu avec ses amis et qui aurait bien voulu la retirer. Où j'ai trouvé plus de décence et de convenance, c'était dans une pièce attenante à la salle d'audience, destinée uniquement aux membres des tribunaux et aux étrangers de distinction. Là j'ai pu m'entretenir avec plusieurs des ministres |?], parmi lesquels j'ai distingué facilement les sieurs Rewbell et Carnot comme les principaux meneurs du Directoire exécutif. On ne saurait s'y tromper: le premier montre de la force et de l'impétuosité dans le caractère, le second montre plus de ductilité dans l'esprit et infiniment plus de connaissances: son maintien n'a décelé en rien le jacobinisme qu'on lui connaît dans l'âme ...
Sandoz:Rollin’s Anfprahe an bas Direktorium:
Monsieur le président. La mission que je remplis aujourd'hui près la République française recommence des liaisons d'amitié qui n'avaient été qu'interrompues. Je suis très flatté en mon particulier d’être un des premiers organes à vous assurer de leur sincérité. L'amour de !’humanité qui caractérise dans ce jour la politique du roi mon maître ne se démentira point. Il y restera fidèle, et continuera d'employer son inter-
Jan. 3.
Jan. 7,
44 Urlunben No. 26—29.
vention toutes les fois que les circonstances l'y appelleront. Pénétré de ce système le roi mon maître élève des souhaits pour qu'une paix glorieuse mette bientôt la République française au-dessus de ses victoires '). C'en doit être le terme! Pacifier l'Europe, c'est s’agrandir de l'amour des peuples. Interprète comme je le suis de l’amitie qui rapproche déjà les deux nations, je chercherai, messieurs, à mériter votre confiance par
la droiture et la franchise de mes démarches. Je la sollicite d'avance. Hüffer 1,299. Bergl. auch Häuffer 2, 69 Note 1.