‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 38 sur 234 · Ynfidten Delacroig’s über bas beutite Reid · texte numérisé non relu

Ynfidten Delacroig’s über bas beutite Reid

... L'opinion du sieur Carnot sur la réunion prochaine de Nuremberg à la domination de V.M. n’a pas été celle du sieur Delacroix, tant s'en faut): si l’un y trouvait peu d'inconvénients, l’autre y apercevait au contraire des difficultés insurmontables. »Ce serait offrir un exemple fâcheux; ce serait fouler trop ouvertement aux pieds les franchises et les immunités desdites villes, et enfin ce serait jeter parmi elles l'alarme à la nouvelle d’une semblable entreprise. Ces arguments me surprirent dans la bouche d'un homme qui s’est montré ardent à échanger, à aliéner et à conquérir. Je fus étonné surtont de lui voir envisager les villes impériales comme autant de petites démocraties répandues sur la surface de l'Allemagne . .. A mesure que le sieur Delacroix rédige et conclut des traités particuliers de paix, il amplifie ses idées et ses rêves politiques; chaque jour en voit éclore de nouveaux: tantôt il veut ériger un grand nombre de principautés d'Allemagne en républiques indépendantes et les faire servir de barrière entre l'Autriche et la République française ; tantôt il veut agrandir les États du due de Wurtemberg et du margrave de Bade, et les opposer pour barrière à l'Autriche . ..

67. Mittheilungen Netobell's über ben Angriff auf bas Lager von Grenelle.

Aug. 25.

Sept. 4.

... [Nicht diffrirt) Les mêmes brouillons et terroristes qui avaient Gt. 11.

essayé de soulever le peuple de Paris au moyen de drapeaux blancs ?), ont tenté dans la nuit du 9 au 10 de ce mois de soulever le camp de Grenelle. Leur projet était de s'emparer des armes, de l'artillerie et de

1) Carnot äußerte fit zuftimmenb zu ber Einverleibung Nürnberg’s in Preußen, vor: ausgefett, daß biefelbe mit bem freien Willen der Einwohner erfolge.

2) In der Nacht vom 29. zum 30. Auguft wurde an ber Thüre bes Hotel Beauvau eine weiße Fahne aufgehängt mit ber Infchrift: vive le roi, mort aux républicains.

Sept. 11.

Sept. 17.

ss Urkunden No. 67—68.

marcher ensuite sur le Directoire. Six à sept cents de ces terroristes armés de sabres et de pistolets se sont portés sur les gardes avancées et ont massacré deux sentinelles. Puis pénétrant dans l'intérieur du camp, ils ont crié: mort au Directoire et aux deux Conseils, et ont chanté l'air des Marseillais, signes convenus sans doute avec ceux qu'ils croyaient être de leur parti. Mais ici ils ont été trompés dans leur attente et dans leur complot. Bien loin qu'aucun des soldats fit mine de se joindre à eux, tous au contraire se sont réunis, infanterie et cavalerie, pour les repousser et les punir de la manière la plus terrible. Le choc n'a pas été long: c'était la valeur militaire d’un côté, et c'étaient la lâcheté et la trahison de l'autre. Dix-huit à vingt ont été tués et cent trente-deux ont été arrêtés et jetés dans les prisons. Un général ex-conventionnel et deux autres chefs du même parti sont du nombre des derniers. Leur jugement remis à une commission militaire ne sera pas long, et on attend que dans ce jour ils seront fusillés.

(Ehiffrirt] Je tiens ces détails du sieur Rewbell, que j'ai vu hier au soir. »La tentative du camp de Grenelle«, m’a-t-il dit, »est une suite de celle des drapeaux blancs, ce sont les mêmes brouillons et les mêmes brigands. On voudrait nous faire croire que les royalistes l'ont tramée et exécutée. Nous ne prenons pas ainsi le change: nous connaissons parfaitement ceux qui sont les leviers invisibles de ces mouvements, et je puis vous confier que ce sont tout simplement deux représentants du Conseil des Cing-Cents'!). Heureusement ils sont impuissants en capacité et en fortune et ne nous inspirent aucune crainte; toutes leurs machinations et tous leurs efforts n'aboutiront qu'à les dévoiler et à les dénoncer de mieux en mieux. La constitution est fondée et rien ne saurait plus l’ébranlerc . . .

68. Barras. Das Direftorium und die Rätbe. Delacroix. Unterrebungen mit Carnot und Delacroix Über die Bejebung Nürnbergs. Jourdan.

Angriff auf das Lager von Grenelle. Qui a fourni aux dépenses des conspirateurs? quelques agents obscurs de l'Angleterre et plusieurs membres du Corps législatif, ennemis secrets du gouvernement, en sont accusés. On doit même en avoir acquis des renseignements non équivoques dans la dernière affaire du camp de Grenelle. Croirait-on surtout que Barras, Tallien, Lessard et Camus sont ceux qui contrecarrent toutes les opérations du gouvernement? Rien n'est plus vrai. Carnot me l'a donné à entendre assez clairement dans un de mes derniers entre-

1) Tallien und Greron.

Berichte von Sanbez-Rollin aus Paris, 89

tiens. Mais qui est Barras, et d'où vient sa haine contre le corps même dont il est membre? . .. En octobre de l'année dernière, il se montra le défenseur valeureux de la Convention nationale et fut appelé pour récompense au Direetoriat. Nul autre titre ne l'y appelait. Dès lors, piqué et aigri du rôle subalterne qu'il y joue et du peu d'influence dont il y jouit, il s’est lié avec tous les détracteurs de la constitution présente pour chercher à la renverser. Ses moyens de capacité sont faibles; mais sa valeur est reconnue, et ses liaisons sont dangereuses. Toute la stabilité du gouvernement actuel consiste dans l'union du Conseil des Anciens avec le Directoire, et dans l'attachement bien prononcé du militaire à ce dernier; c’est être assez fort. Le Conseil des Cing-Cents est en inimitié avec le Directoire, et il ne laisse échapper aucune occasion de le manifester . .. Cette mésintelligence date des principes annoncés de part et d'autre pour la paix: le Conseil la veut promptement, généreuse et telle qu'elle convient à une grande République; le Directoire veut la continuation de la guerre, plutôt que de ne pas la conclure selon ses idées et selon ses victoires. Dans ce choc contradictoire d'opinions, où l’aigreur a souvent sa part, le Conseil des Cinq-Cents a l'avantage de ce que, trésorier de la République, il conteste et rejette toutes les demandes d'argent que le Directoire lui adresse. Il est même à soupçonner qu'il forcera peut-être le Directoire, par pénurie, de signer la paix avec l'Autriche . ..

J'ai été condamné à entendre les rêveries politiques du sieur Delacroix dans une conversation: »&changer les deux Lusaces«, me montrat-il sur la carte, »acquérir en Pologne, obtenir le Mecklembourg contre la Westphalie et Münster; puis s'arranger à prix d'argent de la Poméranie suédoise; cet arrangement procurerait une prépondérance marquée à la Prusse sur la Baltique, doublerait sa puissance et ses moyens de force, et la mettrait en état de résister à la Russie« . . .

Aussitôt après l'entrée du courrier qui m'a été dépêché par le baron de Hardenberg !), je me suis rendu dans la soirée du même jour chez le sieur Carnot, et je lui ai donné connaissance de la réunion libre de la ville de Nuremberg à la domination de V. M. Cette nouvelle l’a surpris et affecté en même temps; je n’ai pas pu m'y méprendre; il pensait que cette réunion aurait été renvoyée à la pacification générale. Ses observations furent de me dire: »mais l'occupation de cette ville n’est-elle pas bien hasardée dans les circonstances présentes? Mais sera-t-elle regardée comme légitime et fondée sans le consentement de l'Empereur et de l'Empire? Mais l'anéantissement d’une ville impériale ne jettera-t-

1) Bergf. Nante, Hardenberg 1, 362 flg.

1796" Sept. 17.

"1796 Sept. 17.

Sept. 30.

Dh. 9.

90 Urkunden No. 68—71.

elle pas l'épouvante dans les autres en Allemagne? Mais enfin, la prise de possession de cette ville met le Directoire dans l'embarras sur le reste des contributions à payer et sur le passage des troupes françaises . . . Je le rassurai principalement sur les arrangements à prendre, tant pour le payement des contributions, que pour le passage des troupes. L’argent est présentement ici un objet sacré, auquel il faut se garder de toucher . . .

Le général Jourdan est tombé entièrement dans l'esprit du Directoire ; un jour de revers ternit à la guerre deux années de succès. Carnot me répéta, mot pour mot, ce que Rewbell m'avait dit de ce général, qu'il s’en laissait imposer et effrayer trop facilement . . .

Avant-hier j'ai entretenu également le sieur Delacroix sur l’objet de la réunion volontaire de Nuremberg, et je n’&prouvai point de sa part les difficultés auxquelles je m'attendais d’après une de mes conversations précédentes. La considération que cet événement déplairait à coup sûr à la cour de Vienne, et celle que c'était une manière de se déclarer formellement en faveur de la France, décidèrent son suffrage. Il se résuma à me dire que le Directoire avait lieu de s'attendre à ce que V. M. ne le frustrât pas des contributions qui restaient à solder, et à ce que la ville ne fût pas fermée au passage des troupes françaises. Je lui dis que cela pourrait faire l’objet d'un arrangement particulier . . .

Hüffer 1, 314,

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